Le Président de la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger Me Willy Bessa Mokonzi Me Willy Bessa revient une fois de plus sur Digital Congo pour plaider cette fois pour implication de ses membres dans le débat démocratique.
Me Willy Bessa, le très dynamique président de la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger (Cgce) est infatigable.
Dans une déclaration remise à notre rédaction, il appelle les gouvernants de la Rdc à associer la diaspora congolaise dans la prise de certaines décisions afin de les permettre de jouer eux aussi pleinement leur rôle d’acteur du débat démocratique.
Mais elle fait figure d’enfant de parent pauvre à cause du manque des moyens de son action.
En effet, précise-t-il, depuis son installation lors de ses assises d’août 2008 à Kinshasa, sous le Haut Patronage du Chef de l’Etat Joseph Kabila, elle n’a bénéficié d’aucune subvention de la part du Gouvernement de la République alors que les mêmes structures font l’objet d’une attention particulière de la part de leurs gouvernement, poursuit Me Bessa.
Comment susciter la confiance des Congolais de l’étranger ?
Après plusieurs mois de concertation, afin de répondre du malaise immense qui s'est exprimée, lors de la mise en place de la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger, une structure si stratégique pour l'avenir de notre pays, je voudrais aujourd'hui parler de la méthode.
Durant ces concertations, tous les diagnostics ont convergé vers la même évidence : comment susciter la confiance des Congolais de l’étranger dans cette nouvelle structure ?
Ce qui s'est passé, pose en effet un défi majeur pour les acteurs publics qui refusent la résignation et l'inaction.
Ce défi de la confiance sera d’autant plus difficile à relever, puisqu’une défiance sournoise s’insinue dans la plus part de nos organisations.
A travers cet exemple de la mise en place de cette structure, c'est bien la question de l'art et de la manière de conduire le changement dans une société aussi complexe que la nôtre qui est posée.
Sans vouloir polémiquer inutilement, un constat s’impose. Depuis des décennies dans les grandes réformes, c'est le tandem Gouvernement- Administration qui est à la manœuvre. Quand un ministre ouvre un chantier, il se tourne vers son cabinet et les directions de son ministère qui préparent alors un texte.
La plupart des temps, c'est à ce stade que s'ouvre la concertation. Mais celle-ci a souvent deux défauts.
D'une part, ce sont toujours les mêmes qui sont consultés: quelques experts et initiés bien référencés qui ne suffisent pas pour incarner la diversité des citoyens concernés.
D'autre part, cette concertation a lieu très en amont et sans grande publicité, à tel point qu'on finit par l'oublier quelques mois plus tard au moment de l'entrée en vigueur de la réforme.
C'est après que les choses se corsent. Quand vient l'heure de l'application des textes, il arrive qu'une partie des citoyens concernés manifestent leur mécontentement avec force.
Quitte à remettre en cause une réforme ou à repousser son application en ouvrant enfin la concertation. Lorsqu'il agit ainsi, un gouvernement perd du temps au lieu d'en gagner. Il perd aussi du crédit politique.
Ce qui marchait dans les années 1970 ne fonctionne plus au début du 21ème siècle. Il est temps d'inventer un nouveau modèle de gouvernance: à ce couple Gouvernement -Administration qui domine encore, il faut substituer un trio Exécutif- Parlement -Citoyens.
A présent, le maillon faible, c'est la participation des citoyens dans les grandes décisions pour l'avenir de notre pays. Le moyen privilégié de cette participation est et reste le suffrage universel ! Il donne aux représentants élus la légitimité pour conduire la politique d'un pays.
Cependant, entre les élections, les responsables, acteurs publics ne peuvent pas décider tout seuls sur tous les sujets.
Si les campagnes électorales permettent de dessiner les grandes lignes d'un projet collectif et obligent les candidats à s'engager précisément sur certaines priorités, elles n'épuisent pas le débat politique.
Il faut aussi que nos institutions s'organisent pour mieux prendre en compte l'avis des citoyens et des experts en cours de route. C'est moins une question de légitimité que d'efficacité.
Ouvrir la concertation, c'est s'obliger à faire de la pédagogie, c'est accepter la complexité, c'est se donner les moyens d'identifier en amont les points de consensus et les points de blocage, c'est s'ouvrir la possibilité de mieux répondre aux attentes des citoyens. Enfin, c'est inviter chacun à assumer sa responsabilité dans la cité.
Nombreux sont les écueils à éviter : la confiscation du débat public par des acteurs minoritaires ou par des représentants autoproclamés de telle ou telle catégorie de citoyens, l'enfermement dans les conflits d'intérêts particuliers, loin de l'intérêt général, la volonté de mettre les élus sous le contrôle d'instances sans aucune légitimité, la gadgétisation de la concertation, la paralysie de l'action publique ou la tiédeur des réformes à force de précaution et enfin et surtout, la démission du politique qui refuserait d'assumer sa responsabilité d'éclaireur et de décideur en se défaussant complètement sur l'opinion.
