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Le Cndp fidèle au processus de paix de Goma

Kinshasa, 24/07/2009 / Politique
Tout en qualifiant d’irréversible la dynamique de paix entamée à Goma, le Cndp demande au Gouvernement d’accélérer l’application des termes et l’esprit de l’Accord.

La Radio France Internationale (RFI) a annoncé mardi dernier que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) s’est retiré du Comité national de suivi de l’accord du 23 mars 2009. Une information relayée par la presse parue hier à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Contrairement à cette information, le CNDP, à travers son Secrétaire général, M. Kabasu Ngevi qui s’est exprimé à l’Avenir, son mouvement qui s’est mué en parti politique, ne s’est jamais retiré du Comité de suivi.

« Nous croyons en la volonté exprimée par le Chef de l’Etat, celle de pacifier l’Est du pays. Nous voulons seulement que le Comité de suivi soit redynamisé dans l’intérêt de toutes les parties », a-t-il indiqué. A la question de savoir s’il y a des mécontents au sein du CNDP, il a dit que ceux qui accréditent la thèse du retrait font une très mauvaise interprétation de la situation. Il a même avoué qu’il y aurait des manipulateurs, dont le travail se bornerait à intoxiquer l’opinion publique afin de salir l’honneur du CNDP. Il demande seulement au gouvernement de faire plus pour respecter l’esprit et la lettre de l’accord signé, car estime t-il, celui-ci marche à pas de tortue.

Quel reproche formule le CNDP ?

Il faut d’abord rappeler que c’est le 23 mars 2009 que le Gouvernement Congolais, représenté par Raymond Tshibanda Ntungamulongo, ministre de la Coopération régionale et internationale a signé avec le CNDP ainsi que d’autres groupes armés un accord pour la cessation des hostilités à l’Hôtel Ihussi de Goma. C’était en présence de la facilitation internationale composée des anciens présidents Olesegun Obasanjo et Benjamin Mkapa. Et ce, selon l’esprit de Nairobi qui voulait que soit mis définitivement un terme à la guerre qui a causé pas mal de dégâts dans la partie Est de la Rdc.

Si on ne s’en tient qu’à ce que la presse locale a écrit hier, le CNDP impute le retard au gouvernement dans la mise en œuvre des engagements pris par lui dans le cadre de cet accord. Il s’agit particulièrement de la problématique relative à l’intégration des éléments du CNDP au sein des FARDC, de la reconnaissance des grades et la non intégration politique, le paiement de la solde, mais surtout le fait de n’avoir pas été reçu par le président de la République lors de son dernier séjour à Goma.

Le gouvernement a fourni des gros efforts

Si telles sont les raisons avancées par le CDNP, nous pouvons conclure à une certaine mauvaise foi de sa part. En effet, s’il fallait chercher les preuves de la volonté du gouvernement, force est de souligner que celui-ci a entrepris plusieurs actions allant dans le sens de l’accord d’Ihussi. Qui peut aujourd’hui ignorer l’effort fourni par le gouvernement congolais pour que la loi portant amnistie soit votée par les deux Chambres du Parlement et promulguée par la suite. S’il est vrai que des militaires du CNDP n’ont pas été intégrés au sein des FARDC, mais qu’est-ce qui justifie leur implication dans l’opération « Umoja Wetu », qui consistait en la traque des FDLR par les deux armées, soit celle de la République démocratique du Congo, et du Rwanda.

Dans ce processus, toutes les parties doivent jouer franc-jeu dans le respect de l’accord, si réellement on veut que la paix revienne au Congo. Dire que le Chef de l’Etat était obligé de recevoir la délégation du CNDP à Goma, c’est un peu exagéré, dans la mesure où la délégation de ce parti politique était reçue en audience à Kinshasa par Joseph Kabila, avant que la date de la signature de l’accord final ne soit fixé. Une certaine presse est même allée très loin, jusqu’à dire que le CNDP serait mécontent du fait que le Gouvernement s’est décidé de livrer Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale (CPI).

Il est vrai que jusque là, le gouvernement de la République a toujours coopéré avec la CPI, mais à ce sujet, le Chef de l’Etat a levé une option, celle de la paix, à travers la pacification de l’Est de la République, avant toute autre chose. S’exprimant sur la même question, Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des médias et porte-parole du gouvernement, avait même indiqué que la question de l’arrestation de Bosco Ntaganda n’était même pas à l’ordre du jour. Pourquoi alors accuser un gouvernement, qui a montré les signes de bonne foi dans l’accomplissement de ses obligations.

Et si le CNDP reprenait la guerre

Une certaine opinion qui ne s’en tient qu’aux propos tenus par les membres du CNDP à Rfi, pensent que ceux-ci ont véritablement donné le vrai message de leur mouvement politique qui serait mécontent et qui se préparerait à déclencher les hostilités. Un comportement que certains trouvent justifié dans la mesure où le CNDP a toujours joué à la politique de l’Autruche. Nous pensons que le gouvernement congolais qui est engagé dans l’opération Kimia, II va saisir l’occasion pour aplanir toutes les divergences, s’il veut éviter le pire.

Comme nous l’avons indiqué ci-haut, le CNDP s’est déjà mué en parti politique. De ce fait, ce statut oblige de lui un certain comportement. En République démocratique du Congo, les partis politiques ont leur cadre d’expression. Et si le CNDP veut entrer au gouvernement, pourquoi doit-il être pressé, pendant que le remaniement est annoncé pour le mois de septembre 2009.

(TN/TH/GW/Yes)

L’Avenir



Last edited: 24/07/2009 13:57:48

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