deplaces de guerreEnviron 7.275 Congolais ont été refoulés du 12 mai au 6 juillet 2009 d’Angola dans des conditions inhumaines. Ce qui doit amener le gouvernement congolais à chercher davantage des moyens pour la prise en charge de ses citoyens, et pourquoi pas appliquer le principe de la réciprocité vis-à-vis de l’Angola.

L’expulsion brutale d’environ 7.275 Congolais d’Angola du 12 mai au 6 juillet 2009 continue à alimenter les conversations en République démocratique du Congo.

M. Jules Mupenda, chef de poste de la direction générale de Migration à Tembo a, après un entretien avec Caritas-Développement Congo, précisé qu’il s’agit de 5.419 hommes, 1.222 femmes, 322 petits garçons et 312 fillettes qui sont rentrés au pays par le poste de Kahungula, à 90 kilomètres de Tembo dans la province de Bandundu.

Ces refoulés viennent de la région de Lunda Norte, plus particulièrement de la ville de Kamfufu. Ils ont été victimes, selon des témoignages concordants, de graves sévices imputés aux forces de l’ordre angolaises. Ils ont également été exposés aux risques de contagion avec le Vih/Sida et autres infections sexuellement transmissibles.

Il est rapporté que les Angolais ont imposé aux femmes refoulées des fouilles intimes consistant à introduire dans leur sexe un seul gant réutilisé plusieurs fois, faisant fi de règles fondamentales d’hygiène. Pire encore, le même gant est aussi utilisé pour explorer les fillettes, avec tout risque de contamination à grande échelle.

Réciprocité

Pendant qu’en Angola les Congolais sont expulsés en violation flagrante des droits humains, au Congo démocratique, les réfugiés angolais sont enregistrés dans la quiétude et dignité pour un rapatriement normal et honorable. Ce qui va à contre courant du principe de la réciprocité régissant les relations internationales contemporaines.

C’est ainsi qu’en vertu de ce principe, le gouvernement de la RDC devrait exprimer le blâme et son mécontentement, par le biais du ministère des Affaires étrangères, en rappelant en consultation l’ambassadeur congolais accrédité en Angola. Une pratique prévue par la Convention de Vienne de 1961 sur les Relations diplomatiques.

Et dans le pire des cas, si la partie angolaise ne parvenait pas à s’amender, la RD Congo pourrait saisir d’autres instances internationales généralement impliquées dans ce type de situations.

Prise en Charge

En attendant la fin des expulsions de ses citoyens, le gouvernement congolais est appelé à soutenir davantage la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) afin de mieux organiser l’accueil et la réintégration des refoulés congolais sur le territoire national. Car dans le cas d’espèce, on déplore la non prise en charge médicale des personnes refoulées à leur arrivée à Kahungula (Tembo).

Dans cette perspective, il est plus qu’urgent pour le moment que le gouvernement trouve des occupations à ces filles et fils du pays en difficultés. Il devrait parallèlement engager un dialogue franc avec la partie angolaise afin de régler définitivement les problèmes liés aux flux migratoires et d’éviter ces scènes horribles à répétitions.

Au bout du compte, étant donné que la République démocratique du Congo et l’Angola partagent 2600 kilomètres de frontières naturelles, ils sont condamnés, de par la géographie, de se respecter mutuellement et de développer d’excellentes relations diplomatiques afin de réussir la complémentarité des économies et de relever les grands défis liés aux aléas de la mondialisation.

(DN/Milor/GW/Yes)

Le Potentiel