La mort de l’artiste comédien Matthieu Matondo Mateya, affectueusement appelé Sans Souci, suscite déjà un tollé de réactions des regrets en République démocratique du Congo.
Jean Baptiste Mbalu Kikuta, député national de MSR (Mouvement Social pour le Renouveau) et membre de l’AMP, vient d’exprimer ses regrets sur la disparition de Sans Souci, qu’il l’a toujours qualifié d’« artiste du temps de crise ».
« Au moment de la crise dans notre pays, Sans Souci remontait le moral de plus d’un Congolais à travers sa bouffonnerie. Notre pays a traversé une période difficile où la population a presque tout dégoûté mais elle aimait le théâtre. Chaque soir, les gens avaient l’habitude de se réunir autour d’un poste téléviseur pour suivre ses œuvres. » a souligné le Révérend Pasteur titulaire de la paroisse C.B.C.O Bumbu I, Jean Baptiste Mbalu.
De son vrai, non Matthieu Matondo Mateya, Sans Souci avait subi une intervention chirurgicale dans une clinique de sa commune (Lemba) où son état de santé avait empiré quelques jours après. Ainsi, une sérieuse option a été prise de l’évacuer à la clinique Ngaliema où il a tiré sa révérence mardi 23 juin dernier.
Il vient de quitter la terre de nos ancêtres en laissant en cours une pièce théâtrale qui fait couler beaucoup d’encres et de salives en République démocratique du Congo.
« La mort de Sans Souci m’a surpris parce que je ne l’avais jamais entendu malade comme d’autres artistes qui nous ont quittés. Pour son cas, j’ai brusquement appris la nouvelle et avec beaucoup de regrets. C’est dans cette optique que je présente mes condoléances à tous les acteurs, fanatiques et toute sa famille », s’est-il étonné avant d’avouer que Matthieu Matondo était l’un des acteurs qui l’a beaucoup impressionné dans ce pays.
« Quand les gens n’ont rien et n’ont que de théâtre un certain moment pour rire, c’est le moral qui remonte et on commence à raconter son histoire le lendemain matin dans la rue, même à l’école ou au travail. Voilà comment sans souci s’est fait un besoin pour la population.» a ajouté JB Mbalu.
Plus d’un comédien n’ont pas su retenir leurs larmes à l’annonce de cette nouvelle mélancolique qui s’est abattue comme une foudre dans le chef de la population congolaise.
Cette dernière s’est vue ravir la personne qui a tant suscité des sourires dans les lèvres, à tout moment quand il se présentait à la télévision.
« L’artiste ne meurt jamais, il vit à travers ses œuvres », dit un adage populaire. Les œuvres de cet artiste dramaturge reste à jamais encré dans la mémoire de la population et entre dans les annales de la comédie congolaise.
Il a connu ses débuts comme musicien dans l’orchestre Bela Bela de Soki Vangu vers les années 1970, puis il est allé poursuivre sa carrière dans Bela Mambu d’Emile Soki.
Dix ans plus tard, soit en 1980, le feu Matthieu Matondo, a embrassé la carrière de la comédie précisément dans le groupe Salongo de l’ex-Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision (Ozrt) actuel Radio télévision nationale congolaise (RTNC).
Ensuite, Matondo a jugé bon d’évoluer dans Nzoi. C’était une occasion pour lui de collaborer, à la même époque, avec Mangobo, Lokuli et autres comédiens. De là, il s’inspira pour mettre en œuvre son propre groupe au non de « Sans Souci d’Afrique ».
Quelques années plus tard, il a eu à travailler avec Siatula, Bipendu, Shako et autres dans la séquence journalière de « Journal de Rigolo ». Plus loin, Sans Souci a ragaillardi cette équipe avec, cette fois-ci « les stars du rire » où il a évolué avec Tito Mpika, Bombo Fifi, Folo Imbayi…
Il sied de rappeler le corps de l’artiste comédien Sans Souci, âgé de 52 ans, sortira ce samedi 04 juillet de la morgue de la clinique Ngaliema et sera exposé à la place Jardin botanique avant d’être porté en terre dimanche.
(BT/HM/Yes)
Hygin Mandiangu/MMC