Président de la Cgcde, Me Willy Bessa s’insurge contre toute tendance consistant à accuser l’ensemble de ses membres de son association d’être auteurs des exactions dont sont victimes certaines personnalités congolaises lors de séjour en Europe.
Plusieurs artistes musiciens, mais aussi d’autres personnalités congolaises rencontrent actuellement de difficultés au cours de leur séjour en Europe, à cause des menaces dont elles sont victimes de la part de certains de nos compatriotes qui résident dans ce continent. Ils sont nombreux qui ont fait le frais des exactions de la part de nôtres lors de leurs voyage dans le vieux continent. Récemment c’est Tshala Muana qui a fait cette triste expérience. Mais « Mamu Nationale » qui a été accompagnée de son orchestre « Dynastie Mutuashi » n’est pas la seule victime de ce « Kuluna » exporté aux couleurs occidentales. Il y a aussi Koffi Olomide avec une production signée Badive, Werrason, Félix Wazekwa. Que des concerts annulés à cause, de l’insécurité, que des concerts organisés mais sous haute sécurité, que des manque à gagner pour les organisateurs de ces shows.
Lorsqu’on parle de perturbateurs de ces randonnées congolaises en Europe, certains doigts accusateurs ont souvent tendance à la généralisation. Comme si ce sont tous les Congolais vivant à l’étranger se livrent à cette pratique déshonorante. Non, dit Me Willy Bessa Mokonzi, le président de la Coordination générale des Congolais de l’étranger (Cgcde) qui a décidé de rompre le silence. Avocat, au nom de son association, il présente des excuses à toutes les victimes de cette intolérance. « Les Congolais de l’Etranger sont des gens respectables et responsables, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités et nous vous demandons aussi de prendre les vôtres », dit-il en mettant en garde certains journalistes congolais, qui traitent les Congolais de l’Etranger des « Kuluna » bien nourris et costumés.
Message de Willy Bessa : « Quelles perspectives pour la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger ? »
Pour les observateurs les moins avertis, notre démarche pourrait paraître saugrenue.
Quel drôle d’idée, diraient-ils, de nous parler de la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger, en pleine crise financière et économique ?
Nous estimons au contraire que l’initiative est judicieuse pour une simple raison : la crise interroge précisément tous les acteurs publics.
Elle oblige à répondre aux préoccupations et besoins de nos concitoyens et, de ce fait, elle questionne avec une acuité plus grande le rôle de la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger au développement de la République Démocratique du Congo.
Et la restructuration en profondeur de cette institution revêt donc ici toute sa portée.
Avant toute chose, laissez-moi dire un mot de la situation qui prévaut au sein de notre communauté.
Nous souhaitons nous adresser directement à nos compatriotes de la diaspora ;
Il y a ceux qui vont être mécontents de nous.
A ceux là, nous voudrons dire ceci ;
Vous voulez faire progresser des situations qui posent problèmes aujourd’hui et vous nous reprocher le fait qu’on n’a pas encore obtenue gain de cause ?
Vous avez le sentiment d’avoir subi une injustice de la part de notre gouvernement et ce dernier ne prend pas en compte nos préoccupations afin de mettre un terme à cela ?
Vous vous plaignez, du manque de dialogue avec les autorités de notre pays ?
Mais comment y parvenir ?
Il n’y a pour cela que trois voies auxquelles on puisse songer.
Premièrement, en arrêtant la violence.
Ce que présentement nous vous demandons de faire. Y êtes vous favorable ? Si oui, alors nous sommes d’accord. Si non, une deuxième solution serait de renoncer à nos revendications.
Nous sommes contre cette idée. Etes vous pour ? Dans l’affirmative, il faut le dire clairement.
Si vous n’êtes ni pour la violence, ni non plus pour l’abandon de nos revendications, il ne reste plus, comme solution imaginable, que le recours à un compromis.
Nous sommes, nous dans la Coordination Générale des Congolais de l’Etranger prêts à prendre nos responsabilités et nous demandons au gouvernement de la République Démocratique du Congo de prendre les siens.
Nous pensons qu’il y a une vraie responsabilité à tous les niveaux.
Nous voudrons dire d’une part, à l’attention de nos compatriotes qui sont à l’étranger :
Que la violence ne résout pas les problèmes et le fait de s’en prendre physiquement aux personnalités de notre pays quelles que soient leurs qualités ou leurs statuts n’est pas digne de l’image qu’on veut donner des Congolais de l’Etranger, ni de nos revendications.
Bien au contraire, nous devons être fiers et réaffirmer de ce que signifie aujourd’hui « Être Congolais ».
