A sa création, le Centre pénitentiaire de Kinshasa, mieux connu sous le nom de « Prison de Makala », fut construit pour 1500 personnes. Mais à ce jour, il abrite plus du triple de sa capacité d’accueil. Les conditions des détenus se sont fortement dégradées.
Prendre en charge les prisonniers malades et/ou abandonnés par leurs familles en leur apportant de la nourriture et en leur fournissant des produits d’hygiène dans leur milieu carcéral à la Prison centrale de Makala, c’est l’objectif poursuivi par Caritas-Congo dans son projet d’ « Appui aux prisonniers, malades et abandonnés de la Prison centrale de Makala aujourd’hui -Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) ».
Ce projet est exécuté depuis Septembre 2006 par la Caritas-Développement Congo avec l’appui de la Caritas-Allemagne (ou DCV) et la Caritas-Autriche (ou Caritas Linz), rapporte caritasdev.cd
Deux fois par mois, une équipe d’une dizaine des mamans bénévoles prépare chez l’une d’entre elles un repas pour 450 à 500 personnes et l’apporte à la Prison centrale de Makala, afin de nourrir des détenus, malades et/ou abandonnés par leurs familles, déjà ciblés à l’avance avec le concours des responsables du Centre Pénitentiaire et Rééducation de Kinshasa. La distribution de nourriture se déroule à la grande satisfaction des bénéficiaires toujours impatients de recevoir ces « mamans nourricières » dont seulement trois accèdent au CPRK suivant l’horaire établi pour la distribution du repas.
Le repas est souvent composé d’une quantité de riz, viande ou poulet et des haricots. Madame Rose Makelele Tsangala, la chargée de ce projet à la Caritas-Developpement Congo, a déclaré à caritasdev.cd que: « le choix du riz se justifie par le fait qu’il est facile à préparer et les haricots sont très nutritifs pour les malades ». Par contre, a-t-elle ajouté, «les autres légumes comme les feuilles de manioc ou pondu, très frisées des Kinois, exigent beaucoup d’efforts physiques et de temps pour leur préparation alors que nous courrons derrière la montre car nous sommes obligés de distribuer le repas pendant les heures de visite aux prisonniers ».
Dans le cadre du même projet, un service de counsulling est organisé à l’intention de ces détenus en vue de les réunifier avec leurs familles ou proches respectifs dont ils n’ont plus de nouvelles. Au chapitre des difficultés éprouvées dans l’exécution sur le terrain de ce projet, Madame Rose Makelele Tsangala cite le nombre toujours en hausse des prisonniers malades et abandonnés bénéficiaires alors que le projet n’avait ciblé que 300 bénéficiaires ainsi que le nombre réduit des mamans bénévoles alors que le repas doit être apprêté à temps.
A sa création, le Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa, mieux connu sous le nom de « Prison de Makala », fut construit pour accueillir environ 1.500 détenus. Mais à ce jour, il abrite près de 5.000 prisonniers : soit plus du triple de sa capacité d’accueil.
Avec l’instabilité politique enregistrée ces dernières années en République Démocratique du Congo, amplifiée par la dégradation de la situation économique, financière et sociale, les crises armées multiformes enregistrées au Nord et à l’Est du pays et le chômage, plusieurs familles sont plongées dans la misère et sont devenues incapables de nourrir les leurs incarcérés à la Prison centrale de Makala (ex-CPRK). Ce dernier éprouve aussi des difficultés à prendre en charge convenablement toute sa population carcérale.
Ainsi, les conditions des détenus se sont fortement dégradées à cause de la promiscuité créant un cercle vicieux pour les prisonniers, aujourd’hui soignés et demain de nouveaux malades notamment de la gale.
(BT/Ern./GW/Yes)
Info/Caritas/Le Potentiel
Last edited: 04/07/2009 13:40:42