La collaboration des banques pour vaincre l’hydre de la dépréciation de la monnaie nationale sur le marché des changes est très attendue par la Banque centrale du Congo.
La Banque centrale du Congo (BCC) a procédé jeudi à la 9ème opération de vente des devises aux banques par voie d’adjudication. Sur l’ensemble des demandes exprimées par les banques commerciales, la Banque centrale du Congo n’a pu offrir qu’une enveloppe totale de neuf (9) millions de dollars américains au taux marginal de 790 Fc/Usd - la date de valeur étant fixée au lundi 3 août 2009.
Mais bien avant cette opération, le directeur général de la BCC en charge de politique monétaire, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, a fixé l’assistance sur les objectifs poursuivis par la Banque centrale au travers de cette série d’opérations. « Notre objectif reste, comme vous le savez, la recherche permanente de la stabilité du niveau général des prix », a-t-il indiqué, prenant soin auparavant de préciser le cadre de ces différentes interventions de la Banque par le maniement de la politique de change.
D’entrée de jeu, il a prévenu : « La Banque centrale intervient en cas de nécessité. Les interventions de la Banque centrale ne seront jamais systématiques ». Le souci de l’Institut d’émission, dira-t-il, est de hiérarchiser davantage ses instruments en donnant priorité aux instruments de la politique monétaire, en l’occurrence le Billet de trésorerie.
Est-ce que la Banque centrale se prépare à mettre fin à ses interventions sur le marché par la vente des devises ? Le directeur général Kayembe n’a pas été de cet avis. Toutefois, il a invité les banques à réactiver le marché interbancaire pour leurs différentes transactions en devises. « Une Banque centrale doit, dans sa politique, conforter ses réserves en devises et n’intervenir qu’en cas d’extrême nécessité », a-t-il souligné.
C’est dire que la Banque centrale du Congo attend des banques une réelle collaboration pour vaincre l’hydre de la dépréciation de la monnaie nationale sur le marché des changes. Prédisant une quelconque déformation de sa nouvelle stratégie dans laquelle la Banque centrale entend de plus en plus mettre en valeur le Billet de trésorerie, le directeur général Kayembe a vite fait de recadrer les choses. « La Banque centrale n’est pas essoufflée. Détrompez-vous », a-t-il dit. Mais, le plus important pour nous, a-t-il renchéri, est d’arriver à une stabilité à longue durée sur le marché des changes.
Lors de cette séance d’adjudication, le staff de la Banque centrale du Congo, composé outre du directeur général Kayembe, du directeur des études, Vincent Ngonga, et du directeur des services étrangers, Déogratias Mutombo, a échangé avec les banquiers sur un certain nombre de questions touchant directement à l’activité bancaire et aux retournements presque récurrents de la situation sur le marché des changes.
Premier à se lancer dans le débat, le directeur Mutombo s’interroge. « Qu’est-ce qui explique le repli sur le marché des changes alors que vos demandes en devises sont en hausse ? ». A cette question, les réponses des banquiers ont été plus qu’évasives. Mais, nombre d’entre eux se sont appesantis sur l’échéance fiscale de l’acompte prévisionnel et la difficulté pour le public de prévoir la hauteur de l’intervention de la Banque centrale du Congo.
Décidément, la bataille pour une stabilité durable de la monnaie nationale sur le marché des changes est loin d’être gagnée. Outre la difficulté pour la Banque centrale du Congo d’avoir un bon accompagnement du Gouvernement en matière de politique budgétaire, l’Institut d’émission doit en même temps s’accommoder des réactions parfois imprévisibles des banques commerciales.
Tout se passe comme si les banques se comportaient encore en bébé qu’il faudra continuellement sevrer par voie d’injection des devises pour avoir réellement leur contribution à l’élimination des déséquilibres qui affectent l’offre et la demande des devises.
Toujours est-il que les neuf (9) millions Usd présentés jeudi à l’adjudication par la BCC se sont repartis de la manière suivante : Trust Merchant Bank (398.000) ; Banque internationale de crédit (570.000) ; BIAC (285.000) ; CITI (570.000) ; Afriland Bank (165.300) ; Access (57.000) ; Stanbic Bank (228.000) ; First Bank (285.000) ; BCDC (2.470.000) ; Raw Bank (3.040.000) ; Eco Bank (571.000) ; et Solidaire Banque (361.000).
(TN/TH/Yes)
Faustin Kuediasala/Le Potentiel