kabilaLa détermination du Président de la République de traquer la corruption jusqu'à son dernier repli semble avoir réveillé un énorme essaim d'abeilles. Pour un coup de balai annoncé, il faudra compter avec la résistance farouche et la répugnance de partisans de la fraude pieuse qui ont fait ancrage un peu partout dans nos institutions.

Après la lettre ferme adressée au Premier  ministre et aux présidents de nos deux chambres du Parlement, l'opinion est en droit de s'interroger sur la meilleure attitude qu'il fallut adopter face au bateau RDC qui tangue vers l'épouvante à cause de la corruption. Fallait-il tolérer encore un peu ou choisir ce moment pour lancer un butoir organisé contre le Non-Permis dans la chose publique ?

En cherchant à requinquer la gendarmerie de notre conscience nationale par des mesures conservatoires contre la déchéance morale et la ruine civique qui minent notre pays, Joseph Kabila cherche à démontrer que le pouvoir politique doit être l'auteur de toutes les bonnes prohibitions et règles de conduite avec la légalité comme gendarme spirituel.

Parvenus dans notre conscience comme une culture, les réseaux de la corruption hantent notre corps social et la conscience même de nos dirigeants. Ils polarisent leurs actions qu'ils jugent, dès lors, inefficaces si elles les heurtent brutalement et efficacement, si elles vont dans le sens de leurs pratiques et convictions acquises.

C'est Bertrand de Jouvenel qui écrivait que plus les routines et les croyances d'une société sont stables et enracinées, plus les comportements sont prédéterminés, moins le pouvoir est libre dans son action.

Aussi, tout ce qui n'a pas encore été essayé dans une société peut-il éveiller des émotions confuses de crainte. En soi, la volonté de combattre la corruption ne devrait choquer aucune conscience. Bien que le tout repose dans les précautions et méthodes de son application. Nation aussi immense, à la population jeune et héritière d'un trésor de la nature, notre pays n'a besoin que des coups de pouce pour se révéler.  Le peuple congolais, lui, doit encore apprendre à ne pas aimer une chose et son contraire.

Dans le domaine de la conduite automobile sous d'autres cieux, la « tolérance zéro » est une expression qui en appelle à la conscience de conducteurs de choisir entre boire un verre de trop et conduire. Plutôt que de demeurer comme un simple slogan, les avertissements et présences sur les routes des corps arrestateurs et contrôleurs de la police ont plus contribué à sauver qu'à pourrir des vies humaines.
   
Chez nous, l'expression fait du chemin. A ce point d'inspirer au patron de la police nationale, dans sa collaboration avec la ministre de l'Urbanisme et habitat, d'avertir les propriétaires récalcitrants que le contrôle de la conformité de leurs titres de propriétés et autres autorisations de bâtir se fera sous le signal de la « tolérance zéro ».

Et si ce mot d'ordre venait à motiver toutes nos actions sociales, c'est l'avenir de notre pays qui en serait radieux.

(DN/Milor/GW/Yes)

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