L’administration pénitentiaire au cœur de débat en RDC au regard des cas de plus en plus constatés d’évasions des détenus des prisons du pays, ce qui relance le problème de l’amélioration des conditions carcérales suivant les standards établis mondialement
Les conditions de détention dans les prisons de la République démocratique du Congo sont déplorables. La vétusté des établissements pénitentiaires et la carence de nourriture sont parmi les raisons à la base des évasions enregistrés ces derniers mois.
Depuis quelque temps, on enregistre de nombreux cas d’évasion de détenus dans les différentes maisons carcérales disséminées à travers le pays. Le dernier cas en date est celui de la prison centrale de Munzenze à Goma. Dans la nuit du 21 au 22 juin courant, un groupe de militaires s’est évadé de cette geôle, située au chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Une évasion qui a entraîné également la fuite de tant d’autres prisonniers. Pire encore, ces hommes en uniforme ont violé des femmes avant de se retrancher dans la nature.
Comment expliquer cette situation devenue monnaie courante en RDC ? Que faire pour mettre un terme à toutes ces évasions ? Ces questions méritent d’être posées au regard de la multiplicité de cas sur le terrain.
Il suffit de faire la ronde des prisons de la RDC pour se rendre compte des conditions dans lesquelles vivent les détenus. De manière générale, les établissements pénitentiaires du pays présentent une image désolante. Parmi les caractéristiques communes des prisons congolaises figurent le délabrement très avancé des infrastructures, la surpopulation, le manque d’hygiène, la rareté de nourriture, la carence de soins de santé, etc. Dans un tel environnement, les prisonniers préfèrent s’évader au lieu de s’exposer aux maladies ou à la mort précoce et latente. Surtout qu’ils assistent impuissants aux cas de décès de leurs collègues.
Tableau sombre
Pas plus tard qu’il y a quelques jours, deux ministres du gouvernement central ont effectué des visites de travail dans certaines maisons carcérales de la RDC. Il s’agit du ministre en charge de la Justice et celui des Droits humains. Au terme de leur ronde, tous les deux sont arrivés au constat selon lequel les prisons de la RDC se trouvent dans un état de délabrement très avancé. Et les détenus vivent dans des conditions infrahumaines.
Pour la petite histoire, presque la quasi-totalité des prisons congolaises ont été construites pendant l’époque coloniale. Ce qui explique l’image dégradante qu’elles présentent actuellement. La modicité des frais de fonctionnement alloués aux prisons est parmi les raisons qui expliquent pourquoi ces lieux de détention sont en ruine. Pour un lendemain meilleur, le gouvernement congolais doit, dans un futur proche, envisager une réforme en profondeur du système pénitentiaire en RDC.
Pour ce qui est de l’incident qui s’est produit à Goma, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, s’est dit « profondément alarmé ». A ce sujet, il a indiqué qu’il s’agit « d’un triste exemple des conditions pénitentiaires et du niveau de violence sexuelle qui frappent la RDC ».
Dans un communiqué de presse, il invité le gouvernement à « poursuivre en justice les auteurs de ces crimes et à renouveler leurs efforts pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient trop souvent les auteurs de violences sexuelles ». Cela, avant de demander aux autorités congolaises d’engager une réforme du système pénitentiaire en vue de se conformer aux normes minimales internationalement reconnues en matière de traitement des détenus, y compris la séparation stricte des hommes et des femmes.
La construction de nouvelles prisons et la mise sur pied d’une politique efficace dans ce secteur sont parmi des atouts non négligeables, capables de changer l’image actuelle que présentent les établissements pénitentiaires en RDC.
(DN/Th/GW/Yes)
Albert Tshiambi/Le Potentiel
Last edited: 26/06/2009 15:27:33