konyMlle Rachel Taruayo, administratrice-assistante du territoire de Faradje chargée de l’Economie, Finances et Développement dans cette entité de la Province Orientale a apporté un témoignage édifiant jeudi à la Conférence internationale sur les conflits armés sur le calvaire qu’elle avait enduré lors de sa détention en otage des rebelles ougandais de la LRA (Armée de résistance du Seigneur). Le récit de la rescapée des griffes des sinistres rebelles qui l’avaient enlevée avec 6 autres personnes a visiblement ému les participants aux assises de la conférence organisée par l’Ong Eisa dans le cadre de la salle des spectacles du Collège Boboto dans la commune de la Gombe.

Voici ce que l’administratrice-assistance a notamment déclaré de sa tragique mésaventure devant l’assistance médusée de la conférence. « Nous étions au total 7 personnes dont 6 filles et 1 garçon. Nous étions enlevés le 25 décembre 2008 et libérés le 25 janvier 2009. Les rebelles étaient au nombre de 12. Pendant un mois, nous avons subi toutes sortes d’exactions dans une brousse. C’est par la grâce de Dieu que nous avons été libérés. Nous avons profité d’un relâchement de vigile des rebelles pour nous échapper vers 5 heures du matin. Après notre escapade et à la vue de l’état dans lequel nous nous étions retrouvés, des membres de certains groupes d’auto-défense pensaient que nous étions nous aussi des rebelles lors de notre retour à la cité ».

Rachel Taruayo a en outre révélé que lors de l’opération de traque dirigée conjointement par les Forces armées de  la Rdc (Fardc) et l’armée régulière ougandaise, les rebelles de la LRA qui s’étaient dispersés en prenant la fuite en direction du Soudan et de la République Centrafricaine avaient enlevé d’autres otages parmi lesquels plusieurs enfants qu’ils initient au maniement des armes.

L’ouverture des assises de la conférence du Collège Boboto a été marquée par l’intervention du directeur résident de Eisa/Kinshasa, M. Vincent Tohbi, qui a notamment déclaré que : « Le témoignage de Mlle Taruayo est plus éloquent que les discours officiels que nous présentons à pareille circonstance. C’est pourquoi nous avons préféré qu’elle intervienne au début des assises ».

Pour Vincent Tohbi donc, aucun projet n’est possible dans une situation de conflit. « Tant que nous sommes à Kinshasa, nous ne connaîtrons pas les problèmes qui se posent à l’arrière pays. Les principaux conflits en Rdc sont structurés autour de conflits armés et les conflits régionaux prennent leur essence dans les conflits militaires. Mais il y a aussi des conflits sociaux ».

Il y a eu différentes interventions d’autres orateurs ayant pris la parole, tel M. l’abbé mMarcellin Tshite Kinkumba, Aumônier militaire catholique qui a planché sur le thème « Les sources des conflits en Rdc ». Le prêtre évoluant dans l’environnement des forces armées a expliqué, suivant ses propres termes que : « Les conflits tirent leurs origines des causes diverses, en l’occurrence la vaste étendue du territoire national, la porosité et la vulnérabilité de ses frontière, sa position géostratégique, ses ressources naturelles, la diversité et la dispersion dans le manque de redistribution équitable des revenus ».

« Nous sommes appelés à bien gérer ce pays qui est l’héritage de nos ancêtres. A ensuite indiqué l’abbé Marcellin Tshite Kinkumba, en soulignant que les richesses suscitent des convoitises et provoquent des élans expansionnistes. Ainsi, a martelé le prêtre, les richesses congolaises ont soutenu, comme à l’époque de la guerre froide, les économies de guerre qui visent la balkanisation du pays ». Pour cette raison M. l’abbé Tshite a été amené à admettre l’avis des personnes qui disent que « le Congo est trop riche pour être en paix ».

Le prêtre aumônier militaire a aussi profité de son intervention pour fustiger le comportement de certains compatriotes gagnés par l’aventure belliqueuse. « Quelqu’un, pourvu qu’il ait un bon carnet d’adresses, peut entamer une guerre et trouver de quoi la financer. Nous ne pouvons admettre cette cruelle réalité pourtant étayée par des faits que nous déplorons avec amertume et résignation. La guerre et la trahison sont le lot quotidien dans cet immense pays ».

En somme, a encore indiqué le prêtre, les causes des conflits entre les Etats exigent qu’on accorde de l’importance à la sécurité humaine basée non seulement sur les valeurs politiques, mais aussi et surtout sur les exigences sociales et économiques. Parmi les causes des conflits, il a aussi cité le taux de chômage élevé constaté après les pillages à répétitions qu’a vécus la RDC, ainsi que la misère grandissante qui entraîne la haine entre la population et les dirigeants.

D’autres thèmes ont été abordés à la conférence par des intervenants qui ont également été remarqués tes les professeurs Baudoin Amuli et Ngoma Binda. Plusieurs diplomates ont assisté à la cérémonie d’ouverture de ces assises de Eisa.

(DN/BT/Yes)

Boni Tsala/MMC