ruberwaC’est sous des dissensions internes que le  Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, commémore ce dimanche 02 août 2009 les 11 ans de son existence. Deux camps se disputent la paternité du parti ; celui dirigé par Azarias Ruberwa qui a révoqué, il y a de cela quelques jours, un nombre de membres contestataires ; et celui dénommé comité de crise dirigé par Trésor Kapuku qui a démis Azarias Ruberwa de ses charges au sein du parti. C’est dans cette ambiance que l’aile Ruberwa voudrait tenir son congrès à Kisangani, en Province Orientale, à l’occasion de la date anniversaire de la création de ce parti. Mais, dans cette ville-martyr, les victimes de guerres s’insurgent contre l’organisation de ce congrès.

Plus de 200 victimes de guerre ont, en effet, observé mardi dernier un sit-in au point « Kilométrique 6 » à la bifurcation de la route qui mène vers l’aéroport de Bangboka. Elles protestaient contre une éventuelle arrivée des délégations de ce parti politique dans la ville en vue des préparatifs de ces activités. Selon le président de l’association des victimes, plus de 10 ans après la guerre de six jours qui avait mis aux prises le Rcd-Goma appuyé par l’armée rwandaise au Mlc appuyé par l’armée ougandaise, ce parti devrait d’abord songer à l’indemnisation des victimes. Bernard Kalombola, président du Fonds de solidarité des victimes de guerres, estime que la tenue d’une quelconque manifestation du RCD à Kisangani serait un affront fait aux membres de son association.

Selon Radio Okapi qui livre l’information, le RCD/Kisangani a protesté, mercredi, contre cette démarche. Ce parti estime que cette démarche va à l’encontre des dispositions constitutionnelles, qui consacrent la liberté de manifestations publiques. La fédération du RCD/Tshopo crie même à la manipulation politicienne, tout en appelant les victimes au calme. Mais pour le RCD/fédération Province Orientale soutenant le comité de crise présidé par Trésor Kapuku, la Constitution du pays reconnaît également à l’association des victimes la liberté d’exprimer son opinion. Pour son président, Clément Mongulu, son parti prend acte de cette prise de décision des victimes de guerres. Car, elles ne font qu’exprimer leur mécontentement aux préjudices subis.

Pour rappel, la date du 02 août 1998 est considérée dans les annales nationales comme celle du début du déclenchement de la guerre de 1998 contre le pouvoir de Kinshasa par les armées rwandaise et ougandaise à la base des millions de morts que va connaître le pays. C’est derrière cette agression des troupes de ces deux pays, auxquels s’était ajouté le Burundi, que le Rcd d’abord, ensuite le Mlc, ont été créés pour des raisons de légitimation de la thèse des rébellions contre Kinshasa.

Ivres de leurs conquêtes réussies d’une bonne partie de la Rdc et se disputant le leadership militaire, les forces armées rwandaises et ougandaises se sont affrontées durant six jours pleins en pleine ville de Kisangani provoquant la mort de plusieurs civils congolais. Ce qui a discrédité le Rcd dont le parrain rwandais était sorti vainqueur de cet affrontement sanglant. Et, à ce parti, l’opinion a toujours demandé la repentance, plutôt que la fête pour la date du 02 août, qui est une journée des martyrs pour la Rdc.

(TN/Milor/Yes)

TL/La République