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Bonjour | 09/09/2010 9:34 | English Make DC Home page | RSS feed

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Pendant que les multinationales anglo-saxonnes et belges financent les groupes armés à l’Est pour exploiter frauduleusement les minerais de la Rdc, leur gouvernement respectif vient en aide aux populations sinistrées.

deplacesLa guerre qui continue de sévir à l’Est sous toutes les formes est décidément une source qui semble intarissable de rapports et de révé­lations. Particulièrement pour les organisations des droits de l’homme dont les courageuses investigations sur le terrain et les dénonciations qui s’ensuivent permettent à l’opinion tant na­tionale qu’internationale d’être plus largement informée sur les violations massives des droits humains qui s’y commettent.

Mardi 21 juillet der­nier, l’organisation « Global Witness » a rendu public un volumineux dossier sur les tenants et les aboutissants des violences en tous gen­res sur fond de guerre dont l’est de la RDC est le théâ­tre depuis 1996 jusqu’à nos jours.


Ce rapport révèle des choses déjà connues telles que les tueries aveu­gles, ­systématiques des maisons, les exactions sur les habitants, les violences sexuelles fai­tes aux femmes de tous âges, les déplacements in­cessants des populations, et bien sûr les pillages des ressources minières. Il f’ait également découvrir d’autres aspects de cette guerre moins connu ou simplement ignorés du grand public, notamment les motivations cachées des dif­férents acteurs impliqués dans les combats ainsi que dans ses dégâts collatéraux.

Des Multinationales de la mort

C’est ainsi que, dans ce rapport, Global Witness fait observer que la guerre à l’Est fait bonheur d’un certain nombre de person­nes morales et physiques qui en tirent profit soit par la vente des armes soit par l’exploitation ou le com­merce des minerais dont re­gorge cette partie de la Ré­publique. Et ce au mépris total des populations locales qui non seulement paient un lourd tribut à la guerre, mais aussi se voient réduits cha­que jour davantage à la mi­sère parce que les richesses qui les entourent s’en vont ailleurs.

C’est le cas, nommé­ment cité, d’une dizaine de multinationales soupçonnées d’être au cœur des transac­tions illicites sur les ressour­ces minières localisées sur le théâtre des combats. Parmi elles notamment, des socié­tés anglo-saxonnes (britan­nique, canadienne, australienne, américaine) et belge, les plus en vue étant L’AMC qui opérerait par le canal de sa filiale THAISARCO et AFRIMEX, toutes deux britanniques, ainsi que TRADEMET de droit belge. A travers le commerce frauduleux des minerais de la RDC auquel se Livrent ces sociétés, en association avec les différents groupes armés présents sur les lieux qui s’adonnent à l’exploita­tion, de ces minerais, ceux-­ci parviendraient ainsi à s’approvisionner en armes, ce qui a comme conséquence de faire enliser l’état de guerre, et donc de prolonger les souffrances des popula­tions.

Toujours près à aider
 
Comme toutes guerre provoque des situations dra­matiques auxquelles sont confrontées les victimes et qui ne peuvent que conduire à « des sentiments de tris­tesse, les pays anglo-saxons sont toujours les plus aptes » à manifester leur compassion et à faire preuve de solidarité. Aussi, s’agissant de la tragédie humanitaire qui se déroule à l’est de la RDC, est-il fréquent de voir inter­venir en premiers les Na­tions anglo-saxonnes pour venir en aide aux populations malmenées par les épreuves de toutes sortes.

Dans ce cadre, bien souvent ce sont les ambas­sades britannique, cana­dienne et américaine qui se mettent en vedette. C’est alors aux chefs de ces missions diplo­matiques de passer d’une chaîne de télévision à une autre pour annoncer la bonne nouvelle des aides que leurs gouvernements respectifs comptent envoyer ou ont déjà fait parvenir aux popu­lations concernées. A travers ces apparitions dans les médias, ils ne manquent pas de souligner la volonté de leurs gouvernements d’aider au maximum le gouverne­ment congolais à mettre rapidement un terme à cette situation de guerre à l’Est et à l’accompagner ensuite dans ses efforts de redres­sement économique et so­cial.

