L’Ong de défense des droits de l’homme, Human rights watch (HRW) propose la création d’une chambre mixte élargie aux magistrats étrangers pour juger des cas des violations des droits humains dont sont reprochés des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc).

HRW a soutenu cette position hier à Bruxelles à travers son rapport sur la Rdc intitulé « Les soldats violent, les commandants ferment les yeux ». De part cette étude manifestement menée dans l’Est par Juliane Kippenberg, cette Ong n’est guère convaincue du principe de « tolérance zéro » décrété par les (Fardc) face aux violations commises par ses membres.

Pour l’Ong américaine, seuls les hommes de rang sont punis dans pareilles circonstances tandis que les épaules galonnées qu’elle qualifie des « personnages puissants et intouchables » ne sont guère inquiétées et sont en plus complaisants. HRW qui dénonce cette « impunité », reconnaît quand même des cas sanctionnés au sein des Fardc. Le document axé sur cette partie souvent plongée dans l’insécurité souligne vingt condamnations enregistrées au Sud-Kivu qui n’ont frappé que des soldats. « (…) aucun haut gradé », ne comptait parmi ces condamnés déplore le rapport qui met en avant des cas de violation des droits de l’homme portés à la connaissance des commandants d’unité. Le passage à tabac suivi du viol d’une fille de 15 ans à Bitonga dans le Nord-Kivu et, le pillage d’une maison et viol de deux membres d’une même famille dont une gamine de 3 ans dans le Sud-Kivu. Mais aussi, celui d’une esclave sexuelle de 23 ans maintenue dans un camp militaire « (…) durant un mois (et) surveillée de manière permanente »...

Des poignants témoignages qui font dire à l’Ong qu’en « (…) ce qui est de mettre fin au climat permissif qui engendre ces violences, leurs initiatives se sont avérées limitées ». Afin de remédier à cette situation, HRW ne manque pas des pistes de solution à côté de la réforme de l’armée et l’amélioration des conditions de vie des soldats Congolais. Et cet élargissement de la justice (militaire) aux magistrats étrangers serait indispensable aux yeux de HRW. La « chambre mixte » proposé par l’Ong comprendrait aussi bien des juges et des procureurs congolais que ceux d’autres nationalités. Cette formule d’une justice internationale « (…) aiderait à remédier aux faiblesses du système judiciaire national », soutient HRW.

Loin de réduire la facture du travail de cette Ong, il a le mérite d’avoir reconnu l’importance de la réforme de l’armée congolaise. Ce processus qui est en court avec le concours des partenaires bilatéraux et multilatéraux aboutira nécessairement à l’émergence d’une justice équitable dans ce pays. Les ordonnances signées à Kinshasa par le chef de l’Etat et publiées avant-hier doivent inspirer HRW qui tend à minimiser le Congolais à travers ce rapport. Ce coup de balai qui a frappé des magistrats civils répond effectivement à l’assainissement de ce secteur vital de l’évolution d’une nation. Qui sait si demain les militaires seront à leur tour visités.

Le concours des étrangers devant siéger dans nos cours et tribunaux en qualité de juges n’est pas si indispensable. Réagissant à ce rapport de HRW, le ministre Congolais de la Défense, Charles Moando Nsimba dit à l’Afp que l’Ong se fait une simple publicité. HRW cherche à « se faire (vendre) », affirme-t-il. Quant au porte-parole des Fardc, le colonel Léonard-Richard Kasonga, « ce rapport est dénué de tout fondement ». Effectivement, les amis de la Rdc ont mieux à faire qu’à se perdre dans les conjectures de cette Ong.

(DN/PKF/GW/Yes)

P.M.L./L’Avenir