Trois ministres du Gouvernement central ont effectué le déplacement de la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, pour procéder au lancement officiel du Programme intégré de réhabilitation de l'agriculture, Piram.
C'était le vendredi 03 juillet dernier dans la salle polyvalente de COLFADHEMA.
Le PIRAM, d'une hauteur de 33.200.000 Usd, est co-financé par le Fond international de développement en Afrique (FIDA) et l'organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le FIDA a disponibilisé 23.000.000 Usd et l'OPEP 10.200.000 Usd.
Ce programme a comme zone de matérialisation la province du Maniema (Kasongo, Kabambare, Kibombo et Pangi).
Avec comme cible, la population rurale du Maniema estimée à 150.000 ménages et deux objectifs : contribuer à réduire la pauvreté et l'insécurité alimentaire, et améliorer les conditions de vie de la population du Maniema.
Trois grands axes constituent les composantes du projet : la réhabilitation de la route nationale n°31 Kasongo-Kindu-Lubutu, le renforcement des capacités des comités routiers, le renforcement des structures communautaires de gestion des infrastructures, le renforcement des capacités de l'Office des routes, le renforcement des capacités des élus locaux, chefs locaux sur l'entretien et la maintenance des infrastructures et routes.
Actions prioritaires
La relance de l'agriculture et pêche s'en tire avec environ 13.000.000 Usd pour la structuration et le renforcement des producteurs, la distribution des semences améliorées et de matériels agricoles. Il faut y intégrer également le financement des micro-projets.
Outre l'agriculture et pêche, il faut aussi considérer l'accès aux services sociaux de base avec environ 6.000.000 Usd afin d'impliquer la population dans l'identification des projets et sites d'implantation des infrastructures et de renforcer les capacités des bénéficiaires pour une prise en charge de ces infrastructures.
La coordination du programme sera basée à Kindu sous la direction d'une équipe à constituer sur base d'un appel d'offre national à Kinshasa et à Kindu. Cette équipe sera chargée de coordonner le programme ainsi que les concertations avec d'autres projets, avec l'administration locale et la société civile. L'occasion pour le chef de l'exécutif provincial du Maniema de remercier le président Joseph Kabila pour avoir permis à son entité d'accéder à un financement de cette envergure.
Le ministre des Finances Athanase Matenda Kyelu n'a pas été oublié dans le speech de l'autorité provinciale qui a témoigné sa reconnaissance pour sa contribution dans la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation du programme. Désormais, indique-t-on, c'est aux Maniemiens de prendre en mains le décollage effectif de leur province. Les trois ministres de l'Exécutif national ont, séance tenante, invité les députés provinciaux à prêter main forte au Gouvernement provincial en vue d'atteindre les objectifs du programme.
Grande personnalité politique du Maniema où il avait d'ailleurs été élu à la députation nationale, Athanase Matenda a d'abord tenu à rappeler que la province du Maniema, jadis pourvoyeuse, non seulement de matières premières, mais aussi et surtout de produits agricoles, a traversé de durs moments, du fait de conflits et différents marasmes économiques qui ont fini par destructurer son tissu socio-économique, la privant ainsi de perspectives d'un développement harmonieux et durable.
" Cette situation a engendré différents stigmates dans la province, causant destruction du tissu économique, dispersion des familles, recrudescence des maladies autrefois éradiquées de ce pays, analphabétisme accentué, mais surtout cycles autoentretenus de violences, et j'en passe ", explique Athanase Matenda. Avant de souligner : " Il a fallu attendre l'avènement à la magistrature suprême de Joseph Kabila pour voir s'engager un début de volonté de poser les bases d'un décollage pour le pays.
Son action n'a pas seulement consisté à pacifier le pays, mais plus encore à renouer le pays avec la communauté des bailleurs de fonds qui ne cessent d'accorder toute leur attention à la République, en appui aux programmes du Gouvernement.
Conscient du niveau de la dégradation du pays et de l'arrière pays, le président de la République a mis l'accent sur les cinq priorités centrales devant guider l'action du Gouvernement en faveur des populations congolaises, dont celles de la province du Maniema.
Les cinq chantiers constituent, vous le savez, des réponses adéquates aux problèmes de nos populations en vue de revigorer leurs énergies pour leur permettre d'amorcer le véritable développement du pays. Car, elles en restent capables ".
