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Fally Ipupa sombre-t-il dans un album monocorde ?

Kinshasa, 10/08/2009 / Musique
Si certains mélomanes avancent plusieurs raisons d’appréciations en sa faveur, par contre, d’autres ne lui accordent pas un parfum ni soupçon de chance en rap­port de « Droit chemin », son album- fétiche.

« Arsenal de belles mélo­dies », c’est son actuel al­bum. Le disque d’or Fally Ipupa est-il appelé à perpé­tuer discographiquement son règne ?

Cette question, si pas énigmatique, mérite force­ment une réponse même si sa complexité laisse tout le monde dans l’expectative.

Aussi, y répondre dans la pré­cipitation serait hasardeux. On risque de se brouiller dans de fausses probabili­tés...

Si certains mélomanes avancent plusieurs raisons d’appréciations en sa faveur, par contre, d’autres ne lui accordent pas un parfum ni soupçon de chance en rap­port de « Droit chemin », son album-fétiche.


Malgré l’impla­cable adversité de Ferré a la­quelle il se buterait visible­ment Dicaprio demeure Se­rein. Trop sûr de sa capacité, il semble bourré d’un air plus que moqueur qui ne trahit guère une assurance béate. Le sexy chanteur est confiant en son avenir.

Incontestable coqueluche avant parvenu a douché tous ses concurrents, cette fois, il ose difficilement réconforter sa position sur un échiquier musical congolais devenu apparemment rocailleux, glis­sant.

Aujourd’hui, avec l’al­bum dit de « Belles mélo­dies » et pourquoi pas de la monotonie selon ses concurrents, la plus belle page de réussite d’hier de Fally risque de n’être plus redite.

Une bonne surprise n’est pas éga­lement impossible de sa part. tout s’expliquera avec le temps. Cependant, rater cet opus serait préjudiciable pour sa jeune carrière.

En effet, il, y a près de trois ans depuis 2006 préci­sément. personne n’accordait la chance à ce veinard, né de la dernière pluie, de s’affirmer professionnellement.

Grâce à son coup de folie héroïque le­quel l’obligea à quitter les pénales dorés de Koffi, ce téméraire garçon avait fini au fil de temps, à se métamor­phoser à devenir plus com­pétitif que jamais. Compté désormais dans le cénacle des poids lourds du continent, Dicaprio se fait adopter par tout le monde.

Nous espé­rons que « Arsenal 2BM » attendu depuis le 14 février dernier au même moment que l’album de Ferré, un concurrent sérieux remettra question malgré certaines appréhensions...

A travers ses langoureux mélodies, ses ro­mances lyriques et ses tex­tes bien choisis, Fally nous a déjà démontré qu’il na nullement vole son succès et que son travail dans « Droit chemin » ne fut pas un ha­sard.

Loin d’usurper sa cou­ronne et son audience, il s’y était affirmé par un labeur d’orfèvre.

Voici d’ailleurs ce que nous écrivions un certain 28 octobre 2006 à son sujet « Ne sous les cendres de Koffi Olomidé, aujourd’hui le vent semble emmener Fally pupa vers de souriants riva­ges. Effectivement, pour sa première tentative solitaire, la chance lui avait souri.

A tra­vers sa personne, avions ­nous souligné, nous présa­gions la naissance d’une nou­velle génération des musi­ciens. Avant lui, ils sont nombreux, ceux qui avaient tenté son expérience suicidaire malheureusement beaucoup s’étaient cassés les dents aux rives sarcasmes et ironi­ques des anciens.

Ainsi, avec l’entrée en force de Fally sur scène, in­sistions nous, beaucoup des géants verront leurs rêves s’effondre comme des châ­teaux de cartes.

Car, qu’on le veuille ou non, l’échelle hié­rarchique des valeurs du mo­ment seront bouleversées dans l’avenir.

D’ailleurs la plupart d’entre eux s’avouent déjà battus par ce jeune chanteur dont la prestation géniale pré­sume un parcours sans faute.

Naturellement mélancolique, le garçon nanti de charme d’adolescence a imprimé dans « Droit chemin » un caractère apathique...

Il languit dans ses chansons aux mélodies et romantisme susceptible d’emporter ses auditeurs dans un monde sublime de rêverie, concluions-nous. Nos articles lui consacrés étaient ainsi titrés Fally, l’éveil d’une étoile. Fally, un par­cours sans faute.

Une réussite indivi­duelle sans précédente et inquiétante

En nous annonçant avec fracas ses couleurs, ce chou­chou des jeunes s’était révélé capable de déjouer certains signes de notre temps.

A tra­vers sa prestation, Fally s’était essayé de se doter dans un laps de période, avec le concours de collègues de sa génération bien sûr, une con­figuration nouvelle à notre musique de variétés.

Indiscu­tablement, cette percée spectaculaire suscita l’explosion d’une rengaine haineuse de certains leaders de proue les­quels n’hésitèrent pas à faire endosser leur insuccès à leurs collaborateurs.

En fait, l’émergence imprévisible de nos jeunes chanteurs, avec Fally en tête, indispose et fi­nalement coûte chère même aux musiciens sans ambitions professionnelles.

