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Leurs oeuvres continuent d’être piratées au petit bonheur par des pseudos pro­ducteurs qui se servent d’eux comme des vaches laitières. Pour de petits montants, la plu­part ont aliéné leur carrière en convolant avec des producteurs qui les ont roulé dans la farine.

Les obsèques organisées en mémoire du comédien Matondo Mateya alias Sans­-souci n’auront peut-être jamais leur pareil dans l’histoire artistique du pays. L’homme est resté égal à lui-­même jusqu’à conserver, même outre-tombe, un succès qu’il aura trimballé toute sa vie, estampillé tel un tatouage sur la peau.

Au-delà de l’effervescence ayant caractérisé ce deuil, Il y a lieu que la corporation des artistes comédiens puisse s’atteler à une réelle introspection afin de recadrer les choses dans leur secteur.


Le décès de Sans Souci devrait constituer une interpellation pour que les uns et les autres intério­risent le sens du théâtre qui doit cessé d’être le domaine des laissés pour compte pour emprun­ter la voie du professionnalisme.

S’étant forgé une image peu ho­norable en reflet à la limitation de ses faiseurs dont la plupart sort entrés par effraction dans le milieu sans passer par une école spécialisée, le théâtre po­pulaire est longtemps demeuré l’apanage des comédiens à l’es­prit tordu.

Depuis Andele Maboke. Mangobo, Lokuli et tant d’autres, ce théâtre-encore que l’attribut ne lui sied pas si l’on doit se conformer à la défi­nition classique, ne cesse de patauger dans les méandres de la trivialité.

Il a fallu qu’une nouvelle génération des acteurs for­més à cette fin puisse émerger pour que ce théâtre prenne forme et évolue suivant des pré­ceptes de l’art. Les Elombe Sukari, Rock Bokabela, Kaleb et tant d’autres ont impulse une dynamique nouvelle en rendant le jeu plaisant tout en veillant sur la mise en scène et le scénario avec un intérêt accru pour les prises de vue.

L’effort d’innover, de tirer ce théâtre des allées de la médiocrité est manifeste et perceptible. Reste que certains comédiens continuent à faire irruption dans l’univers théâtral en y allant à coup d’improvisation sur fond des tableaux sarcasti­ques aux confins de la bouffon­nerie.

Viser l’excellence

Feu Sans-souci faisait partie de cette catégorie d’artistes comé­diens perfectionnistes qui te­naient à la beauté du jeu et au respect des normes théâtrales. Son théâtre exploitait des thèmes de proximité au travers des­quels le Kinois se retrouvait. Sa mort devrait donner matière à réflexion surtout pour des ac­teurs qui se complaisent dans des jeux décousus sans morale et pour qui le théâtre n’a d’ob­jectif que le rire.

L’association corporative des acteurs du théâ­tre que pilote le comédien Masumu Debrindet, est donc astreinte à initier des séminaires ateliers et autres rencontres pour réfléchir en profondeur sur la manière de dépouiller l’art théâ­tral des déchets techniques tant dans la réalisation que dans la mise en scène.

Sans Souci aura eu droit à des funérailles dignes pour avoir aimé son travail et de s’être ouvert  la critique. Combien, sont-ils, des comédiens populaires à même de rééditer un tel exploit en ter­mes d’affluence après leur dé­cès ? That’s the question.

En lieu et place dune production de qua­lité capable de créer l’audimat, les artistes comédiens versent plutôt dans la polémique sur fond d’appétence déclarée pour le matériel, incapables de lutter pour leurs droits.

 Leurs oeuvres continuent d’être piratées au petit bonheur par des pseudos pro­ducteurs qui se servent d’eux comme des vaches laitières. Pour de petits montants, la plu­part ont aliéné leur carrière en convolant avec des producteurs qui les ont roulé dans la farine en exploitant leur talent.

Entre­-temps, la marge de manœuvre leur concédée par des chaînes de télévision où leurs oeuvres sont diffusées à profusion, sans contrepartie, ne leur permet pas de router les deux bouts.

La notoriété qu’ils acquièrent facilement est sans commune mesure avec la rétribution attendue de la part des partenaires pas toujours honnêtes. Moralité : l’art s’est vu sacrifié sur l’autel des intérêts commerciaux à travers des publicités clandestines muées en une aubaine pour des artistes vivant de la sollicitude et de l’aumône.

A un moment ou le théâtre ivoirien bat le plein en quadrillant la quasi-totalité des chaînes locales, les artistes RD­-congolais devraient être poussés par une révolte intérieure pour imaginer des stratégies capables de contrer la percée de Michel Gohou et de ses compères. Un effort d’excellence est donc at­tendu de la part de la corpora­tion des artistes comédiens.

(Milor/BT/PKF)

Andema/AfricaNwes



Last edited: 16/07/2009 09:43:10

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