Alors que la base les réclame à l’intérieur du pays, certains députés se la coulent douce dans la capitale et continuent à s’occuper des dossiers comme s’ils étaient encore en session.
Ils sont officiellement en vacances depuis le 15 juin dernier, mais ils sont toujours à Kinshasa. « Ils », ce sont les honorables députés nationaux. Ceux qui les croisent au palais du Peuple ou dans les rues de la capitale se demandent quand ces représentants du peuple se rendront dans leurs fiefs électoraux respectifs.
La question est d’autant plus opportune que le règlement intérieur de l’assemblée national impose au député national de passer au moins un mois dans son fief électoral pendant les vacances parlementaires et de ramener un rapport y afférent sur les différents aspects de la vie de sa contrée.
Les députés qui continuent à sillonner les rues de Kinshasa et d’arpenter les couloirs du palais du peuple sont-ils tous élus de la capitale, se demande-t-on. Renseignements pris, il appert qu’il n’en est rien. Certains continuent même à s’acquitter de leurs tâches comme si les vacances n’avaient jamais commencé, comme s’ils étaient en session.
Ceux à qui la question a été posée répondent qu’il n’y a pas encore péril en la demeure et qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure. Au jour d’aujourd’hui, les députés disposent d’une certaine marge de manœuvre, puisque la rentrée parlementaire n’est prévue que le 15 septembre 2009. Ils ont donc la moitié du mois de juillet, tout le mois d’août ainsi qu’une bonne moitié du mois de septembre devant eux et peuvent se rendre à tout moment dans leurs circonscriptions électorales.
Quant aux travaux effectués actuellement, les députés épinglés se justifient en disant que le député est un homme d’Etat au service du peuple et n’est presque jamais en congé, puis qu’il travaille à tout moment « pour le bien de ses électeurs ».
Ne pas faire comme ceux de la transition
On doit néanmoins reconnaître que certains députés nationaux ont bel et bien fait le déplacement de leurs fiefs électoraux, question de recueillir les doléances de la base et par conséquent de garder le contact avec les électeurs. Eux ont compris les enjeux et le bénéfice à tirer des vacances parlementaires. Ceux-là ont en point de mire les élections de 2011. Celles-là seront autrement plus difficiles, prédisent les observateurs politiques. Gare à ceux qui vont se complaire dans l’indolence. Ils seront désagréablement surpris.
On rappelle à ce sujet que le manque de contact avec leurs bases respectives a été fatal pour les députés de la transition. Sur les 500 membres du parlement de 2003 à 2006, seule une quarantaine a pu se faire élire en 2006 et siègent actuellement à l’assemblée nationale.
On se souvient que durant trois ans, les députés avaient enchaîné sessions ordinaires sur sessions extraordinaires, au point que personne ne les voyait sur le terrain. Au moment des élections, ils ont été sévèrement sanctionnés, la population ne les ayant pratiquement pas vus au courant de leur mandat. C’est ce qui risque d’arriver aux députés élus de la première législature de la troisième république.
On note que même les députés de Kinshasa sont plongés dans un profond sommeil. Eux qui sont pourtant chez eux, siège de l’institution, sont invisibles sur le terrain. Certains d’entre eux n’ont jamais tenu le moindre meeting dans leurs circonscriptions électorales, au point que la population doute qu’ils ont été effectivement élus.
Ceux qui sont proches de la population mènent tout de même quelques actions concrètes avec leurs faibles moyens, mais surtout n’hésitent pas à venir en aide à des personnes en difficulté qui font appel à eux. Ceux-là, n’ont pas perdu la main.
(TN/GW/Yes)
Ntombo Lukuti/La Référence Plus