Ainsi, l’heure  où on s’y attendait les moins, les Céleo, Flamme, Jordan, Calugi, Bourreau, Montana devenus encombrants se virent drôlement re­merciés.

 Malheureusement, cette défeuillaison en cas­cade n’avait nullement profité à leurs auteurs. A titre d’exemple, bien d’ensembles moins structures s’étaient déstabilisés par la suite...

L’arrivée des  « Bana malongi », des « Mineurs » n’a rien apporté de neuf. Seuls les modérés Wazekwa et JB qui surent garder l’ossature de leurs « vieux » éléments sont restés à l’abri de cette mouvance aux conséquences néfas­tes.

Les choses étant comme elles sont, avouons que le bilan en général de Fally se révèle positif. Révélateur 100% jusqu’aujourd’hui.

Faisant sensation sur tous les fronts, avec « Droit chemin », ce dernier a dominé sans partage, tous les leaders de la vieille et de la nouvelle génération. Cette préexcellence et suprématie lui valent l’estime de différents publics. Des invitations lui pleuvent d’Améri­que, d’Afrique et d’Europe, même à partir des Kassav.

Souvent absent du pays, le pauvre Fally est contraint ac­tuellement à se consacrer de moins en moins à ses obligations et préoc­cupations. Sa petite famille lui man­que.

Et le cadre restreint de ses amis du terroir qui participe à l’ébauche de « Droit chemin » se plaint et pas tou­jours à raison d’autres traqués conjecturalement, claironnent à cause de la grisaille du quotidien...

Blotti insensiblement entre quatre murs de somptueux hôtels durant ses pérégrinations, Fally découvre enfin le monde.

Manifestement, il paraît courir après le temps, lui qui fut un pan­touflard exemplaire, condamné à hu­mer sur son « Kitikwala » (lit tradition­nel de relaxation) les deux parfums de Nana Ket-chup, son épouse de rêve.Exigences embourgeoisement pro­fessionnels obligent.

Présentement Fally plait, Fally séduit, Dicaprmo s’impose... mais pour combien de temps encore ?

Même son accoutrement « fashion » habituellement simple, moins extra­vagant emballe et sert de modèle aux jeunes de son époque.

Un fameux feu­tre tant prisé porte déjà une appella­tion intrigante « Droit chemin ».

Au­ delà de ses qualités morales et phy­siques lui offertes gracieusement par le ciel, ce maillot jaune jouit égale­ment d’une forte personnalité scéni­que dosé d’un brin de charisme.

Ces atouts indispensables pour un artiste le différencient un peu de ses aînés souvent versés dans l’orgueil, le tape-à l’œil.

Déjà, la jeune carrière de Fally semble souriante. Elle lui procure succès, bonheur et petite fortune sus­citant admiration et convoitise.

Cela sous-entend qu’il se trouve sur un droit chemin, une voie de réussite. Ses chantiers poussant dans diffé­rents quartiers huppés de la capitale en témoignent éloquemment. En dé­pit de cette note favorable, cet affa­ble chanteur porterait malheureuse­ment, depuis un certain temps, quel­ques « éloges » peu flatteurs.

Il s’agi­rait de ses procédés peu commodes. Pourtant hier, nous attirions son at­tention au risque de sombrer dans la spirale infernale d’une célébrité com­plaisante. ça se dit tout bas.

Le doux Fally ferait montre d’un comportement espiègle... L’on évoquerait même une surdité plaquée d’exaltation du « moi ». A la télé comme dans la rue, son trop respectueux langage d’autre­fois d’enfant de chœur a sensiblement évolué.

Pas outrancier s.v.p. comme l’imagineraient certains. Toutefois, dans certaines mesures, il n’a pas vraiment tort.

En 1970, M. Bruno Coquatrix, patron de l’Olympia de Paris, en séjour à Kinshasa, exigea à Rochereau dont la simplicité fut mar­quante d’apprendre à sélectionner ses amis.

Il le lui dit de vive voix pendant que nous roulions dans la Cougar mise à sa disposition « une fois ve­dette après la production à l’Olympia, tu dois avoir la conscience des clas­ses. C’est-à-dire, choisir les amis de la catégorie ».

Demeurant seul maître à bord de son navire tanguant, nous osons croire qu’il manœuvrera joliment la barre pour atteindre le bon débarca­dère.

Bref, en sa qualité d’artiste professionnel, personne ne lui colle sur la peau de grandes bévues malgré ses quelques défaillances relatives à la vie.

Depuis l’amorce de sa cavale solitaire, Fally est resté artistique­ment le même. La monotonie qu’on lui fait miroiter en confondant son rythme à son style musical n’est qu’un leurre rétorque ses irréducti­bles fans.

Déjà le déluge ?

A l’issue d’un débat dévaluation tenu en compagnie de notre char­mante consœur Maggy Tamba Tohadi et de notre distingué directeur de ré­daction Théo Kimpanga, nous avons essayé d’émettre avec équité des points de vue sur le mythe qu’entou­rait en cette période là le controverse personnage de Fally.

(Ern/BT/PKF)

Johnny Lukombo/La Référence Plus



Last edited: 10/08/2009 15:23:03

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