Moins de 6% de la population congolaise goûtent actuellement aux délices de l’électricité. Toutes les conditions étant réunies pour que cette desserte ne donne pas toute la satisfaction voulue, aucun coin de la capitale congolaise n’est épargné par ce mal.
Mal gouvernance, interférences politiciennes et agitations, absence d’une politique de recouvrement sont autant des maux qui rongent l’opérateur public de l’électricité. Les conséquences ne se font pas attendre. Des poches noires partout. Moins de 6% de la population congolaise goûtent actuellement aux délices de l’électricité. Toutes les conditions étant réunies pour que cette desserte ne donne pas toute la satisfaction voulue.
Le diagnostic posé démontre que la Société nationale d’électricité est minée par trois fléaux majeurs. D’abord une mal gouvernance endémique datant de plusieurs décennies. En toute honnêteté, personne ne fait porter la responsabilité au comité de gestion actuel. Toutefois, il est clairement établi que les gestionnaires actuels se sont mis dans des conditions ne permettant pas l’émergence des intérêts de la société étatique en transformation.
Plutôt que de la remettre à niveau, la gestion actuelle de la Snel brille par une volonté subtile de ne point faire avancer les choses. Pour illustrer ces propos, il est fait état de la multiplication exponentielle des poches noires. A long terme, malgré l’existence d’un plan de sauvegarde datant de la gestion Vika Di Phanzu, des glissements sont régulièrement constatés au point qu’une nouvelle programmation et identification des maux sur les plans technique, financier et administratif ont rendu obsolètes ledit plan.
Comme si ces défis n’étaient pas leurs préoccupations majeures, les gestionnaires de la période de transition à la Snel se complaisent à se livrer au sabotage des actions des uns contre celles des autres. En effet, un accord conclu dernièrement au bénéfice du barrage de Zongo avec une firme bien implantée dans le Bas-Congo et le Katanga pose problème, suivant un schéma classique à la Snel.
Des dénonciations sont faites, souvent sans fondement aucun, mais simplement parce que le gestionnaire lésé recherche à trouver son compte. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, même s’il faut recourir à l’agitation. Ainsi, il avait été constaté qu’une correspondance existe allant dans le sens de stopper l’élan pris dans la réhabilitation du barrage de Zongo. Ce qui a comme conséquence immédiate la réduction de la capacité de la Snel à offrir une électricité de qualité aux usagers. En même temps, les recettes, elles aussi, connaissent des baisses qui fragilisent les finances de l’entreprise.
Plutôt que de se concentrer sur les voies et moyens de sortir de l’ornière, les gestionnaires de la Snel ne proposent pas une alternative appropriée pour le renforcement du recouvrement. La stratégie du prépaiement étant considérée comme « difficilement faisable dans le contexte congolais actuel ». Ces trois maux mis ensemble, il se constate que les deux premiers relèvent d’une volonté politique. Le dernier portant sur le recouvrement aurait le mérite de doter l’entreprise des moyens pour se consacrer à l’amélioration de ses services.
A Matete, par exemple des quartiers sont sans électricité depuis plus de deux mois. A Kingabwa/Uzam et quartier Ndanu, les enfants nés il y a moins de sept mois ne connaissent pas l’électricité. Aucun coin de la capitale congolaise n’est épargné par ce mal. Il est temps d’agir. Kinshasa plonge dans l’obscurité.
(GM/PKF)
B-B.M/Le Potentiel