La nouvelle s’est rependue telle une traînée de poudre, le mardi 23 juin 2009 dans la matinée, annonçant la mort de l’artiste comédien Sans Souci, patron du groupe qui porte son nom. Et nous avons tenté d’avoir des précisions sur cette douloureuse affaire.

Allant aux nouvelles, nous appuyons sur la véracité de cette information : « Sans Souci » est décédé de suite d’une complication due à une intervention chirurgicale.

Comédien aux talents immuables, « Sans Souci » a donné au théâtre congolais ses lettres de noblesse. Et trente ans durant, il a pu prouver de quoi il était capable.

Sous sa croupe sont sorties de nombreuses sommités qui font présentement la fierté du théâtre populaire congolais. De son vrai nom Matondo Mateya Matthieu, Sans Souci a vu le jour à Kinshasa le 7 novembre 1955, bien qu’il ne voulait pas souvent décliner sa date de naissance, dans une famille de 10 enfants dont il était l’aîné. Il a débuté sa carrière artistique avec fanfare en 1978 sous la supervision de l’incontournable Likwanga Nzala dit Mister John. Le fait s’est passé dans la commune de Ngaba au sein de la troupe la « Fayette Lisano ».

Par après, on a successivement retrouvé « Sans Souci » dans plusieurs autres groupes notamment dans « Maboke », les « Nzoï » et « Salongo »… Chanteur émérite et auteur compositeur talentueux, Sans Souci a aussi, à un moment de sa vie, fait de la musique. Il a évolué dans plusieurs formations musicales dont « Sentima » de Ngwashi Ntimbo, « Fezam », « Mosinzo », « Suza » et « Ovoza » de la Voix du Zaïre. Et comme entre la musique et le théâtre, il n’y a qu’un pas à franchir, vite « Sans Souci » s’est résolu à faire du théâtre comme son idole, le camerounais Jean Mitché Kan Kan. En 1989, il effectue un voyage promotionnel en Europe. Cela, sans le consentement de son employeur « La Voix du Zaïre » qui lui a collé une mise à pied à durée indéterminée. Dans le vieux continent, Matthieu Matondo Mateya a livré plusieurs productions en France, en Belgique, en Allemagne et en Hollande.

De retour à Kinshasa en 1990, afin de se soumettre aux recommandations de son producteur qui voulait le mettre vraiment à la disposition du public national, « Sans Souci » est venu se mettre au travail. Du coup, il fonda le groupe « Sans Souci » au sein duquel entre autres branches se trouve la troupe théâtrale « Sans Souci d’Afrique ». Grâce à sa détermination, cette troupe n’a pas tardé à prendre un envol définitif jusqu’à devenir une référence sûre de l’art du rire congolais. Et cette troupe s’y trouve encore, bien soudée, consolidée et prête à toute éventualité. Appréciant la vérité et la paix et supporter incontestable et incontesté de « Daring Club Motema Pembe », « Sans Souci » détestait le mensonge, la brutalité et la bagarre.

Encourageant tous ceux qui font du bon travail, « Sans Souci mokili mobimba » aimait écouter la musique et humer l’air frais de la nature. Crack du cinéma, il avait, du reste, l’ambition de devenir un grand acteur. Sa mort à 53 ans, survient à un moment où le théâtre populaire congolais dont il est l’instigateur avait encore besoin de lui – nous connaissons son apport dans la lutte contre le piratage des œuvres de l’esprit qui est devenue monnaie courante dans notre société, alors que les auteurs croupissent dans la misère la plus noire. Chrétien catholique pratiquant, Matthieu Matondo Mateya laisse une veuve, Mme Madeleine Bialu Makiese -sœur cadette à feu Bialu Madilu System - et plusieurs orphelins.

En attendant la cérémonie officielle qui sera organisée pour ses obsèques, la dépouille mortelle de « Sans Souci » est gardée à la Morgue de la Clinique Ngaliema. Le desk « Culture et Détente » du journal « L’Avenir », touché par ce deuil qui, une fois de plus, vient de frapper, de plein fouet, la grande famille du théâtre congolais, présente tant à la famille biologique qu’à tous les collègues de « Sans Souci » ses condoléances les plus émues. Que l’âme du disparu repose en paix dans le Royaume des cieux.

(Ern/BT/PKF)

Kingunza Kikim Afri/L’Avenir