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Bonjour | 06/09/2010 4:28 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’exploitation de la manne pétrolière du Lac Albert à la frontière commune entre la RDC et l’Ouganda pose problème. Tant que sont entretenues des zones d’ombre surtout du côté ougandais dont on dénonce des ténébreux marchandages, la partie congolaise est priée d’ouvrir l’œil et le bon.

kabila museveniA lors que le rap­port de l’Ong la militarisation du secteur minier congolais continue de sou­lever des vagues dans les milieux des décideurs con­golais, un autre pavé vient d’être jeté dans la marre. Dans une réflexion consa­crée à l’exploitation, présu­mée commune, du pétrole dans le Lac Albert, par la République Démocratique du Congo et l’Ouganda, le Directeur du Centre Africain pour la Gouvernance Ener­gie ou Africa Centre for Ener­gy Governance (Afiego) en version anglaise, Dickens Kamugisha, se demande si cette ressources naturelle constitue une bénédiction ou une malédiction pour les deux Etats.


Il fait savoir que l’opinion publique, en RDC comme en Ouganda, exige le maximum de transpa­rence aussi bien dans les modalités d’attribution des blocs pétroliers aux inves­tisseurs qui se bousculent autour des gisements pétroliers congolo-ougandais, spécialement du côté du Graben Albertine, les étu­des de prospection, la na­ture des contrats conclus ou à conclure, le volume des dividendes financiers atten­dus de l’exploitation ainsi que leur utilisation par les gouvernements congolais et ougandais.

Selon le Directeur d’Afiego, beaucoup de flou entoure la gestion du pétro­le et du gaz congolo-ougan­dais. Il déplore la tendance des décideurs congolais et ougandais à écarter sys­tématiquement la, Société Civile des activités liées à l’extraction des hydrocarbu­res. « Les deux gouverne­ments ont, par le passé, été accusés de collusion, de secret et de mise en oeuvre des politiques d’exclusion... En fait, en 2007, des mem­bres de la Société Civile ont été exclus des commissions mixtes de sécurité entre les deux pays et des négocia­tions des accords de pé­trole. Plus récemment, un groupe de journalistes et d’activistes de la Société civile de l’Afrique de l’Est, qui ont accompagné des membres de l’Assemblée législative dans la visite des puits de pétrole dans le comité de Tonya Kaiso, du côté ougandais, ont été impitoyablement refoulés. Ce qui a suscité des spé­culations et fait croire que le gouvernement ougandais avait effectivement quelque chose à cacher dans l’ex­ploration des sites », souli­gne-t-il.

Ouganda, 3ème pays cor­rompu du monde


A en croire Ofiego, le gouvernement ougan­dais continue de refuser à la Société civile le droit de participer au débat public qu’organise le ministère de l’Energie autour des hydro­carbures. Cette agence ré­vèle que l’Ouganda est l’un des rares pays au monde où la production du pétrole a été libéralisée. Les licences d’exploitation sont délivrées aux compagnies pétroliè­res sans appel d’offre et les contrats sont négociés dans l’opacité la plus totale. Se­lon une enquête de l’Ong Transparency International, l’Ouganda est classé comme le 3ème pays le plus cor­rompu de la planète. D’où, l’on est porté à croire que l’exploitation pétrolière est fondée sur la corruption et le détournement des reve­nus pétroliers destinés au contribuable ougandais.

Alberta Rift : casus belli entre la RDC et l’Ouganda

On laisse entendre que la RDC et l’Ouganda sont à couteaux tirés au sujet de leurs limites ma­ritimes au niveau du Lac Albert. Les deux pays con­voitent particulièrement l’Ile de Rukwanzi, à la pointe Sud de ce lac, et extrême­ment riche en pétrole. Les accrochages entre Con­golais et Ougandais y sont récurrents, surtout depuis que l’Ouganda a accéléré le rythme des activités pétro­lières sur Albertine Rift. On croit savoir que l’insécurité que l’on observe dans cette partie Est de la RDC serait due à l’absence d’institu­tions politiques fortes, ca­pables de peser aussi bien dans des questions sécuri­taires que pétrolières. Dic­kens Kamugisha note par exemple que l’Ouganda a décidé un passage en force d’ici la fin de l’année 2010, pour la phase de production du pétrole, alors que du côté congolais, on continue de traîner les pieds et en dépit des accusations formulées par le gouvernement con­golais contre Tullow Oil, soupçonnée de travailler sur la nappe pétrolière con­golaise.

Kabila et Museveni doi­vent faire plus

L’Ong Ofiego a eu l’honnêteté de reconnaître que les présidents Joseph Kabila (RDC) et Yoweri Museveni (Ouganda) ont beaucoup fait pour éviter que le pétrole ne soit une manne porte-malheur pour leurs pays  respectifs, en instituant une Commission paritaire ad hoc chargée du contentieux de l’île de Rukwanzi. Elle estime qu’ils devraient faire plus, notam­ment finaliser des accords­ contraignants sur les ques­tions de sécurité, de mise en valeur des gisements… pétroliers, de protection de l’environnement et de ges­tion d’autres ressources transfrontalières.

Elle insiste particu­lièrement sur la transparen­ce qui devrait prévaloir dans l’industrie pétrolière, proche et future. Elle recommande même à l’Ouganda de sui­vre l’exemple de la RDC, qui se trouve engagée pré­sentement dans la politique de revisitation des contrats miniers et pétroliers. Aux deux pays, elle conseille de faire leurs les recommanda­tions de l’ITIE (Initiative pour la Transparence et la reddi­tion des comptes dans l’In­dustrie Extractive). Le souci des décideurs politiques de­vraient être la maximisation des revenus du pétrole au profit des citoyens en prévenant l’enrichissement égoïste et le fi­nancement des conflits.

(TH/DN/GW/PKF)

Kimp/Le Phare



Last edited: 23/07/2009 17:38:37

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