Implanté dans la commune de Masina, le marché de la Liberté, deuxième marché urbain de Kinshasa en importance, garde toujours sa robe propre depuis son ouverture en 2003. « Nous avons toute une équipe d’entretien qui s’occupe chaque jour de la salubrité », affirme François Iyanza, l’administrateur adjoint dudit marché.

Selon William Gabia, coordonnateur adjoint chargé d’assainissement et salubrité, ses services disposent des moyens humains et financiers suffisants. Bien plus, les actions de sensibilisation sont menées pour faire comprendre aux vendeurs, visiteurs et acheteurs la nécessité d’entretenir leurs milieux, assure William Gabia.

Au total, soixante journaliers répartis en plusieurs équipes s’occupent du balayage, de l’évacuation des immondices (ramassage des sachets) et du curage des caniveaux. Les poubelles sont placées dans tous les coins des pavillons du marché pour permettre aux vendeurs et autres personnes de jeter les déchets.

En dépit de toutes ces dispositions, quelques personnes n’ont pas encore compris cet leçon de propreté. Ce marché ouvre, chaque jeudi à 9 heures après les travaux collectifs baptisés « jeudi Salongo ». Les vendeurs déboursent 100 francs congolais pour l’assainissement du marché.

« Nous payons, chaque lundi, mercredi et samedi, une somme de 100 francs congolais par table pour encourager les agents de salubrité », explique un vendeur d’habits qui a requis l’anonymat.

En face du marché de la Liberté, de l’autre côté du boulevard Lumumba, se dresse N’Djili, commune qui a donné son nom à l’aéroport international de la capitale. Ici, les marchandises sont étalées à même le sol et couvertes de poussière. Des sachets et des morceaux de tissus enfoncés dans le sol gisent çà et là. Les feuilles de chikwange traînent par terre. Les passants marchent dans la boue. Cette situation est vécue au marché Mangobo située au quartier 2.

Râteau à la main, chapeau sur la tête, habillé en tenue de travail, André Mukwita, agent temporaire, envoyé par l’Hôtel de ville, s’occupe de la salubrité dans ce marché. « C’est une grande tâche à ne pas négliger, mais nous manquons des outils de travail: bêche, brosse, houe, râteau, etc », déplore-t-il. « Pour travailler, nous louons les outils et le marché n’a pas de poubelles », poursuit-il.

« L’Hôtel de ville doit nous envoyer un véhicule pour évacuer les ordures », implore l’administrateur délégué du marché. Selon lui, l’ONG JIKA qui s’occupait de l’évacuation des immondices ne le fait plus.

Même situation à Kingasani dans la commune de Kimbanseke où les habitants préfèrent jeter les déchets dans la rue. « Nous déplorons le comportement incivique de certains de nos compatriotes qui ne trouvent pas mieux que de jeter de la saleté sur la voie publique », regrette Bambela Salekanda, agent communal et administrateur du marché Kabila. « Néanmoins, admet-il, toutes les immondices sont jetées dans la rivière Tshwenge grâce aux véhicules de l’Hôtel de ville ».

(Milor/GM/PKF)

Irene Thonino/Jdc/La République