boisLes prélèvements de bois des écosystèmes forestiers constituent, aujourd’hui, une cause majeure de la dégradation des forêts, en particulier dans les zones périurbaines. Le déboisement en désordre constituant un déséquilibre des écosystèmes, de la biodiversité. Situation à la base de changements climatiques tant redoutés en Afrique et dans le monde. La vitesse avec laquelle le déboisement est effectué dans la capitale congolaise et dans ses environs justifie l’organisation d’un séminaire-atelier, de deux jours à Kinshasa, sur la problématique de l’énergie domestique « bois ».
 
« Les impacts de l’énergie ‘bois’ sur la qualité de vie, la santé humaine, la biodiversité et les changements climatiques en Afrique» est le thème du séminaire-atelier, débuté hier mercredi 29 juillet 2009 au Centre féminin Marie-Antoinette (CFMA) à la 13ème rue dans la commune de Limete à Kinshasa. Ces assises, dont la clôture est prévue aujourd’hui 30 juillet, est organisée par l’Association nationale pour l’évaluation environnementale (ANEE)/RDC, en collaboration avec le Secrétariat international francophone pour l’évaluation environnementale (SIFFE).
 
L’objectif de ce séminaire-atelier, a indiqué le directeur exécutif de l’ANEE, Nicolas Shuku Onemba, est de répondre à la question «Comment continuer à produire le charbon de bois, à approvisionner les populations africaines en énergie ‘bois’ et à utiliser celle-ci tout en limitant les impacts environnementaux sur la santé humaine, la qualité de la vie, la diversité biologique sans perturber le climat ? ».

Il est question de contribuer à mieux gérer cette ressource, a-t-il fait valoir. Avant de soutenir qu’« il est nécessaire de pouvoir continuer à approvisionner les villes africaines en bois car, dans la plupart, c’est le seul mode de cuisson utilisé ». Toutefois, a-t-il fait remarquer, « il est aussi possible de diminuer les impacts négatifs sur l’environnement tels que la déforestation ou la dégradation des écosystèmes ».
 
Entre autres objectifs spécifiques, les participants devront chercher à connaître le milieu de provenance du bois de chauffe et du charbon de bois consommés en Afrique, les modes d’approvisionnement et de transport ainsi que la manière par laquelle s’opère le circuit de ces combustibles ligneux. Sans oublier l’étude des effets de leur grande consommation sur les zones pourvoyeuses, les écosystèmes, la biodiversité et les changements climatiques.
 
Pour sa part, la ministre provinciale de Kinshasa en charge de l’Education, de l’Environnement, de la Communication et du Genre, Thérèse Olenga Kalonda, a, dans son mot de circonstance lu par le directeur de son cabinet, relevé le fait que ces travaux du CFMA offrent aux scientifiques, praticiens de l’évaluation environnementale, décideurs nationaux, fonctionnaires internationaux et aux représentants de la société civile la possibilité d’approfondir les réflexions sur l’impact de la production, la commercialisation et la consommation du bois de chauffe et de charbon sur la qualité de vie, la biodiversité et la santé humaine en République démocratique du Congo (RDC).

Son souhait, a-t-elle souligné, est de « voir ce séminaire-atelier constituer un cadre d’échange d’informations, de renseignements et d’expériences en vue de permettre l’élaboration d’une stratégie efficiente de promotion de la gouvernance environnementale dans une perspective globale de la refondation de la ville de Kinshasa, en particulier, et du développement de la RDC, en général ».
 
Ce séminaire-atelier réunit, outre les Congolais, d’autres participants venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. Au programme figurent plusieurs exposés, suivis de débats.

Un sit-in pour dénoncer la destruction des forêts du Bassin du Congo

Plusieurs activistes du mouvement écologiste Green peace ont observé un sit-in devant le mi­nistère canadien des ressources naturelles à Ottawa, au Canada le lundi 27 juillet 2009 pour protester contre l’exploitation abusive des fo­rêts canadiennes, mais aussi des forêts du bassin du Congo par des sociétés agro-forestières et des multinationales.

Les militants de Greenpeace voulaient attirer l’attention des autorités canadiennes et des autres pays sur le danger que re­présente la déforestation dans ces régions du monde. En l’occur­rence les forêts du Bassin du Congo que l’on considère comme le deuxième poumon de la planète après celles de l’Amazonie, au Brésil.

Ils accusent des sociétés multinationales occidentales cotés en bourse de financer le com­merce du bois qui prive les forêts tropicales de leurs essences et qui contribue à la disparition de la biodiversité.

Greenpeace s’inscrit dans la logique des spécialistes qui affir­ment que la déforestation consti­tue une des causes des change­ments climatiques. L’organisation écologiste a également dénoncé la violence de moratoire contre le bois en provenance des forêts con­golaises par des hommes d’affai­res sans foi ni morale et qui s’il­lustrent par les pillages des ‘res­sources naturelles du continent africain, entraînant par le fait même la disparition de la biodiversité.

Les militants de Green peace ont demandé aux di­rigeants occidentaux de mettre sur pied un plan d’urgence de programme de protection des forêts du bassin du Congo et, en même temps un régime des sanctions contre toutes les sociétés agro-forestières qui se livrent sans ménagement à la destruction de ces forêts tropicales du continent africain ainsi que les forêts cana­diennes.

Un agenda pour l’Afrique

La question du changement climatique dominera la Conférence internationale sur le climat qui aura lieu à Copenhague au mois de décembre 2009 à Copenhague, au Danemark.

Si partout dans le monde, des réunions et rencontres préliminai­res sont organisées pour préparer cette conférence, en Afrique rien n’est encore fait. Et il est à crain­dre que les africains ne se pré­sente à Copenhague sans un agenda précis sur la question des changements climatiques.

Il est dommage que les pays africains participent à cette conférence en ordre dispersé, et sans un agenda commun. Alors que le continent regorge un des plus grands et les plus importants massif forestier de la planète ainsi d’immenses ressources naturelles, a regretté le chercheur et environnementaliste congolais Rigobert Lunkamba.

Il convient de souligner qu’en prenant la Présidence tournante de l’Union européenne, début juillet 2009, la Suède s’est fixée comme priorité la lutte contre le changement climatique et la re­lance économique, ainsi que la sécurité énergétique. Concernant les changements climatiques, la Suède entend obtenir des 27 de l’union européenne une voie com­mune sur cette question avant la Conférence internationale sur le Climat à Copenhague, au Danemark. Stockholm s’est engagée à conduire les 27 à signer l’Accord international de Copenhague qui doit remplacer en 2012 le Proto­cole de Kyoto.

Le moment est donc venu de faire preuve de leadership, notamment en vue de la Conférence mondiale sur la réduc­tion des émissions de gaz à effet de serre à Copenhague, au mois de décembre prochain. Et pour cela, il nous faut la clarté et une voix commune, a déclaré à Bruxelles le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt.

Selon plusieurs spécialistes, la Présidence suédoise semble bien armée pour faire face à n’importe quel imprévu. « La Suède bénéfi­cie d’un capital de confiance sur l’échiquier européen et internationale », ont-il conclu.

(DN/Ern./GW/Yes)

Luc-Roger Mbala Bemba/Le Potentiel