Le cinéma mobile qui va jusqu’au 5 août, est organisé en collaboration avec des organisations locales oeuvrant dans ce territoire, dans le secteur de la lutte contre les violences sexuelles.
Le cinéma mobile a commencé dans le territoire de Moba, au Katanga, en la République Démocratique du Congo. Avec un écran géant de trois sur quatre mètres, des baffles pour atteindre un grand public et un groupe électrogène qui fournit le courant, cinéma attire de milliers de personnes.
Le cinéma allant d’un village à un autre dans la région jusqu’ au 5 août 2009 offrira à des dizaines des milliers de spectateurs, privées de tout accès à l’audiovisuel, une opportunité de regarder un film autour des violences sexuelles faites aux femmes en Rdc et de participer dans les discussions autour des messages contenus dans le film.
Des témoignages des femmes et filles violées qu’on entend dans le film, intitulé « Briser le Silence », attestent des conséquences tant physiques que psychologiques de ce drame. En écoutant les témoignages de leurs maris ou de leurs pères, la honte et bouleversement sentis par ces hommes apparaissent, mettant la lumière sur les tabous et stigmates autour du viol, qui souvent punissent une deuxième fois les rescapées du viol.
Malgré le fait que la nouvelle loi sur les violences sexuelles soit promulguée depuis plus de deux ans déjà, le film montre également les défis liés à l’accès à la justice et l’impunité pour un grand nombre de victimes et leurs familles.
Sous la coordination de notre partenaire Search for Common Ground (SFCG), le cinéma mobile est organisé en collaboration avec des organisations locales oeuvrant dans le territoire dans la lutte contre les violences sexuelles et qui sont aussi impliquées dans la facilitation des projections.
Après la projection du film en plein air, les spectateurs frappés par les images et les messages, ont témoigné de l’importance de la projection. « Cette façon de projeter publiquement motive à dévoiler et dégager ce lourd fardeau qui pèse dans l’esprit des victimes et exhorte les bourreaux à abandonner ces pratiques et aux autorités d’appliquer la loi pénale avec toute impartialité », a témoigné une femme.
« Le film montre bien comment les hommes sont aussi affectés par le viol de leurs femmes. C’est important aussi de les conseiller. Il serait aussi impérieux qu’on puisse bien définir les dispositions sur le mariage précoce et les vulgariser, car il est vrai que beaucoup de jeunes se retrouvent en prison suite à l’ignorance de la loi », ajoute un jeune homme.
Des frustrations ont été également suscitées surtout en relations à la lutte contre l’impunité « Avec la montée des cas de violence surtout contre les femmes dans l’Est de notre pays comment on peut défendre si l’impunité règne toujours ? Comme on peut avoir justice pour les atrocités commises ? ».
Presque 3,500 femmes ont été violées dans le premier semestre du 2009 dans l’Est de la Rdc par des groupes armés, des militaires et des civils, d’après des sources des Nations Unies. « Avec les tabous et stigmates autour de ce crime, il y a probablement plusieurs d’autres femmes qui n’ont pas eu le courage ou la possibilité de confesser ce viol. Ce phénomène de viol continue à ravager les familles et les communautés », dit Barry Moon, chef du bureau de Unhcr Moba.
Le projet cinéma mobile qui bénéficie aussi de l’appui de Amnesty International Pays-Bas prévoit un total de quatre documentaires en langue swahili, produit par IF Productions du Pays Bas. Le premier général qui vise un grand public, devant entre 3000 et 7000 personnes ainsi que des projections des « sous films » dirigés à des groupes plus ciblés comme les jeunes, les militaires et les autorités politico administratives.
Pendant les sous films, l’audience est autour de 200 personnes et le film est monté en rubriques pour faciliter les discussions sur chaque message dans le film. Plus de 200,000 personnes ont été déjà sensibilisé dans tous les territoires du Sud Kivu.
« Le Cinéma Mobile est captivant et attrayant, surtout dans les régions comme Moba au Nord Katanga où la population a peu d’opportunité de voir la télévision ou les films. L’image est un outil fort et approprié pour aborder les tabous, les stéréotypes et la confusion sur la simple définition de ce que c’est le viol. Les discussions autour du film clarifient la population sur comment il faut réagir et comment appuyer les survivants du viol. Ce projet réveillera les cœurs et esprits et ira vers les gens partout dans le territoire de Moba pour les informer et ouvrir un dialogue avec eux. », commente Lena Slachmuijlder, Directrice de SFCG en Rdc.
Les communautés humanitaires et de défense des droits de l'homme luttent pour identifier les causes des violences sexuelles aussi répandues et les moyens les plus efficaces de prévention et de réponse à cette situation urgente. L'Unhcr est un acteur principal dans ce domaine étant donné son mandat de protection et sa présence dans les zones affectées par les conflits.
L'agence pour les réfugiés soutient plusieurs partenaires opérationnels qui mettent en œuvre des activités dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles dans les domaines de l'appui psychosocial, de la réintégration socio-économique, de l'assistance légale et du transfert des survivants des violences sexuelles dans les structures spécialisées pour des soins et une assistance complets.
(CL/GW/Yes)
Célestin Lutete/MMC/Unhcr