L’envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs a déclaré au sortir de l’audience que lui a accordée le ministre des Affaires étrangères que la pacification de l’Est de la RDC était une priorité des priorités pour l’UE
La pacification de la partie Est de la République démocratique du Congo reste une priorité des priorités pour l’Union européenne (Ue). Le représentant de l’Ue dans la région des Grands lacs africains, Roeland Van de Geer a réaffirmé dernièrement cet engagement de son institution au ministre Congolais des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba.
Le diplomate européen qui s’est entretenu avec Thambwe Mwamba a cependant émis le souhait de voir la Rdc activer vigoureusement sa diplomatie dans le cadre de cette pacification. Roeland Van de Geer qui relève que cette rubrique est contenue dans le Communiqué de Nairobi, est d’avis que cette diplomatie peut renforcer la pression sur les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) avec l’appui de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc). Pour lui, « cela contribuerait à convaincre les hutus rwandais à retourner dans leur pays dans le cadre d’un dialogue avec l’accompagnement de la communauté internationale qui doit jouer son rôle dans la stabilisation de la région des Grands lacs ».
Sans prétendre avoir un quelconque pouvoir de percer des secrets qu’entourent habituellement le langage diplomatique, force est de reconnaître un fait. Le diplomate européen proposerait à la Rdc principalement une redéfinition de l’opération « Kimia II ». Celle-ci devrait céder le pas à une autre opération plus efficace aux yeux de l’Union européenne et qui serait un malaxage des opérations « Umoja wetu » et « Kimia II ».
Cette idée qui circulait déjà dans certaines chancelleries occidentales s’appuie sur l’intérêt qui serait le plus accru pour le Rwanda que la Rdc de se défaire des Fdlr, d’une part et de la capacité de combat de l’armée rwandaise, de l’autre. « (...) suspendre l’opération Kimia II et (...) prévoir de nouvelles opérations militaires conjointes contre les Fdlr, dans le cadre desquelles les forces spéciales rwandaises (...) » seront associées, serait le nouveau créneau.
Ainsi, « (...) la Monuc et l’armée congolaise (..) » actuellement engagées dans « Kimia II » vont justement s’occuper d’un « (...) renforcement immédiat de la protection des civils et (...) au désarmement des hommes du rang », comme l’affirme le rapport d’une Ong internationale. Il est vrai que les rapports entretenus actuellement par les Etats de cette région d’Afrique n’ont jamais été aussi bons et propices à une telle diplomatie. Les opérations « Coups de tonnerre » contre les rebelles Ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (Lra) par la coalition des armées congolaise, ougandaise et soudanaise ainsi que « Umoja wetu » sont des exemples éloquents. La dernière, « Umoja wetu », menée par les armées congolaise et rwandaise contre les Fdlr dans le Nord-Kivu aura été un incontestable succès de cette diplomatie que les Européens voudraient pousser davantage.
Mais, la Rdc qui est un pays souverain doit considérer premièrement ses propres intérêts avant d’embrasser une quelconque voie, proposée par l’Occident, soit-elle.
(DN/Th/GW/Yes)
P.M.L./L’Avenir
Last edited: 27/06/2009 13:31:02