En ce qui concerne la ville de Kinshasa plus particulièrement, les quartiers GB, Socimat, Mont-Fleury et Pigeon ont été sélectionnés pour expérimenter cette innovation dans le domaine de distribution du courant électrique en RDC. Le choix de ces quartiers, par la Snel, n'a pas été fait au hasard. Il a plutôt été motivé par le pouvoir d'achat des habitants de ces quartiers, considérés comme les plus riches de la capitale congolaise. Ainsi donc, les quartiers de luxe de Kinshasa, cités ci-dessus, expérimentent, depuis quelques jours, les compteurs électriques de prépaiement.


Au stade actuel, il serait hasardeux d'affirmer que la Snel a déjà fini l'opération de remplacement des anciens compteurs dans tous les quartiers ciblés. Une telle opération requiert suffisamment de temps, d'autant plus que les techniciens de la Snel doivent faire le porte-à-porte ! Néanmoins, une source qualifiée du Département de distribution de Kinshasa (DDK) affirme qu'un bon nombre de ces compteurs a déjà été placé. Notamment, au quartier Pigeon de la commune de Ngaliema.

Des avantages d'une pratique

A la Snel, on ne cesse de vanter les avantages qu'offre le compteur électrique de pré-paiement, aussi bien à l'entreprise qu'au consommateur. C'est-à-dire l'abonné de la Snel. En ce qui concerne l'entreprise, le compteur électrique avec un mode de prépaiement, lui évitera sans doute des arrangements entre certains agents de recouvrement et les clients litigieux ou en retard de payement des factures. Ce n'est pas tout. La Snel se félicite que les compteurs électriques viennent à point nommé, mettre fin à certaines pratiques répréhensibles et récurrentes dans le circuit de distribution du courant à Kinshasa. Il s'agit, notamment, des raccordements pirates ou frauduleux. A cela s'ajoute le très fameux et célèbre délestage tant décrié par les abonnés de Kinshasa.

Il convient de souligner qu'avec un compteur électrique en mode prépayé, l'abonné
consommera désormais la tension (quantité) de l'énergie qu'il aura au préalable achetée. Toute comparaison faite, le système fonctionnera comme dans le secteur de la téléphonie cellulaire où, ne peut effectuer des appels que l'abonné ayant rechargé son compte.
Partant, des sources qualifiées de la Snel ajoutent que les compteurs électriques en mode prépayé mettront fin aux sempiternels conflits entre les clients et les services compétents de la Snel, au sujet des factures parfois rejetées, parce que jugées fantaisistes ou surtaxées. En ce qui concerne l'abonné de la Snel, le compteur électrique lui permettra d'éviter le gaspillage inutile du courant électrique.

Les Kinois savent qu'en matière d'utilisation de l'énergie électrique, très peu de discipline s'observe dans l'usage. Des ampoules sont allumées à longueur de journée, alors que les mêmes usagers crient à la faible intensité du courant ! Un tel paradoxe ne peut s'expliquer que dans des milieux des personnes voulant à la fois une chose et son contraire.

Des réactions

Le projet pilote de compteurs électriques avec carte prépayée, suscite des réactions dans l'opinion publique à Kinshasa. Tout recoupement fait, les Kinois perçoivent d'un mauvais œil ce projet. Ils estiment que la solution au vrai problème que pose le circuit de l'énergie électrique est ailleurs. Dans la vague des réactions entendues lors d'une émission à téléphone ouvert sur une radio privée émettant de Kinshasa, certains auditeurs ont semblé partager la même inquiétude : " Avec quels transformateurs la Snel parviendra-t-elle à améliorer la qualité du produit qu'elle vend à ses abonnés ? ".

D'autres par contre, attribuant ce qu'ils appellent "désordre" à la Snel, aux questions pratiques d'organisation, proposent que les différents départements de la Snel deviennent des sociétés autonomes. Selon les partisans de cette thèse, Inga devient une société de production. Il en sera de même pour les départements de transport et de distribution qui seront transformés respectivement en société de transport et de distribution du courant électrique. " De sorte, on aura favorisé de la concurrence et rendre les trois sociétés compétitives ", pensent les auteurs de ces propos.

Cependant, la pertinence veut qu'on s'interroge sur les faits, tout en dépassionnant le débat. A l'hypothèse que la Snel soit privatisée, le Congolais en général et Kinois en particulier qui peinent à payer la facture unique de la Snel, seront-t-ils capable d'honorer, avec les mêmes sources de revenu, trois factures mensuelles ? Aussi, pensons-nous, on se garderait de verser dans l'intox. Si le système des compteurs électriques avec carte prépayée, est une nouveauté en RDC, il tourne cependant à merveille, dans d'autres pays d'Afrique. C'est le cas du Bénin.

(Milor/GM/PKF)

Laurel Kankole/Forum des As