L’Archevêque de Kinshasa a souligné qu’il s’agit du partenariat de la matière grise et non celui de matière première qui ne profite qu’à ceux qui exploitent nos richesses au profit d’un petit groupe.
« La visite de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, en RDC permettra non seulement de renforcer les relations entre Kinshasa et Washington mais aussi d’aborder les questions de fonds sur la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance et le partenariat entre les Etats-Unis et l’Afrique », a déclaré Mgr Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, au cours d’un point de presse tenu lundi au Centre Lindonge. Mais auparavant, il s’est attardé sur la moralité dans les écoles.
L’archevêque de Kinshasa a évoqué un certain nombre de questions au cours de son point de presse, à savoir le tête-à-tête Kabila-Kagame à Goma, la mise en place du clergé dans l’archidiocèse de Kinshasa et la suspension de l’abbé Malonda qui a violé le droit canonique. « Nous ne pouvons que nous réjouir de la visite en RDC et en Afrique de Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, qui renforce les relations entre les USA et l’Afrique », a affirmé Mgr Laurent Monsengwo. Et de préciser : « Cette visite permettra d’aborder les questions de fonds en matière de droits de l’homme, de démocratie et de bonne gouvernance ».
En ce qui concerne le partenariat que l’on attend du gouvernement américain, a dit le prélat catholique, il s’agit d’un partenariat de matière grise et non celui de matière première qui ne profite qu’à ceux qui exploitent nos richesses au profit d’un petit groupe. Il ne faut pas que le produit de nos richesses ne puisse profiter uniquement à une poignée de personnes, mais, il faut qu’au retour de l’ascenseur que cela puisse assurer le développement intégral de nos populations.
Pour lui, le défi de la démocratie, mieux de la bonne gouvernance, est la séparation de trois pouvoirs traditionnels – l’exécutif, le législatif et le judiciaire – qui ne doivent s’interférer les uns sur les autres. Il a indiqué que ces structures de la démocratie constituent le soubassement de la bonne gouvernance. Mgr Monsengwo a dit que le devoir de rendre compte pour l’exécutif, du contrôle pour le législatif, de sanctionner pour la justice et d’exercer les pressions pour la Société civile apolitique.
Le prélat kinois a également rappelé en passant que la corruption et l’impunité décriées par la CENCO sont encore vivaces dans les mœurs des Congolais. Il a saisi cette opportunité pour dire que les 915 actes de la CENCO seront publiés prochainement. Mgr Monsengwo a salué la visite que Mme Hillary Clinton a effectuée à l’Hôpital Marie Biamba de Mutombo Dikembe puisse interpeller les sportifs ainsi que tous ceux qui ont des moyens et qui construisent des immeubles à Kinshasa pour qu’ils soient au service de la population.
A propos du tête-à-tête Kabila-Kagame à Goma, l’archevêque de Kinshasa considère l’événement comme étant « un réchauffement entre le Rwanda et la RDC ». Cependant, a-t-il précisé, à condition que les questions des droits de l’homme, de la justice, de l’équité ne soient pas traitées comme par le passé. Il faut arrêter les viols et les violences dans la sous-région et dédommager les victimes de ces actes.
Enfin, il a demandé aux deux gouvernements de régler la question d’immigration clandestine qui préjudicie la RDC. La question de la mise en place du clergé dans son archidiocèse qui répond aux préoccupations d’efficacité était abordée au cours de la conférence de presse.
L’archevêque a rappelé que l’abbé Malonda, vicaire de la paroisse St Gabriel de Yolo, qui a célébré le mariage coutumier et civil, et qui se préparerait à un mariage religieux au mépris du droit canon, est suspendu par l’archidiocèse. Mgr Laurent Monsengwo a réagi aussi sur l’usage de préservatif qui est contraire à la morale chrétienne et rappelé que la CENCO s’est opposée à l’utilisation dans les écoles catholiques d’un manuel scolaire qui en faisait allusion. « Le préservatif n’est pas un moyen le plus sûr de lutter contre le Sida, parce qu’il y a des voies plus sûres telle que l’abstinence », a-t-il conclu.
(TN/TH/Yes)
Eyenga Sana/Le Potentiel