Bien qu’à Kinshasa les bouquinistes exercent leur métier depuis l’époque coloniale, cette activité a pris beaucoup d’ampleur suite à la crise multiforme qui secoue le pays. Le chômage qui s’est développé après les pillages de triste mémoire a amené certains kinois dans la débrouille pour se tirer d’affaire. Ainsi, les bouquinistes ou vendeurs des livres d’occasion, on les retrouve un peu partout dans le centre ville, particulièrement à des endroits très fréquentés. Ils proposent une variété d’ouvrages qui couvrent diverses disciplines scientifiques. Souvent, on trouve chez eux des livres qu’on ne trouve plus dans les librairies.

En effet, lorsque vous sillonnez tous les librairies de la ville à la recherche d’un ouvrage, un seul endroit est sûr, vous le trouverez chez les bouquinistes. Etudiants, professeurs, politiciens, bureaucrates, députés effectuent leurs achats auprès d’eux. Pourquoi préfèrent-ils la vente en plein air au lieu d’un local approprié, où s’approvisionnent-ils, ce métier nourrit-il son homme, quelles sont les difficultés auxquelles ils sont confrontés ? Pour répondre à toutes ces questions Digitalcongo.net a entrepris une petite investigation auprès d’eux.

A la question de savoir pourquoi n’est vous pas intéressé à vous installer dans une librairie pour la vente des vos livres, nombreux ont répondu que c’est par manque de moyens. Un local suscite de frais de loyer, d’électricité etc. Que le revenu tiré de la vente des livres d’occasion ne peut couvrir. D’autres, par contre, préfèrent vendre de cette manière, car c’est plus facile de persuader les clients qui finissent par acheter.

S’agissant d’approvisionnement, il nous a été indiqué que parfois ce sont les clients eux-mêmes qui amènent des vieux ouvrages qu’ils possèdent à la maison ne sachant quoi faire ils viennent les proposer pour l’achat. Ils arrivent aussi que les parents lorsque l’enfant passe d’une classe à une autre, ils viennent faire la compensation avec des livres de classe supérieure afin de permettre aux enfants de s’en procurer, où encore ils vendent pour aller acheter ailleurs. Beaucoup de gens, ont indiqué quelques bouquinistes, leur amènent des livres divers et dans tous les domaines.

Par besoin d’argent, les uns vendent leurs bouquins pour faire face à certaines difficultés de la vie. D’autres personnes vendent des livres romans ou des magazines qu’ils ont déjà lus et qui ne présentent plus un quelconque intérêt pour eux. C’est aussi une façon pour eux de s’en débarrasser en essayant d’en tirer profit. Certains compatriotes qui vivent en Europe viennent également avec leurs bouquins  qu’ils revendent à un prix dérisoire.

Bon nombre de vendeurs des livres d’occasion ont hérité ce métier de leurs parents ou membres de famille. Beaucoup de bouquinistes ont laissé entendre qu’ils se sont mariés et même payés les études de leurs enfants grâce à ce métier.

Cependant les choses ne sont pas faciles pour eux, ont –ils reconnu. Ils doivent souvent faire face à des difficultés, par exemple, la pluie qui les empêchent de vendre ou abîme les ouvrages. C’est un calvaire étant donné qu’ils étalent leurs ouvrages par terre. Lorsqu’il pleut, ils ne savent pas à quel saint se vouer. Il y a également les tracasseries policières.

C’est suite à ces tracasseries que les bouquinistes sollicitent une place appropriée pour l’exposition de leurs marchandises comme c’est le cas avec les autres artistes tels que le marché des arts qui se trouve à la gare centrale. Ceci aura l’avantage de permettre à toute personne qui veut acheter un livre d’occasion d’aller à une adresse connue, à un endroit fixe. Cette manière de procéder aidera également l’Etat à recenser les bouquinistes et à bien les encadrer.

(TN/GW/Yes)

Gisèle Mbuyi/MMC