Au regard du parcours élogieux de ces trois prétendants, Joseph Kabila, autorité morale du Pprd, se trouve devant un choix cornélien.
Ouverte depuis l’élection, en avril dernier de Pr. Evariste Boshab à la présidence de l’Assemblée nationale, la succession se fait encore attendre au secrétariat général du Pprd. Le nom du nouveau Sg du parti sera connu dans les prochains jours, avant le remaniement de l’équipe gouvernementale attendu à la prochaine rentrée parlementaire, assure un haut cadre du parti présidentiel au fait du dossier.
Selon la source, les consultations initiées par la hiérarchie seraient déjà bouclées et on n’attendrait plus que la décision discrétionnaire du Chef de l’Etat. Trois candidatures sortiraient du lot pour ce poste juteux. Il s’agit de celle de Pr. Emile Bongeli, actuel vice-premier ministre en charge de la reconstruction, celle du sénateur She Okitundu et enfin celle de Mme Marie-Ange Lukiana, ministre du Genre et de la Famille.
Une quatrième candidature présentant les mêmes atouts serait aussi à l’étude, indique la même source.
A lire le parcours de ces trois prétendants, Joseph Kabila se trouve devant un choix fort embarrassant. Il doit opérer un savant dosage entre la compétence la confiance des membres, le poids politique et surtout la capacité mobilisatrice pour les prochaines échéances électorales qui pointent à l’horizon.
A ces exigences s’ajoute la fameuse géopolitique incontournable dans les calculs politiques dans notre pays. On note ici que les trois prétendants connus proviennent de trois blocs géopolitiques, signe que la consultation n’a pas du tout été facile.
Secrétaire générale adjointe du Parti présidentiel sous le mandat de Vital Kamerhe, Marie-Ange Lukiana, représentante de l’Ouest, She Okitundu le centre et le Pr. Emile Bongeli l’Est. Auraient-ils été sélectionnés aussi sur la base de ce critère géographique ?
Une chose parait certaine. Les effets de cette guerre de succession sont perceptibles dans certaines structures du Pprd où certains cadres tentent déjà de se positionner par rapport à leur candidat. Le climat aurait même atteint certaines cellules de base.
La crainte de perdre des avantages acquis hante les esprits. En politique, on le sait. Chaque chef amène son équipe et choisit ses hommes de confiance. La restructuration des organes donne au nouveau chef la possibilité de nettoyer l’appareil et d’y placer les siens.
Au Pprd, outre la manne financière inépuisable qu’il gère, le secrétaire général jouit d’un pouvoir politique important. Il fait partie du pré-carré présidentiel et participe à la désignation des candidats du parti à presque tous les postes politiques. Le suspens imposé par Joseph Kabila pour la désignation du nouveau secrétaire général du Pprd, donne donc des insomnies à plus d’un membre de ce parti.
Qui pourrait donc succéder à Evariste Boshab à ce fauteuil ?
Si l’on considère la zone d’influence du parti présidentiel telle que dessinée au sortir du scrutin de 2009, le candidat originaire de l’Est dispose de solide argument à ce niveau.
Mais les choses se compliquent lorsqu’on se rappelle que deux des trois secrétaires généraux précédents du parti présidentiel ont été puisés à l’Est du pays (Vital Kamerhe et Chikez Diemu).
Sur ce tableau, seul l’Ouest n’a pas encore fourni un occupant à ce poste. Les deux restent donc ouverts pour les différents prétendants tant il est vrai que l’appartenance régionale est loin d’être un critère déterminant pour ce choix.
(TN/CL/Yes)
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