La deuxième ville se construit

En attendant la con­crétisation de ces résolutions, le petit peuple se construit déjà une ville à lui dans cette même partie Est de la capitale. Pour s’en con­vaincre, il n’y a qu’à cons­tater à quel point, au-delà de l’aéroport international de N’Djili, des espaces verts sont en train de disparaître au fil des jours.

Des maisons poussent à un rythme accéléré. La po­pulation se multiplie, du quartier Mpasa I jusqu’à la cité historique de la N’Sele en passant par les quartiers Mpasa II, Mpasa III (Bibwa), Makanza, Kinkole et j’en passe.

Des concessions fon­cières sont achetées soit par des particuliers, soit par des services étatiques ou privés, soit encore par des écoles publiques ou privées, soit enfin par des A.S.B.L.

Les normes de l’urbanisme foulées aux pieds

Dans la plupart de ces nouveaux quartiers, il y a absence totale d’une vérita­ble urbanisation des sites, a été régulièrement lotis par les services de l’Etat qui en ont la compétence.

Cette crise d’urbanisa­tion s’explique surtout par le fait que la plupart des par­celles sont vendues ou ont été vendues par des chefs coutumiers Teke propriétai­res fonciers.

Une situation qui pourra à la longue avoir des retombées négatives sur la vie de la même population qui abandonne l’ancienne ville de Kinshasa à cause de la dégradation de son envi­ronnement. Aujourd’hui en­core dans des quartiers comme Bibwa certaines ave­nues sont d’ores et déjà transformées en parcelles.

Indifférence du pouvoir public


Pendant que les chefs coutumiers et leurs proches posent tous ces actes, le pouvoir public semble ne pas s’y intéresser ou intervient en retard. On laisse des maisons pousser n’importe où et n’importe comment sans respecter les normes de l’ur­banisme. Les chefs coutu­miers « oublient » de garder des espaces à réserver aux projets d’intérêt commu­nautaire.

On ne sera pas surpris demain de constater que les nouveaux quartiers soient dépourvus de terrains de jeux ou de salles de specta­cle appropriées à la détente et aux distractions saines pour les enfants.

Voilà qui nous amène à nous interroger si l’Etat va lotir un jour un nouveau site destine à accueillir la deuxième ville de Kinshasa ou si c’est le même qui est mis actuellement en valeur au mépris des normes requises. C’est vraie que depuis l’an dernier, il y a une division de cadastre qui est opérationnelle à Mpasa Il pour N’Sele et Matuku mais...

(Milor/GM/PKF)

J.M/Salongo