Car le sentiment d’appartenance à une communauté de destin, la volonté de vivre ensemble, le partage de cette identité qui est la nôtre, avec sa culture, son histoire, ses langues, et les valeurs qui la fondent, constituent la condition d’une intégration réussie d’être congolais vivant à l’étranger.
En étant nous-mêmes fiers d’être congolais, nous devons non seulement assumer mais aussi célébrer, au regard du monde et aux étrangers, la fierté d’être congolais.
D’autre part, un mot à l’attention de nos concitoyens qui sont au pays :
Nous tenons à vous dire, que les Congolais de l’Etranger dans leur grande majorité ne cautionnent pas ces types de comportement.
Les agressions dont sont victimes nos compatriotes sont, l’œuvre d’un groupe des marginaux. Ces violences sont inadmissibles quels que soient les raisons.
Nous les Congolais de l’Etranger, nous condamnons avec la plus grande fermeté ces méthodes barbares.
Nous dénonçons, les propos des certains journalistes Congolais, qui traitent les Congolais de l’Etranger des « Kuluna » bien nourris et costumés.
Nous demandons aux médias de notre pays de ne pas faire d’amalgame sur ces affaires, car on ne doit pas jeter l’opprobre sur l’ensemble de notre diaspora.
Nous présentons, nos excuses et nos regrets les plus sincères à nos artistes, musiciens notamment et autres personnalités de notre pays qui sont victimes de cette situation. Nous leurs demandons, de ne pas renoncer, et les invitons à continuer leurs activités.
Enfin, un mot à l’attention du gouvernement et aux représentants des institutions de la République Démocratique du Congo :
Les Congolais de l’Etranger sont des gens respectables et responsables, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités et nous vous demandons aussi de prendre les vôtres.
Pour cela, il faut trouver un cadre pour dialoguer afin de déboucher sur des faits concrets. Nous ne nous résignons pas, de la situation actuelle, qui met les Congolais de l’Etranger en queue des préoccupations du gouvernement pour leur donner un peu d’espoir et demandons à l’Etat congolais d’être réactif face à leurs problèmes.
Nous sommes dans une situation où les Congolais de l’Etranger sont dans une triple attente :
-Premièrement : nous demandons au gouvernement et au parlement de répondre de ce sentiment d’injustice et de discrimination dont sont victimes plus de six millions de nos concitoyens dont le simple tort serait de vivre hors de notre territoire ; il faut prendre des dispositions qui permettront aux Congolais de l’Etranger de vivre leurs pleines citoyennetés.
-Deuxièmement : on est dans l’attente du concret ; il faut bien comprendre la réalité des problèmes, l’exploitation politique des problèmes ne résout pas les choses, bien au contraire.
Enfin, il serait temps de penser à parler autrement de la diaspora, de comprendre que parmi elle se trouve une part significative de la vitalité congolaise.
La vitalité économique d’abord, point n’est besoin d’insister sur la force économique inestimable que représente cette diaspora aussi bien en termes de ressources humaines que des activités économiques, sans compter le transfert d’importantes sommes d’argent envoyé dans le cadre de l’assistance familiale.
La vitalité démographique enfin, plus de six millions de nos compatriotes vivent aujourd’hui à l’étranger.
La présence des Congolais dont le nombre ne cessent d’augmenter chaque année en Belgique, en France, en Allemagne, en Chine, au Brésil, en Inde, en Afrique du sud, en Grande Bretagne, au Canada, aux Etats-Unis ….
Ceci est une chance pour notre pays, dans le cadre de la mondialisation.
Ce qui est en jeu, c’est la reconstruction économique et sociale de la République Démocratique du Congo.
Cette reconstruction ne saurait se faire sans la participation consciente et organisée des Congolais de l’étranger qui sont longtemps restés spectateurs de leur propre développement.
C’est au gouvernement de transcender ces vieux réflexes et d’écrire le contrat qu’il entend passer avec les Congolais de l’Etranger.
Il doit construire une démonstration politique qui prouve à nos concitoyens que leurs aspirations individuelles ne sont jamais aussi réalisables que lorsqu’elles sont saisies dans un projet collectif.
Notre gouvernement ne doit pas débattre en champ clos. Il doit se tourner vers les Congolais de l’étranger, dans un moment extrêmement difficile pour eux afin de répondre de leur doute, de leur frustration, de leur exaspération et d’engager un dialogue pour les convaincre de la réalité d’un réel changement en République Démocratique du Congo.
C’est une autre méthode politique, une autre conception démocratique, mais surtout une alternative concrète et mobilisatrice qu’il faut offrir aux Congolais de l’Etranger.
Car c’est bien à ce prix que nous bâtirons ce bien en commun qui nous est cher : un pays que tous nos voisins nous envient.
www.cgcde.org
bessawilly@yahoo.fr, 0033614611911.
(BT/PKF)
B. Tsala/MMC