L’épouse de l’ancien Premier ministre Antoine Gizenga est traduite en justice pour s’être appropriée de la structure culturelle Festival de Gungu qu’elle aurait acquise de son premier propriétaire se considérant à ce jour victime d’abus de confiance dans l’arrangement convenu de cette cession
Décidément voici une sombre affaire qui risque si l’on y prend pas garde de ternir l’image de l’opposant historique devenu premier ministre en 2006. Tenez, un document parvenu à la presse fait état de la comparution de son épouse Mme Anne Gizenga Mbuba mercredi 29 juillet au tribunal de Grande Instance de Kinshasa Gombe.
Dans cette affaire enrôlée sous le numéro RC 102.320, elle fait l’objet de poursuites judiciaires pour abus de confiance. En clair, elle est accusée de s’être attribuée la paternité du Festival de Gungu sans en payer le prix en recourant à des moyens qualifiés de frauduleux, lit-t-on noir sur blanc dans ledit document. En dehors de cela, une autre affaire l’opposant, inscrite sous le rôle n° 21.729 l’obligerait à se présenter une fois de plus cette fois-ci devant les juges du tribunal de paix de Kinshasa Ngaliema, mais la date n’est pas encore fixée. A en croire le document.
Le Festival de Gungu est l’œuvre de Mr. Placide MIDI depuis 1986. Il a organisé ses activités de manière ininterrompue jusqu’aux pillages dont il fut victime. Venue au pouvoir avec son mari, Mme Gizenga proposa la relance des activités de cette unité artistique, pour permettre une meilleure visibilité de son couple qui n’a plus jamais remis les pieds dans le territoire de Gungu dans la province de Bandundu depuis les années d’exil. Au vu du succès de l’édition 2008, Madame Gizenga proposa le rachat du Festival.
Une convention fut signée à cet effet en date du 18 septembre 2008. Aux dires de la famille Midi, le prix de la vente était de 600.000$ Us, ce que semblerait nier l’acheteuse qui affirme, au contraire, que la valeur du Festival est de 20.000 dollars Us sur lesquels 10.000 $ Us seraient déjà remis à Mr Placide Midi pour ses soins en Europe.
Qui dit vrai? Dans tous les cas, il est reproché à Mme Gizenga d’avoir créé une ONG dénommée Festival National de Gungu et obtenu les autorisations nécessaires, en utilisant tout le fonds culturel, les danseurs, les insignes et les sites du Festival de Midi dont elle n’a pas encore payé le prix intégral.
C’est ce qui fait l’objet de la plainte pour escroquerie car, dit un expert ayant requis l’anonymat, les moyens utilisés dans le cas d’espèce pour l’obtention de l’agrément n’ont pu être que frauduleux, renseigne le document. Par ailleurs, si l’appropriation du Festival se fait en violation de la convention, poursuit l’expert, il y a abus de confiance.
Les avocats de la famille Midi abordés à ce sujet, n’ont pas voulu faire de commentaire, préférant laisser la justice faire son travail tout en espérant de tout cœur une issue à l’amiable à cette affaire. Surtout qu’avec la dernière restructuration opérée dernièrement par le Chef de l’Etat au niveau de la magistrature, restructuration saluée par l’opinion nationale congolaise et internationale, ce procès de Mme Gizenga risque d’être le premier exemple. Ce sera la première preuve que la magistrature a changé.
Cela démontre le souci actuel du Président de la République de lutter efficacement contre les anti-valeurs, entre autre la corruption ou le trafic d’influence, pour une bonne administration de la justice en RDC. Une affaire à suivre.
(DN/TH/GW/Yes)
Franck Ambangito/L’Avenir