Toutes ses limites doivent être prises en compte, mais elles ne sont pas un prétexte pour mettre de côté l'exigence d'une nouvelle gouvernance. On peut s'inspirer de plusieurs outils expérimentés dans le Nord de l'Europe ou au Canada...
Certes, le mécanisme actuel de consultation dans notre pays n’est pas très poussé. Nous devons inventer alors, une nouvelle façon de travailler avec les instances représentatives de notre pays, en collaboration étroite avec toutes les institutions de la République Démocratique du Congo.
Pour atteindre ces objectifs, et retrouver l’ordre normal des choses, où la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger serait un aiguillon utile au service du développement de notre pays, nous devons créer le débat et de s’emparer de tous les thèmes qui font l’actualité, en allant au fond des choses, sans tabou.
Cap sur les Elections vers la fin de l’année
Nos réflexions concernent le monde politique bien sûr, mais aussi les milieux économiques, les questions sociétales, les enjeux internationaux … Ces réflexions, font ensuite l’objet d’un lobbying actif auprès des décideurs publics.
A travers ses publications et ses conférences, la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger, souhaite jouer pleinement son rôle d’acteur du débat démocratique.
C'est par exemple dans cet état d'esprit que la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger, a décidé de reporter, l’élection de ses bureaux définitifs initialement prévue les 29 et 30 juillet 2009, vers la fin de cette année, à une date qui sera communiquée ultérieurement toujours par le canal de notre site www.cgcde.org, sur Digital Congo.net et d’autres canaux appropriés.
Nous profiterons de ce report, pour lancer dans les prochains jours, avant l’élection de nos bureaux définitifs un Dialogue Inter Congolais de l’Etranger.
Ces consultations publiques seront organisées dans une dizaine des grandes capitales étrangères où vivent nos compatriotes.
Grâce à ces réunions publiques et grâce à un site Internet, il s'agit d'impliquer les Congolais de l’Etranger dans le débat, et leurs donner les moyens de s'informer en vu de se prononcer sur de véritables questions de civilisation.
Aussi, pour faire entendre la voix des citoyens dans les processus de concertation préalable afin de renforcer, la cohésion sociale qui est une des questions essentielles pour l’avenir de notre pays et de travailler, au renforcement des relations entre les institutions de notre pays et les Congolais de l’étranger.
La Coordination Générale des Congolais de l’Etranger pourra-t-elle relever tous ces défis à moyens constants ?
Si l’on ne veut pas se contenter d’un changement cosmétique, rien n’est moins sûr.
Encore la complainte des moyens ? , diront les mauvaises langues, particulièrement dans cette période de crise et pourtant…
Plaidoyer une augmentation importante des moyens
La Coordination Générale des Congolais de l’Etranger dispose de moyens relativement limités, notamment si on la compare aux structures similaires d’autre pays : Mali, Sénégal, Maroc, Mexique, Chine…
Notre budget de fonctionnement est de l’ordre de deux millions de dollars par an. Quant à l’apport de la Diaspora Congolaise, dans l’économie de la République Démocratique du Congo, il est évalué à peu près à trois milliards de dollars par an.
A cela s’ajoute d’autres sommes qui ne sont pas comptabilisées dans le circuit financier.
Ces sommes importantes, pourtant, quand on les compare aux moyens dont disposent la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger, on mesure l’ampleur du gouffre.
A ce jour, presque une année depuis sa mise en place, lors des Premières Assises des Congolais de l’Etranger qui se sont déroulées du 28 juillet au 5 août 2008 à Kinshasa, organisées sous le Haut Patronage du Président de la République, la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger, n’a reçu le moindre subside de la part de l’Etat Congolais.
Il n’est évidemment pas question de calquer l’exemple d’autres pays frères sur la réalité Congolaise, mais il est intéressant de voir que ces organisations analogues d’autres pays sont aidées et soutenues par leurs gouvernements respectifs et qu’elles disposent des réels moyens afin de mener leurs missions d’utilité publique.
Pour pousser la comparaison jusqu’au bout, il faut quand même reconnaître que dans la plus part de ces pays, le nombre de leurs compatriotes de la Diaspora est inférieur aux six millions des Congolais vivants à l’Etranger.
Je plaide donc résolument pour une augmentation importante des moyens attribués à la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger dans l’exercice des missions d’utilité publique.
Il me paraît sain que la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger puisse disposer à terme, des moyens importants, avec une équipe performante afin d’apporter une véritable valeur ajoutée dans le débat et dans l’économie de notre pays.
Dans ces conditions, je crois que la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger aura tous les atouts pour être à la hauteur des attentes qu’expriment les Congolais à l’égard de leur Diaspora.
Voilà l’organisation dont la République Démocratique du Congo aura besoin au 21ème siècle.
Pour rendre le débat le plus constructif et le plus ouvert possible, vous serez invités à réagir afin de garder les yeux rivés sur le monde actuel, je cherche en permanence de nouvelles pistes pour une gouvernance plus participative.
(BT/PKF)
Boni Tsala/MMC
Last edited: 22/07/2009 10:10:23