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Lors de la mort de son beau-frère, l’artiste- musicien Madilu, Mathieu Matondo Mateya avait dit « Beau-frère, comme tu viens de nous quitter, je ne compterai plus beaucoup de jours sur terre, je pense que je vais bientôt te suivre dans l’au-delà... La mort de Madilu, c’est comme l’écroulement du mur de Jericho ».

Une forte affluence des admirateurs de l’artiste comédien Mathieu Matondo Mateya, alias «  Sans-sousi d’Afrique Yanga Bard a analysés mardi dernier le centre ville de Kinshasa à l’occasion des cérémonies funéraires de cet artiste.

De l’esplanade du Stade de Martyrs de la Pentecôte où a été exposé le corps de l’artiste, la population a conduit le cortège funéraire jusqu’à la cathédrale Notre Dame de Lingwala pour une messe des suffrages. Dans la suite de ce mouvement, une large partie des admirateurs de l’artiste, venue d’un peu partout des communes de Kinshasa, ont fait particulièrement le pèlerinage du stade de l’esplanade du stade omnisport de Kinshasa jusqu’au pied de la cathédrale.


Sur leurs parcours, des sapeurs, des comédiens en tenue de scènes se sont donnés en spectacle. On pouvait lire sur les visages de la population des larmes pour certains entrecoupées des éclats de rires. Sur un autre front, les « kuluna » existants encore dans les communes de Lingwala et de Kinshasa se sont affrontés par des jets de pierre dans les rues environnant la cathédrale.

A l’occasion, cette dernière a refusé de contenir le monde au point que l’avenue de la libération a été envahie par une foule de fanatiques et des curieux, en attendant la sortie du corps de l’illustre disparu de l’Eglise pour son inhumation au cimetière de Benseke Futi, « Nouvelle Cité ». Les obsèques de cet artiste ont été marquées particulièrement par un élan de solidarité des différentes souches de la société congolaise. Aux côtés des artistes comédiens très affectés par la disparition d’un de leurs, les stars de la musique congolaise et autres sportifs ont compati au malheur qui a frappé la famille culturelle en général.

Entre autres stars, Antoine Agbepa, dit Koffi Olomide, Félix Wazekwa ont dépassé leurs gerbes de fleurs devant la dépouille mortelle à l’esplanade du stade de Martyrs Noel Ngiama, dit Werrason et Fally Ipupa, alias Dicaprio, ont fait de même en l’Eglise Notre Dame de Lingwala. La classe politique du pays toute tendance confondue n’a pas manqué a honorée cette valeur artistique.

Dans l’Eglise, au cours de son mot prononcé pour cette circonstance, le ministre des Affaires foncières, Maj Kisimba n’a pas caché sa sympathie envers l’artiste, qui incarnait de son vivant, une valeur sûre. Pour l’orateur, Sans-souci a été pour le théâtre congolais un baobab, un monument, un génie. « Il reste un digne fils de la RD Congo. Il a honoré le pays en donnant le meilleur de lui-même... Il a formé toute une génération d’artistes comédiens... », a soutenu Maj Kisimba. Autrement appelé le Maréchal du théâtre congolais, en dehors de la scène, il s’est illustré en metteur en scène, en encadreur de jeunes talents.

Un plaidoyer pour le statut d’artiste...

Profitant de cette scène, Masumu Debrindet, Président de la corporation des artistes comédiens a prononcé un plaidoyer à l’intention des autorités à la fin du spectacle donné par Sans-souci. D’entrée de jeu, Masumu a vanté les mérités artistiques de «  Sans-Souci ».

Dans ces différents spectacles, l’artiste a conscientisé la population sur les valeurs positives sur fond d’humour. Il a consacré une grande partie de sa vie artistique à la transformation de sa société, a constaté Masumu.

En conclusion il a fait avoir l’assistance que le plus souvent le moralisateur en RD Congo n’a pas l’espoir de vivre dignement. Ils sont confrontés au manque de sécurité sociale, au problème de survie de leur famille et de leur groupe. Masumu a tenu à évoquer cette note triste face à l’héritage que l’artiste Sans-Souci a laissé à la société congolaise, sa petite famille et à sa troupe de théâtre. Masumu Debrindet a fustigé le manque d’une politique culturelle adéquate poussant les plus souvent les artistes comédiens particulièrement à la mendicité. Dans le lot de préoccupations des artistes, il a été soulevé l’inefficacité d’une société de droit d’auteur pouvant rassurer le lendemain des artistes. Il a profité de cette scène pour lancer un s.o.s vibrant aux autorités congolaises de la place. Il attend des législateurs l’étude d’une loi sur le statut de l’artiste.

C’est sur cette note que Masumu a relayé les préoccupations qui dérangent derrière Ies rideaux l’âme de l’illustre disparu. Passant sur la scène, la fille de l’artiste a retenu de son géniteur Mathieu Matondo Mateya, un bon père de famille, attentif et affectueux à leur égard. « Aucun mal ne saura effacer notre chagrin... », a lâché en pleurs la fille de l’artiste. Bref, feu Sans­-Souci vient d’alourdir la liste des artistes qui ont marqué positivement la société congolaise.

On se ne peut manquer de se souvenir que lors de la mort de  son beau-frère, l’artiste-musicien Madilu, Mathieu Matondo Mateya avait dit «  Beau frère okeyi. Nakuwumela te. Nakolanda yo... Ndenge Madilu akufi eza neti mur ya Jericho ekweyi », (ndlr Beau-frère, comme tu viens de nous quitter, je ne compterai plus beaucoup de jours sur terre, je pense que je vais bientôt te suivre dans l’au-delà... La mort de Madilu, c’est comme l’écroulement du mur de Jericho ».

On ne peut que s’interdire de faire des commentaires sur cette prédication. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

(Milor/BT/PKF)

Saint Hervé M’Buy/Uhuru



Last edited: 17/07/2009 11:24:11

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