muzito luzolo magistratsL’actualité nationale en RDC reste dominée par la révocation dernièrement par le Chef de l’Etat Joseph Kabila, de plusieurs magis­trats de leurs fonctions. En effet, dans une série d’ordonnances publiées mer­credi 15 juillet dernier, il est reproché à des magistrats d’avoir commis des faits infractionnels graves qui ont été portés à la connaissance du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Pour le ministre de la Justice Luzolo Bambi Lesa qui a animé un point de presse jeudi 16 juillet 2009 au Salon Kasaï du GHK à l’invitation du Document cadre pour les investis­sements (DCI), il s’agit de 165 magis­trats qui sont concernés par ces or­donnances qui s’inscrivent dans le cadre du discours d’investiture du pré­sident Joseph Kabila, le 6 décembre 2006, dont 96 révocations, 50 mises à la retraite et 19 démissions d’office.

La décision du Chef de l’Etat dit-il, vise l’assainissement du secteur de la justice. D’où la phrase tirée de son discours d’investiture, citation. Etant le socle du développement, la justice sera le socle de mon action fin de citation. C’est ainsi que de la Cour suprême de justice (CSJ) aux tribunaux de paix en passant par le parquet général de la République les parquets généraux les parquets et tribunaux de grande instance le coup de balai a frappé tout le monde. Il reste maintenant à effectuer un recrutement le 500 candidats pour comble le déficit et relever l’appareil judi­ciaire, poursuit le ministre Luzolo qui précise que le premier président de la Cour suprême de justice et le pro­cureur  général de la République sont mis à la retraite honorable » pour 35 ans de service ininterrompus ou atteint la limite d’âge fixée à 65 ans.

Parlant de ceux qui sont les révo­qués, le n°1 de la justice affirme qu’ils le sont pour diverses raisons. Abu­sant de l’indépendance liée pourtant à la délicatesse et à la noblesse de leur charge, les magistrats se sont rendus, eux aussi, coupables de dol, de concussion, de corruption et, voire même, des infractions de droit commun, peut-on lire dans les ordonnan­ces du Président de la République.

Pour ce faire, le ministre Luzolo estime que c’est en sa qualité de garant constitutionnel du bon fonction­nement des institutions de la Répu­blique que le Chef de l’Etat vient de mettre un terme aux anti-valeurs qui rongent la magistrature congolaise. L’esprit du gouvernement à travers ces ordonnances, poursuit-il est de met­tre la magistrature en ordre de bataille pour lutter contre la corruption.

A cet effet, le ministre Luzolo affirme qu’il s’est personnellement im­pliqué dans la lutte contre l’impunité, la corruption et dans la réforme de la magistrature. Raison pour laquelle, après avoir fait l’état des lieux de la justice congolaise en 2008 et pour concrétiser cette trilogie, le gouverne­ment a invité l’ensemble des magis­trats à tenir une réunion du Conseil supérieur de la magistrature, conformément à la Constitution.

Aussi, au terme de sa réunion te­nue du 11 au 23 juin 2009, le CSM a transmis son rapport au Chef de l’Etat qui a décelé la gravité de la corrup­tion qui règne au sein de la justice congolaise et en a fait part à la na­tion, dans son message du 29 juin dernier, à l’occasion des festivités marquant le 49ème anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale.

A une question de savoir pourquoi seulement les magistrats civils, il répond que les magistrats militaires ne sont pas épargnés par cette mesure. Car dit-il, l’heure a sonné pour mettre fin à cette justice à deux vitesses, qui ne place en détention que les citoyens démunis socialement.

Pourquoi avoir épargné d’autres secteurs où la corruption occupe une grande place ? « De tous les corps que contient la République, la magis­trature a légalement mission de lutter contre cette corruption », a répondu le ministre Luzolo.

C’est donc après avoir tiré toutes les conséquences que le Président de la République a pris la série des ordonnances portant révocation, démis­sion d’office, mise à la retraite, nomi­nation et affectation des magistrats a indiqué le ministre Luzolo Bambi à la presse.

(DN/Milor/GW/Yes)

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