ceiDébutée en juin dernier, l’opération de révision du fichier électoral prend fin le 5 août prochain dans la ville de Kinshasa, selon le calendrier rendu public par la Commission électorale indépendante (Cei). On se demande déjà si à cette échéance toutes les personnes concernées auront obtenu leurs cartes électorales, car négligents au début, les retardataires prennent d’assaut les quelques centres d’inscriptions organisés à travers la capitale.

En mi-juillet, alors qu’il s’entretenait avec les responsables des partis politiques, le président de la Cei n’avait pas caché ses inquiétudes devant le désintéressement de la population face à l’opération en cours. A cette date, Apollinaire Malumalu avait estimé à 16 pour cent le taux de l’actualisation du fichier électoral. Ce qui l’a poussé à inviter les leaders politiques à remplir leur part dans la mobilisation des militants pour un enrôlement massif.

Comme un prophète, le président de la Cei questionnait ses hôtes : « Donc après un mois, nous sommes à 16 %, êtes-vous sûrs que nous allons rattraper tout cela ? ». Effectivement, quelques jours après cette rencontre de vérité, les messages des partis politiques étaient perçus tant dans les médias que sur des calicots invitant les militants à se rendre dans les centres d’enrôlement. Effet de cette mobilisation ou pas, la réalité est que les centres d’inscription sont actuellement pris d’assaut par des personnes en quête de la carte d’électeur. L’affluence est telle que les agents sont débordés et les candidats à l’enrôlement passent plusieurs jours avant de se faire servir.

Ainsi que l’avait redouté l’abbé Malumalu, il devient chimérique de voir l’opération se clôturer le 05 août prochain sans avoir laissé des demandes non servies. D’où la nécessité d’envisager la prolongation. Solution, par ailleurs, sollicitée par l’Udps afin que les retardataires puissent se rattraper.

D’autant que la Cei ne sort pas indemne du retard connu dans l’opération en cours. Des écueils relevés dans le fonctionnement des machines électroniques, le nombre réduit des centres - ce qui accroît la distance entre les habitations et les centres pour certaines personnes - comptent parmi les facteurs de la lenteur déplorée.

Dans certains centres, on déplore le manque de compétence dans le chef des opérateurs. Pourtant la Cei a eu recours au personnel ayant servi en 2006, donc supposé expérimenté. La responsabilité du gouvernement provincial est aussi relevée en ce qu’il avait alourdi la procédure en incluant l’administration de la commune dans la démarche pour des personnes ayant perdu leurs cartes ou changé d’adresse d’habitation.

Conséquence, d’aucuns reculent devant l’obligation de payer 1000 Fc - le taux est ramené actuellement à 500 Fc - et se terrent chez eux, le temps de réunir le montant exigé. Par ailleurs, pour contourner le temps à perdre dans les mailles de l’administration, certaines personnes préfèrent négocier directement avec les agents commis à l’inscription. Ainsi on peut voir une personne glisser à partir de la fenêtre un billet de 500 Fc et se faire inviter rapidement au bureau d’enrôlement pour être servie. Les corrompus n’ont cure des huées et des protestations des gens alignés et qui attendent debout pendant longtemps. C’est la loi de l’offre et de la demande !

Il en va de l’intérêt général que la Cei envisage la prolongation de l’opération dans la capitale, quand bien même cette option n’est pas encore clairement affichée au niveau de cette institution. Toutefois, il ne sera pas agréable de voir la Cei rester indifférente face à ce besoin exprimé par la base quand on sait que les opérations actuelles d’enrôlement concernent également les échéances électorales de 2011 en RD Congo.

(TN/Ern./GW/Yes)

James Momba/La République