La capitale congolaise Kinshasa touchée durement par la crise financière ainsi que cela est constaté déjà dans certaines entreprises telles celles du secteur des télécommunications qui procèdent au dégraissage de leur personnel avec des licenciements massifs de travailleurs
La République démocratique du Congo, et plus particulièrement la Ville Province de Kinshasa vient à son tour d’être touchée par les effets de la crise financière internationale. Ceci, après que Lubumbashi, capitale de la province cuprifère ait adopté des mesures d’atténuation des impacts de cette crise qui, comme il faut le souligner, n’épargne aucun pays et aucun secteur de la vie économique. Mais depuis un certain temps, les effets de cette crise se font sentir dans les secteurs tels que la télécommunication, qui dépendait des entreprises minières qui ont pourtant mis la clé sous le paillasson dans le Katanga.
En dehors de cette crise qui a conduit la Rdc à la récession économique, certaines entreprises du pays sont victimes des tracasseries orchestrées par des services de l’Etat. Et dans tous ces cas, on constate un silence au niveau du gouvernement. Silence qui risque de coûter cher à l’emploi, l’un de chantiers majeurs de la République.
Des licenciements pour raison économique
A ce jour, il est permis d’affirmer que les entreprises congolaises oeuvrant dans le secteur privé sont obligées malgré elles, de procéder à certains licenciements pour des raisons économiques afin de ne pas disparaître. Pour pallier donc cette situation, le gouvernement de la République devrait adopter les mesures pour atténuer les effets de cette crise et ainsi, ne pas tuer la poule aux oeufs d’or. A Lubumbashi par exemple, Moïse Katumbi Chapwe, gouverneur de cette province cuprifère, a rabattu voire diminue très sensiblement tous les impôts et taxes à l’endroit des entreprises touchées par la crise. Il ne s’est pas arrêté là, il est allé jusqu’à demander aux miniers de se muer en agriculteurs. Ce qui a été fait. Même si le contexte habitue tend à une certaine reprise, ces entreprises bénéficient des conditions qui leur permettent de relancer les activités et de reprendre les travailleurs licenciés.
Curieusement à Kinshasa, siège des institutions tant provinciales que nationales, la situation tourne au vinaigre dans certaines entreprises privées qui se croient presque abandonnées des autorités publiques. Et ce, pendant que les entreprises privées sont entrain de licencier les travailleurs pour des raisons économiques, ou sont en voie de le faire. A titre d’exemple, on parle de 126 personnes licenciées chez Zain Selon des informations en notre possession, Tigo et Vodacom se préparent à effectuer le même mouvement de renvoi d’une partie du personnel.
Les Télécom pointent du doigt les impôts et taxes
La logique de la crise voudrait que le gouvernement congolais diminue ou annule certains impôts et taxes au profit des entreprises congolaises victimes de la crise financière en général, mais plus particulièrement celles du secteur de télécommunications. La fiscalité congolaise est caractérisée d’une part, par l’absence d’une ligne d’orientation claire l’une dérive de fait vers une fiscalité répressive, policière et au rendement médiocre d’autre part, par une permanente inadéquation par rapport aux exigences de modernité et de crois.
A l’heure de la mondialisation et de la crise économique, le régime fiscal congolais doit rattraper son retard et s’adapter aux exigences du marché tout en assurant aux sociétés une garantie sécuritaire par les textes de lois appropriés.
Au regard du fait que les sociétés de télécommunications en République démocratique du Congo participent à l’absorption du chômage par l’implantation de leurs succursales à travers le pays, les pouvoirs publics doivent leur accorder un allégement fiscal et parafiscal en terme de pourcentage sur l’ensemble des impôts et taxes payés, car elles ont fait montre de culture fiscale depuis leur installation. Sinon, ce sont des milliers d’emplois qui seront supprimés, et le Congolais se retrouvera encore une fois au chômage. Fait qui va porter inéluctablement un coup dur aux cinq chantiers de la République.
Les sociétés brassicoles se plaignent des tracasseries
A Kinshasa, c’est tout le secteur économique qui est en ébullition. L’essentiel des entreprises du secteur économique contribuent significativement au budget de l’Etat et à la résorption du chômage. Et si les entreprises de télécommunication sont affectées, plusieurs autres de différents secteurs seront également touchés.
tracasseries administratives dont elles sont constamment victimes. Non seulement qu’elles sont astreintes au paiement de plusieurs impôts et taxes, mais aussi elles doivent honorer les exigences de la haute autorité des médias. Celle-ci exige un certain nombre de choses qui sont considérées par les brassicoles comme étant une tracasserie. Si ce comportement continue, il faut craindre la diminution des publicités de ces deux entreprises, pendant que plusieurs entreprises du secteur médiatique dépendent des dividendes de ces publicités pour payer leurs agents.
L’attentisme du gouvernement
La Rdc a un gouvernement qui, malheureusement, pêche par son attentisme. Un gouvernement qui intervient toujours en retard pendant que la situation ne cesse de se détériorer. Et pourtant, un adage populaire dit noir sur blanc : « gouverner, c’est prévoir ». Ou est dans ce cadre la prévision en Rdc ? Est-ce pour dire que l’impulsion ne vient pas d’en haut, c’est-à-dire, du premier ministre ? Sur quel domaine alors le gouvernement qualifié de « mission » travaille-t-il ?
Et si le gouvernement n’est pas à même de satisfaire aux besoins de la population, c’est qu’il est incapable et doit démissionner. Ne pas protéger l’emploi, le chantier phare du Chef de l’Etat, ne peut qu’être interprété comme une pure trahison. Voilà un autre fait qui ne doit pas laisser indifférent le Chef de l’Etat Joseph Kabila qui a déjà pris une des mesures dans le cadre de l’assainissement des finances publiques et de l’appareil judiciaire.
Il doit continuer dans cette lancée, en mettant à l’écart les ministres qui brillent par des solutions partisanes dans les entreprises où ils ont certains intérêts à protéger
Deux poids, deux mesures
Pendant que nous condamnons un certain attentisme au niveau du gouvernement congolais, nous constatons entre-temps que certains membres du gouvernement passent le plus gros de leur temps à prendre des mesures spécifiques, protégeant les entreprises dans lesquelles ils ont intérêt. C’est le cas de faveurs accordées à Marsavco, pendant que d’autres sociétés étaient en droit de bénéficier des mêmes faveurs.
On ne peut donc pas être surpris de constater une certaine concurrence déloyale sur le marché, et c’est le plus faible qui disparaît sur le marché. On craint aussi que la Midema emboîte le pas, par le licenciement massif de ses agents. Une partie de l’opinion a demandé que soit annulée l’autorisation accordant à certains hommes d’affaires d’importer du ciment gris. Mais cette demande est toujours restée lettre morte et il n’est pas surprenant que dans les tout prochains jours qu’on annonce certains licenciements massifs dans les sociétés du secteur de la construction.
(DN/Milor/GW/Yes)
L’Avenir