"Par son caractère intègre, le Piram répond parfaitement aux attentes des populations du Maniema ", précise Matenda.
Après avoir relevé les efforts du Gouvernement central pour mobiliser les ressources à affecter aux programmes et projets sectoriels en parfaite cohérence avec les priorités ciblées et le programme de développement de chaque province, le ministre des Finances a indiqué : " Le PIRAM que nous lançons aujourd'hui s'inscrit parfaitement dans cette logique. Par son caractère intégré, ce programme répond parfaitement aux attentes des populations de la province ".
Et il s'en explique en ces termes : " En effet, pour un montant de 33.200.000 Usd, ce projet comporte trois composantes qui vont, par effet de boule de neige, impulser l'agriculture dans un environnement nettement amélioré tant au plan des infrastructures qu'humain.
La première composante consacrée à la réhabilitation des infrastructures et des voies de desserte agricole constitue l'axe du projet.
Tous, nous savons que l'une des causes majeures du recul de la production agricole dans la province réside dans l'absence de routes et de voies d'évacuation qui a fini par décourager nos vaillants paysans. Sur cette composante, sera réhabilitée la route nationale n°31 reliant Kibombo, Lubutu à Kindu, sur une longueur de 592 kilomètres.
La deuxième composante, dédiée à la relance de l'agriculture et de la pêche, facilitera la reprise de la croissance de la production, au travers des semences améliorées, des alevins et des matériels agricoles.
Elle permettra aussi de renforcer les capacités des agriculteurs et des autorités locales pour une meilleure pérennisation des actions à réaliser Enfin, la troisième composante du projet, qui concerne l'accès aux services locaux de base, dont la santé et l'eau potable, est vitale pour maintenir les producteurs en bonne santé, condition sine qua non pour fournir le meilleur de soi-même ".
Une nouvelle approche d'appropriation au maniema
En expert averti, Athanase Matenda relève d'autres avantages du projet. " Si la plupart des projets exécutés jadis l'étaient à partir du niveau central à Kinshasa, ce projet aura le mérite de commencer une nouvelle approche d'appropriation.
Tout en étant placé sous le leadership du ministère de l'Agriculture, Pêche et Elevage, le PIRAM aura une coordination du projet basée sur place ici à Kindu, et travaillant en étroite collaboration avec l'autorité provinciale, les organisations de la société civile, les communautés locales de développement, les élus locaux, les administrations territoriales décentralisées. L'avantage consiste, non seulement à une gestion de proximité, mais surtout à une meilleure définition des besoins et au ciblage des actions y afférentes ".
Dans son mot, le président national du Comité national de coordination de l'Ongd CIOD Centre d'impulsion et d'encadrement des organisations du Congo), Alex Mobile Matenda, a rappelé que le CIOD avait sollicité, en décembre 2005, le financement des projets de réhabilitation de trois écoles (institut Musuku à Kalima, école primaire Nakenge à Kakutya et école primaire Tchabangwa), de l'érection de trois centres de santé à Kikungwa, Kayuyu et Kampene, de la construction de trois pharmacies communautaires à Kalima, N'kenye et Kayuyu et, enfin, l'équipement de la salle d'opération de l'hôpital de Kalima.
Mais, déplore-t-il, " juste après le décaissement par le BCECO de la première tranche de 40% du financement sollicité, soit 97.000 Usd sur 240.000 Usd prévus et ceci en 2007, soit deux ans après, les prix des intrants nécessaires à la mise en œuvre de ces projets vont être multipliés par trois ou quatre. Le sac de ciment, par exemple, initialement prévu dans le devis estimatif de nos projets financés va être multiplié par quatre ou cinq et même disparaître du marché de Kindu.
De 15 Usd, pour réaliser le projet qui se trouve devant vous, le CIOD a dû débourser 60 Usd pour acheter et acheminer un sac de ciment aux différents sites des projets. Tout ceci à cause de deux faits majeurs : l'interdiction par le Gouvernement de la République de vols des avions de type Antonov et la montée vertigineuse du prix du baril de pétrole sur le marché international. Ces deux faits ont créé des accrocs majeurs dans la mise en œuvre de ces projets ".
(CL/PKF)
Forum des As