Certes, ces beaux ges­tes et ces belles paroles ne laissent pas indifférent le peuple congolais qui, ayant effectivement appris concrè­tement dans son existence que c’est bien dans le malheur que l’on connaît ses véritables amis, ne manque jamais d’apprécier à leur juste valeur ces actions d’entraide. Cependant, la question qui se pose est de savoir si, au moment où ces ambassadeurs anglo-saxons font prévaloir dans les médias congolais l’amitié et la solidarité de leurs pays vis-à-vis de la RDC, ils sont ignorants des accusations du genre de celles que Global Witness vient de porter à l’endroit de leurs firmes in­ternationales.

Sous la générosité, l’hypocrisie

Quand on sait que les ambassadeurs occidentaux sont, via la MONUC massive­ment présente au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les mieux in­formés de ce qui se passe là sur le terrain, quand on se rappelle que la MONUC dis­pose sur place d’une struc­ture chargée notamment d’enquêter sur les violations des droits de l’homme, et lorsqu’on se souvient que l’un des rapports les plus éminents sur la guerre à l’Est de la RDC et la prédation des ressources minières qui l’ac­compagne émane précisé­ment de l’ONU, il ne peut qu’être exclue l’éventualité que ces ambassadeurs n’aient pas été ou ne soient pas au courant des opérations illicites de certaines de leurs sociétés dans cette région. Plus encore, le fait que Global Witness soit justement une organisation britannique, écarte toute idée d’igno­rance particulièrement de la part du représentant de la Grande-Bretagne en RDC sur les faits  par cette organisation dans le chef des entreprises britanniques AMC et AFRIMEX.

Autant dire que, dans cette affaire, c’est la crédi­bilité même destinée aux popula­tions de l’Est qui pourrait être remise en cause. En ef­fet, d’une part il y a le fait que des multinationales bri­tanniques sont accusées de participer au commerce illi­cite des matières précieuses de la RDC exploitées fraudu­leusement à l’est par des groupes armés, contribuant indirectement par là -même à faire durer la guerre. De l’autre, il y a la réalité de la générosité du gouvernement britannique vis-à-vis des populations de l’Est de la RDC continuellement endeuillées par les armes fournies aux milices grâce au produit du commerce des minerais pratiqué par des firmes britannique.

Il y a donc là comme une sorte de double langage, doublé d’hypocrisie, de la mission diplomatique de la Grande-Bretagne en Rdc : consoler les populations victimes avec l’aide de son gouvernement tout en sachant pertinemment bien que les malheurs de ces dernières proviendraient notamment des sociétés britanniques. Une attitude qui, dans le cas dénoncés par Global Witness, ressemblerait à du mépris.

De la transparence, pour écarter les soupçons !

Le rapport de Global Witness qui implique des multinationales britanniques dans le commerce illicite de ressources minières par lequel s’autofinancent les groupes armés encore actifs à l’Est de la RDC peut signifier finalement que l’aide de la Grande Bretagne aux populations sinistrées de la RDC ne serait que de la poudre aux yeux destinée à camoufler  par ailleurs le comportement répréhensible de ces multinationales.

Aussi, pour effacer tout malentendu sur « l’innocence » de cette aide et écarter en même temps tout soupçon de complicité du gouvernement britannique avec certaines de ces  sociétés tout en leur interdisant formellement de poursuivre en RDC leurs activités «  criminelles ».

Ce faisant, Londres éviterait ainsi non seulement de ternir son image de donateur « désintéressé » et honnête, mais aussi d’être traité d’Etat qui couvre ceux de ses citoyens qui répandent indirectement la mort et la désolation à l’Est de la RDC.

(TN/Ern./GW/Yes)

Bondo Nsama/Salongo



Last edited: 03/08/2009 17:58:23

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