L’insécurité qu’entretiennent les groupes armés opérant dans cette partie de la Province Orientale empêche les humanitaires à voler au secours de la population en détresse.
Il sont plus de 3000, selon la Monuc et plus de 4000 selon OCHA, les déplacés privés de l’assistance humanitaire qui se réfugient à Isiro dans la province Orientale. Ces congolais fatigués par les attaques des groupes armés garderont longtemps leurs larmes aux yeux car les humanitaires ne savent pas les secourir tant que leur sécurité n’est pas assurée.
Ces déplacés de guerre manquent des vivres, d’abris, des habits, de l’eau potable etc. Ils n’ont pas non plus accès aux soins de santé. Leurs enfants souffrent de la malnutrition et autres maladies d’origine hydrique, rapporte le Bureau de coordination des affaires humanitaires, OCHA. Toutes ces personnes ont fui les attaques des rebelles ougandais dans plusieurs localités de cette province.
A la date du 22 juin, 12.175 congolais ont été contraints d’abandonner leurs logis vers des zones un peu plus calmes, notamment dans la localité de Dingita, dans le territoire du Bas Uélé. Ce chiffre représente une augmentation de 87% de la population de cette localité qui comptait jusque là 14.000 habitants.
Parfois ces déplacés de guerre ne sont pas les bienvenus, les populations autochtones les assimilent aux rebelles ougandais et refusent de collaborer avec eux. Car leur présence selon elles, pourrait attirer la colère des combattants LRA qui risquent d’incendier les villages de Dingila. Même les enfants déplacés subissent plusieurs actes de stigmatisation de la part de leurs congénères. Les pressions viennent de partout afin d’obliger ces déplacés à quitter Dingila.
La situation est presque la même dans le territoire de Haut Uélé où, pour la cinquième fois, en espace de deux mois, une attaque suivie des pillages des biens distribués par les agences humanitaires surviennent dans ce territoire. La dernière incursion des éléments LRA est intervenue à Djabir, à l2kms de Faradjé, tous les vivres et non vivres distribués aux déplacés ont été ravis par les combattant ougandais. Aujourd’hui, l’assistance alimentaire est devenue une source d’insécurité dans certains camps des déplacés. Les humanitaires étudient les voies et moyens pour mettre fin à des tels spectacles après la distribution des vivres.
Dans le district de l’Ituri, la présence des miliciens FRPI bloque certaines interventions humanitaires, notamment la réhabilitation de certains axes routiers pour permettre aux équipes de secours d’atteindre les déplacés. Bref en dehors de la capitale et ses environs, la Province Orientale est en proie à l’insécurité provoquée par les groupuscules de LRA à la recherche de la survie.
Au moment où les gouverneurs de onze provinces ont rendez-vous avec le chef de l’Etat pour les premiers travaux de leur conférence, ce sont plutôt les administrés de certaines entités municipales qui sont en pleurs. Leurs regards sont rivés vers Kisangani où ce sujet ne manquera pas d’être abordé en marge de ce forum.
Non loin de la Province Orientale, c’est-à-dire au Nord et au Sud-Kivu, les FDLR continuent à torturer les populations civiles. Fidèles à leur mode d’opération, ils pilent les bétails incendient des maisons et violent les femmes avant de retourner dans les forêts.
Dans la nuit du 20 au 21 juin, ils ont brûlé 118 maisons à Kalehe, selon OCHA. Le nombre de victimes n’est pas encore connu mais plusieurs personnes sont mortes noyées pendant qu’elles traversaient la rivière dans leur fuite. Il n’ y a pas que les forces négatives qui s’en prennent aux populations civiles, les troupes loyalistes sont aussi citées dans cette liste. A cause du retard constaté dans la paie de leur solde, les soldats congolais nouvellement intégrés qui n’ont pas encore touché leur salaire, se déchargent sur les civils. Ils pillent leurs champs et volent leurs bétails à chaque fois qu’ils débarquent dans un village.
La conférence de Kisangani ne manquera pas, espère t-on, d’aborder tous ces aspects afin de permettre à ces citoyens congolais de voter en paix et de bénéficier des fruits de la rétrocession de 40% qui semble préoccuper au plus haut point, les gouverneurs par rapport au calvaire de leurs administrés.
(TN/Th/GW/Yes)
Claudine Mbombo/L’Observateur
Last edited: 26/06/2009 18:05:24