La plupart de journaux parus ce lundi 29 juin consacre leur manchette aux 49 ans d’indépendance de la République démocratique du Congo.
« Kabila peut-il oser ? », titre à Une LE PHARE avec un constat amer en guise de conclusion : « En 49 ans d’indépendance, le Congo a terriblement régressé…. ».
Le journal de Polydor Muboyayi se demande si le premier d’entre les Congolais, qui semble animé de la volonté de voir le pays retrouver la paix, l’unité territoriale et la prospérité pourrait oser faire le vide autour de son pré- carré, celui-là même qu’il a jugé inefficace dans des sorties médiatiques en Occident.
En fait, note le confrère, il lui faudrait non seulement se débarrasser de ceux qui l’empêchent de faire progresser la Rdc mais aussi changer de système.
Système qui repose sur des antivaleurs telles que le clientélisme, l’enrichissement rapide et sans cause, la corruption, l’impunité, la médiocrité, la flatterie etc.
LE PHARE affirme qu’autrefois considéré comme un géant et le cerveau -moteur du décollage du continent africain à cause de ressources fabuleuses de son sol et de son sous-sol, la Rdc est devenue un nain à la merci de ses voisins annexionnistes et des aventuriers de divers horizons avides de se remplir les poches, d’usurper le pouvoir, ou d’élargir leur espace vital.
Cette analyse est également partagée par LA TEMPETE DES TROPIQUES qui affirme dans son titre leader : « 30 juin 1960- 30 juin 2009 : 49 ans de reculade pour la Rdc ».
L’indépendance vidée de sa substance, les infrastructures effondrées, des maladies éradiquées réapparaissent, le pays ne fait que sombrer, souligne la consoeur.
Et d’ajouter, la majorité de la population considère désormais cette indépendance comme porteuse de mauvais sort pour elle et non pas comme porteuse de bonheur et de développement.
SALONGO consacre sa manchette au Sud-Kivu où, selon lui, « Une épuration ethnique est programmée » avec comme objectif l’occupation territoriale.
Ce journal fonde ses propos sur le témoignage du père Rigoberto Minani, témoignage poignant que la journaliste belge Colette Braeckman reprend dans son blog sous le titre : « La terreur règne toujours au Sud-Kivu ».
En effet, de passage à Bruxelles et s’exprimant à la tribune de Justice et Paix, le père Rigoberto qui dirige le Centre d’études pour l’action sociale et participe à toutes les négociations de paix, a expliqué que l’opération rwando congolaise Umoja Wetu avait réussi à détruire la chaîne de commandement des Fdlr et avait délogé les combattants hutus des principaux sites miniers du Kivu.
Mais pour le reste, ces hommes armés, aguerris ont gardé toute leur capacité offensive. Selon OCHA, 1330 cas de viols ont été enregistrés depuis le début de cette année au Sud- Kivu seulement. Non seulement les violences sexuelles, accompagnées d’atrocités, se multiplient, mais elles visent désormais des enfants (de 35 à 50% des cas) ainsi que des hommes adultes.
Dans le même registre, LE POTENTIEL titre « Silence, « massacre » au Kivu ».
Que des prisonniers s’évadent d’une prison, il ne s’agit nullement d’un fait extraordinaire, note ce journal. Que les mêmes évadés aient tout le temps de violer toutes les femmes emprisonnées avant de disparaître dans la nature, il est question d’un acte prémédité.
Voilà, souligne LE POTENTIEL, l’une des preuves manifestes que la situation au Kivu est des plus en plus inquiétantes et relèvent d’un plan machiavélique pour exterminer les populations congolaises.
Une situation qui se dégrade au jour le jour avec les mêmes scènes de violence dans les localités du Kivu. Viols, exactions, maisons brûlées, tueries sans discriminations de sexes et d’âge au quotidien avec comme corollaires, des milliers de déplacés cherchant même un abri de fortune.
(TN/PKF)
Théodore Ngangu/MMC
Last edited: 29/06/2009 11:40:29