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En recommandant aux gouverneurs la signature d’un « contrat de performance », le chef de l’Etat inscrit sa démarche dans une gestion par objectif.

kabilaEn convoquant et en organisant la conférence des gouver­neurs des provinces, première du genre depuis l’accession du pays à la souveraineté nationale, le président Kabila vient de rompre avec une tradition séculaire vieille de plus de quarante ans. Celle qui faisait de cette réunion constitu­tionnelle un sujet tabou dont aucun président de la RDC n’a convo­quée jusqu’à présent en temps de paix. Cette conférence constitue un indicateur de performance de la bonne gouvernance, jamais atteint par ses prédécesseurs ; elle con­firme l’adhésion du Président Kabila aux principes sacrés de la bonne gouvernance. Ces principes recommandent non seulement une gestion de proximité mais met da­vantage l’accent sur le monitoring afin de fixer les nouvelles échéan­ces par rapport au chronogramme et objectifs fixés.


L’une des finalités d’une telle conférence est de renforcer les bases de « l’unité de gouvernance »  qu’est Institution Président de la République. Surtout en ce moment où la décentralisation est entrée dans sa phase d’opérationnalisation.

Les assises de cette conférence ont permis, certes, au chef de l’Etat de palper à chaud les réali­tés du Congo profond en les con­frontant aux expériences des uns et des autres à travers une vision globale et sectorielle reposant sur une approche incitative, compara­tive, croisée et complémentaire.

En recommandant aux gouver­neurs la signature d’un « contrat de performance », le Chef de l’Etat inscrit sa démarche dans une ges­tion par objectif tel que le théorisent certaines écoles de la Bonne gouvernance en privilégiant l’ap­proche D.P.O. (Direction Par Ob­jectif) et l’analyse SWOT (analyse des Forces, Faiblesses et Mena­ces).

Mais au delà de l’analyse du contenu de cette conférence des Gouverneurs, il y a lieu de signa­ler l’aspect formaliste et procédural qui interpelle plus d’un observateur critique.

En déterrant une des plus vieilles dispositions constitution­nelles moisies dans les oubliettes de la bureaucratie, le Président de Kabila vient de démontrer que no­tre pays est en proie à la mal gouvernance administrative chro­nique.

La fracture fonctionnant entre la promulgation des textes fondamen­taux et l’absence consciente ou inconsciente de leurs mesures de mise en application, atteste l’immobilisme dans le suivi et évaluation de décisions administratives.

Les cas sont légions. Nous prendrons pour illustrer ce hiatus la promulgation d’une loi qui a fait cinq ans dans le tiroir/mouroir de notre administration avant que le Conseil des Ministres adopte son projet des textes de mise en application dans sa réunion extraordi­naire du 21 juin 2009. Il s’est agit de la Loi n° 04/016 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blan­chiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Moralité : le temps ne serait pas venu de répertorier toutes les or­donnances et tous les textes fondamentaux en souffrance de me­sures de mise en application suite à la mal gouvernance administra­tive dans les Institutions de l’Etat ? Heureusement que le chef de l’Etat bénéficie des prestations d’un dynamique conseiller juridi­que à qui peut revenir cette tâche.

A coté de la mal gouvernance administrative généralisée et con­tre laquelle le chef de l’Etat vient de déclarer la guerre, son regard inquisitoire s’est accroché sur les hémorragies des finances publi­ques de l’Etat.

Ayant réfléchit et compris la substitue des astuces des fos­soyeurs des finances de l’Etat, le Président Kabila vient de faire sienne l’approche « Kissing ». Cette approche assimilable à la stratégie de tenailles, consiste à attaquer le mal en aval et en amont. Autrement dit, les aspects sibyllins ayant échappé à l’attention du législateur de la loi anti-corruption seront récupérés et sanctionnés par la loi anti-blanchiment des capitaux et financement du terro­risme. Il s’agit de boucher l’ « input » et l’ « output » de la corruption et de ses pratiques connexes, c’est-­à-dire, empêcher les produits pro­venant des anti-valeurs notamment la corruption d’être blanchie.

En adoptant le Projet de loi por­tant création de la cellule des ren­seignements financiers, le gouver­nement vient de se doter d’un outil efficace de lutte contre la crimina­lité financière.

Afin d’éclairer tant soit peu la religion de nos lecteurs, en la matière, nous proposons de décou­vrir ensemble ce que cache l’ex­pression blanchiment d’argent sale ainsi que les operations qu’elle induit.

Avant d’en arriver à l’objectif de notre étude, rafraîchissons nous la mémoire par ces quatre questions introductives : Pourquoi blanchir l’argent ? Pour quelle finalité blanchit-on l’argent ? Où peut-on blanchir les capitaux ? Qu’est-ce qui a motivé la lutte contre le blanchiment des capitaux au niveau planétaire ?

  • C’est pour dissimuler la prove­nance de l’argent qu’on a acquis des activités criminelles, notam­ment corruption, vol, détourne­ment des biens, trafic des stupé­fiants, etc.
  • C’est pour faire croire que l’ar­gent qu’on a acquis à une source licite ainsi que d’insérer ledit argent dans le circuit économique.
  • Partout dans le monde, sou­vent, les blanchisseurs choisissent les zones où ils courent peu de risque s’être détecté en raison du laxisme (paradis fiscaux) et de l’inefficacité du dispositif anti-blan­chiment des capitaux (secret bancaire).
  • Escalade du trafic de drogue et mondialisation de la criminalité organisée qui amassent de gros bénéfices dans le blanchiment des capitaux. Selon le FMI, le blanchi­ment représente, chaque année, de 590 millions à 1,5 milliards à l’échelle planétaire…


(TN/Yes)

St. Augustin Mwendambali/La Référence Plus



Last edited: 29/06/2009 17:30:22

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