ruberwaLa crise qui sévit au Rassemblement Congolais pour la démocratie (Rcd), depuis plusieurs semaines, est en train de prendre des allu­res dangereuses. La scène vécue samedi dernier en son siège de l’avenue Haut­ commandement, à la Gombe, est digne de la vendetta à la corse.

Des véritables « kulunas » mobilisés on ne sait par qui ont fait une descente punitive en ce lieu forçant les portes, agres­sant le personnel de garde, faisant évacuer quelques cadres qui étaient en pleine réunion. Dommage pour un parti qui se déclare fervent partisan des va­leurs démocratiques. La situation qu’elle présente, à ce jour, ravive l’avantage le conflit né du combat d’arrière-garde entre son président national, Azarias Ruberwa à qui il est repro­ché la dégénérescence du parti et le comité de crise conduit par Trésor Kaluku, actuel gouverneur du Ka­saï Occidental.

La lutte pour le contrôle des rênes du Rcd a réelle­ment pris des proportions inquiétantes depuis l’exclu­sion annoncée du jeudi 16 juillet par l’ancien vice-pré­sident de la République. A la veille du onzième anni­versaire de la fondation de l’ancien mouvement re­belle devenu parti politi­que, il était prévisible que les esprits allaient s’échauffer car, chaque tendance avait visiblement l’intention d’en remontrer à l’autre. D’où l’incident de samedi dernier que certai­nes mauvaises langues at­tribueraient aux dissidents du Rcd.

Cependant cela n’a guère empêché Ruberwa à réunir dimanche au même endroit les cadres et mem­bres qui lui sont restés fidèles. Femmes et jeunes ont répondu présents au rendez-vous en arborant fièrement le pagne im­prime à l’occasion de cet événement.

La démocratie des muscles

L’épreuve de force de samedi dernier met fin na­turellement à la mission des bons offices que quel­ques parlementaires avaient entamés en coulis­ses pour refaire l’unité de ce parti qui se ferait sans doute difficilement.

Recoller les morceaux, là où des intérêts politiques s’avèrent opposés est quasi impossible. A l’allure où vont les choses, il est évident que les deux tendances continueront à vi­vre comme des chiens de faïence jusqu’à ce qu’une partie flanche. Ce qui est néanmoins vrai, c’est le fait que la démocratie des muscles qui a élu domicile au Rcd est contraire aux bonnes mœurs politiques.

(TN/Ern./GW/Yes)

La République