La délocalisation de certains arrêts et parkings déroutent plus d’un Kinois. D’aucuns s’interrogent sur le changement apporté par cette démarche.
Un Kinois qui a quitté la capitale depuis deux ans et qui vivait dans la commune de Lemba, par exemple, ne saura plus où prendre son taxi à partir de Victoire pour atteindre son domicile, s’il revient aujourd’hui. Il en est de même de celui qui partait de Kingasani, via le rond-point Ngaba, pour atteindre l’Université de Kinshasa.
« Nous ne savons plus où parquer nos véhicules, les arrêts ne font que changer du jour au jour. Avant, tous les taxis qui allaient vers le boulevard du 30 juin, au centre-ville, parquaient à la station-service ou en face d’elle. Un matin, le parking a été déplacé vers l’avenue Djabir, dans la commune de Kasa-Vubu. En même temps, il y a d’autres bus qui parquent de l’autre côté de Matonge. Parfois, nous sommes embarrassés », s’exclame Patou Mwanda, chauffeur.
De l’autre côté, les taxis allant vers le marché Bayaka et l’avenue Elengesa (commune de Ngiri-Ngiri) ont désormais leur parking sur l’avenue Ikelemba, dans la commune de Kasa-Vubu. « L’emplacement des parkings sur les avenues ne nous permet pas de faire des manoeuvres. Les avenues sont trop étroites pour contenir toutes les voitures. En plus, nous craignons de casser les murs ou de cogner les passants », déclare Hervé Mananga, chauffeur desservant le trajet Lemba-Victoire.
Dans les communes de Kalamu et Kasa-Vubu, par exemple, plusieurs avenues sont transformées en arrêts ou parkings. « Nos enfants ne peuvent plus jouer dans la rue, nous avons peur qu’un véhicule les renverse. Il y a maintenant beaucoup de bruits et de gens depuis que les taxis parquent devant nos parcelles. Nous sommes étouffés et les portes de nos parcelles sont devenues très sales », fulmine de colère Miriam K., résidant dans la commune de Kasa Vubu.
Vue l’étroitesse des avenues, les chauffeurs sont obligés d’aligner leurs véhicules en file et d’attendre l’embarquement des passagers l’un après l’autre. « Les agents de la Police de circulation routière (PCR) profitent de cette situation pour inventer des infractions afin de soutirer un peu d’argent aux chauffeurs », ajoute un autre conducteur trouvé sur le lieu.
Plus des problèmes que des solutions
La délocalisation des arrêts et parkings n’épargne aucune commune de Kinshasa. Partout, les plaintes sont presque les mêmes de la part des conducteurs. Pour plus d’un chauffeur, la délocalisation des parkings crée plus des problèmes qu’elle n’apporte des solutions. « Sur le pont Matete, l’arrêt qui se trouvait au niveau du bureau de la Police a été avancé, semble-t-il, pour des raisons de sécurité, à près de 200 m allant vers le centre-ville. Aujourd’hui, il crée plus d’embouteillages qu’hier. Quelle solution a-t-on apporté ? s’interroge John Kapita, chauffeur d’un taxi-bus qui dessert la ligne N’Djili-Gambela.
La population elle, est souvent désorientée avec ce changement brusque et répété des arrêts. « Actuellement, nous ne retrouvons pas facilement les arrêts de bus. Tantôt, c’est ici ou de l’autre côté, et puis nous descendons trop loin. Il faut encore effectuer un long parcours à pied pour atteindre l’autre arrêt, s’écrie un piéton.
A la PCR, on explique que ces dispositions ont été prises pour éviter des accidents et des embouteillages dus au mauvais stationnement des véhicules. Le but poursuivi était de permettre la libre circulation des personnes et des véhicules.
(TH/GM/PKF)
Christelle Luzamba/Journal du Citoyen