Après avoir dirigé le parti pendant plusieurs années et surtout après sa démission du gouvernement pour raison d’âge, la logique veut que Gizenga laisse aussi les affaires du parti aux mains d’une autre génération.
Le microcosme politique congolais connaît des moments que l’on peut qualifier de " trouble ", qui sont des préludes à ce que seront les prochaines échéances en République démocratique du Congo. Déjà, on constate que plusieurs partis politiques sont visités ces derniers temps par le démon de la division, même si certains estiment qu’il y a des tireurs de ficelles en dehors de ces plates-formes politiques. A l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) par exemple, parti cher à Etienne Tshisekedi wa Mulumba, la division a élu domicile dans la mesure où le camp de Righini, en tête M. Belchika, dit avoir le soutien du sphinx de Limete.
L’autre aile qui était, elle, à Bruxelles où séjourne Etienne Tshisekedi pour raison des soins médicaux, déclare le contraire en disant que c’est plutôt eux qui ont la confiance du leader, et pour preuve, le dernier congrès organisé en violation des textes du parti a été annulé.
Gizenga a vieilli !
Des sources sûres, nous apprenons que Mme Thérèse Pakassa, celle qui a implanté le parti dans les moments forts de la dictature mobutienne, a été intronisée Secrétaire général du parti Lumbumbiste unifié (PALU). C’était le week-end dernier en sa résidence de Matete. Pour justifier leur coup, les membres du Comité exécutif national de crise pensent que Antoine Gizenga a fait son temps. " Après avoir dirigé le parti durant plusieurs années, et surtout après sa démission du gouvernement pour raison d’âge, la logique veut qu’il laisse aussi les affaires du parti aux mains d’une autre génération, à l’instar du mythique ancien président Sud-africain, Nelson Mandela qui s’est démarqué dans la gestion quotidienne de l’ANC ", indiquent-ils.
Le Palu tient au respect des textes
M. Joseph Dovel Pango, Secrétaire exécutif permanent du Palu, a indiqué au journal l’Avenir qu’il ne trouve pas d’explications face à cette situation créée par Thérèse Pakassa. " Nous avons organisé 18 meeting dans les quatre districts de la ville province de Kinshasa pour montrer à notre base que ce qui se raconte ne cadre pas avec la réalité. Et à ce jour, tous les organes du parti sont en place et aucune province ne s’est détachée du PALU ", explique t-il, avant de dire qu’il n’existe aucune confusion à ce sujet.
Parlant de la démission du patriarche Antoine Gizenga, il a expliqué que les statuts de son parti sont clairs là-dessus et tout est consigné dans les documents écrits. Et pour lui, le congrès est une activité normale prévue dans les statuts et ce sont les textes qui prévoient quand et comment le congrès peut s’organiser. En plus, le PALU comme Antoine Gizenga, a une histoire connue de tout le monde et a même été honoré par toute une nation. Pour sa part, M. Remy Mayele, secrétaire permanent a été très direct. " Thérèse Pakassa a été exclue du parti lumumbiste unifié (PALU), et elle n’est qu’une trouble-fête. Ses manœuvres ne vont pas aboutir, car le parti fonctionne normalement ", indique t-il, avant d’ajouter que si ces gens veulent avoir de l’emploi, ils n’ont qu’à se débrouiller autrement.
Gizenga candidat aux élections de 2011 ?
Avec plus de 80 ans, certains membres du PALU croient toujours qu’en 2011, Gizenga peut créer la surprise et devenir président de la République démocratique du Congo. Sont-ils naïfs ou pas ? D’ailleurs, lorsqu’on jette un coup d’œil sur l’âge réel du patriarche, sera-t-il à même de se mesurer à la jeunesse, lui qui avait démissionné à son poste de premier ministre parce que sa santé ne répondait plus ? Est-ce pour dire que le vieux n’a pas très bien préparé la succession ?
Et si tel est le cas, il est important que la base et les cadres de ce parti se réunissent afin de trouver une solution durable. Certes, les ambitions ne manquent jamais, mais il est donné aux hommes des capacités pour gérer et canaliser les ambitions dans l’intérêt général du parti.
Le PALU à la primature
Les questions qui sont soulevées tant par certains révolutionnaires du PALU que par l’opinion publique, ne sont-elles pas les signes indicateurs d’un échec de l’action menée par l’actuel premier ministre ?
En effet, de l’avis d’une majorité de députés qui ont même cogité une motion de défiance à son encontre, et qui attendent de pied ferme la venue de la session de septembre, l’actuel gouvernement n’aide pas effectivement le chef de l’Etat à réaliser avec succès le programme qu’il s’est fixé. Un programme connu sous le vocable de " cinq chantiers " de la République.
A ce jour, sur tous les 5 volets, il n’y a que le volet Education qui essaye de se tirer d’affaire, surtout avec la publication des résultats des examens d’Etat intervenue après quelques semaines seulement. On ne peut ne pas citer plusieurs dons de cartables et manuels scolaires offerts par la présidence de la République, pour permettre à tous ces enfants de pouvoir étudier dans de très bonnes conditions.
A Kinshasa, voire même à l’intérieur de la Rdc, le volet infrastructure peine à bien fonctionner, pourtant il constitue la base même de tout développement durable. Au lieu que les travaux évoluent à la satisfaction de la population, l’opinion assiste à des chantiers arrêtés et où les entrepreneurs ont soit disparus dans la nature, soit circulent calmement à Kinshasa, sans qu’ils ne soient inquiétés. C’est comme si l’immobilisme dont on a tant accusé le patriarche, est entrain de refaire surface, à l’étonnement de tout le monde. N’est-ce pas le moment pour changer les choses, avant que la situation devienne non gérable ?
Le remaniement attendu par tout le monde et dont, seul, président de la République détient le secret, est de nature à calmer la population qui attend toujours que les cinq chantiers se réalisent pour le bénéfice de tout le monde.
En plus de ce fait, l’opinion doit aussi savoir que si les cinq chantiers ne réussissent pas jusqu’à aujourd’hui, c’est qu’il y a une certaine trahison au niveau même du gouvernement congolais. Au sein de celui-ci, certains ministres iraient jusque à dire que les cinq chantiers, c’est une affaire du ministre Pierre Lumbi et du Chef de l’Eta Joseph Kabila. Ce qui n’est pas du tout exact dans la mesure où la République démocratique du Congo n’est pas le premier pays en Afrique à avoir signé avec les Chinois. Pourquoi en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon les chantiers ont très bien évolués ? Pourquoi alors ils ne réussiraient-ils pas à Kinshasa, pendant que la logique est presque la même partout ?
Comme le disait l’ancien président Bush au sujet de certains Etats voyous, " Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous ". Ceci peut se traduire par le fait que ceux qui ne sont pas avec Kabila autour des cinq chantiers qui constituent le seul espoir pour le peuple congolais, sont contre lui. Et il ne doit pas composer avec ceux qui sont contre lui, au risque de sacrifier l’avenir de toute une nation.
(TN/Milor/GW/Yes)
L’Avenir