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Organisation à Kinshasa par le ministère du Plan avec la participation de l’agence onusienne UNFPA d’un atelier consacré à la validation du Rapport National sur la mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement CIPD en RDC

kamitatuLe ministre du Plan Olivier Kamitatu a ouvert mercredi dans le cadre de l’Hôtel Sultani de Kinshasa  un atelier consacré à des travaux portant sur la validation du Rapport national que prépare la RDC dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’action recommandée par la Conférence internationale sur la population et le développement (CPD), conférence au sommet des Chefs d’Etat de la planète dont les assises furent organisées il y a quinze ans au Caire en Egypte.

Durant les deux jours de mercredi et jeudi prévus pour la tenue de l’atelier, les experts du ministère du Plan auxquels sont associés ceux du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) sont conviés à une évaluation des stratégies que la RDC a élaborées dans le cadre de l’application des recommandations de la Conférence du Caire. Il s’agit des stratégies que va contenir le Rapport National de la République Démocratique du Congo sur la mise en œuvre du Programme d’Action de la CIPD.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier a comporté quatre temps forts des communications respectivement du Représentant Résident en RDC de l’agence UNFPA, M. Richard Dackam-Ngatchou, du ministre Olivier Kamitatu, et du Prof. Paul-Denis Nzita, expert congolais qui a présenté le projet du rapport national qui allait faire l’objet d’examen et d’échange pour aboutir à un document amélioré attendu d’âtre adopté à la fin des travaux. Le premier débat à la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur ce projet de rapport a nettement servi d’entrée en matière pour les participants.

 Le ministre du Plan a saisi l’occasion de son intervention pour situer la problématique et l’enjeu pour la RDC des questions de population et de développement abordées. M. Olivier Kamitatu indiquera, par exemple aux participants ce qui suit : « Les travaux auxquels vous êtes conviés ce jour visent comme objectifs (1) de créer un consensus national autour des questions qui y sont abordées, (2) de bâtir des stratégies de plaidoyer et de mobilisation des ressources donnant lieu à une plus grande visibilité des acteurs politiques et sociaux dans la mise en  œuvre du Programme d’Action de la CIPD et (3) de mettre en place un « Baseline » de suivi-évaluation de la mise en œuvre.

Je voudrais, particulièrement vous inviter, chacun dans son domaine de compétence, à examiner  les différentes thématiques abordées dans le rapport qui vous est soumis notamment (1) par la vérification et la validation des informations thématiques recueillies à l’aide du questionnaire d’évaluation de la mise en œuvre de la CIPD, 15 ans après le Caire (2), par l’ajout au niveau de chaque thème, des informations complémentaires sur les actions menées, les progrès accomplis, ainsi que les contraintes observées dans la mise en œuvre.

dackam

Les conclusions de ces travaux nous permettront d’avoir un rapport complet donnant des informations de qualité sur notre pays par rapport à la mise en œuvre du Programme d’Action de la CIPD et susceptible de contribuer à l’élaboration des rapports sous-régionaux  et régionaux sur la question ».

S’agissant du déclenchement du processus de traitement des questions de population et de développement, le ministre signalera que « La Conférence Internationale sur la Population et le Développement qui s’était tenue en 1994, au Caire en Egypte,  autour des Chefs d’Etat et de Gouvernement du monde,  a eu le mérite, pour la première fois, d’aborder la thématique de « population et développement » de façon plus globale en l’inscrivant dans une perspective de réalisation des droits humains contrairement aux Conférences de Bucarest et de Mexico de 1974 et 1984 qui réduisaient l’approche de la question essentiellement aux liens entre « dynamique démographique et développement ».

 Le consensus du Caire a mis l’accent sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la personne humaine qui se résument essentiellement à l’accès généralisé à des services de santé en matière de sexualité et de reproduction complets et de qualité, à l’instruction et à l’autonomisation des femmes et des jeunes, reconnaissant ainsi, pour la première fois, la santé en matière de sexualité et de reproduction comme faisant partie des droits humains qu’il convient de satisfaire pour parvenir à un développement humain durable.

La République Démocratique du Congo qui avait participé à la CIPD au plus haut niveau, à l’instar d’autres Nations du monde,  s’était engagée ainsi à mettre en œuvre le Programme d’action du Caire, qui est l’une des voies conduisant à la réalisation des  Objectifs du Millénaire pour le Développement. La mise en œuvre du programme d’action de la CIPD dans notre pays s’articule autour des programmes nationaux exécutés sous la conduite du Gouvernement en matière de santé de la reproduction,  de la jeunesse, de la femme et famille. L’impact de ces différents programmes, sur le terrain, est déjà perceptible au regard de l’évolution de certains indicateurs découlant des rapports des opérations de collecte de grande envergure conduites au pays ces dernières années.

 En effet, malgré l’absence d’un Recensement Général de la Population et de l’Habitat qui aurait dû nous renseigner sur la situation sociodémographique de notre population à des échelles beaucoup plus réduites,  les Enquêtes MICS 1 et 2,  l’Enquête 1-2-3 ainsi que la récente Enquête Démographique et de Santé(EDS), nous permettent aujourd’hui, en dépit des problèmes liés aux approches méthodologiques qui les fondent,  de dégager les tendances et de tirer des conclusions sur les efforts qui ont été fournis par la RDC depuis l’adoption de la feuille de route du Caire.

nzita

A titre d’exemple, les indicateurs fournis par l’enquête MICS 1 de 1995 et  de l’EDS de 2007 montrent que (1) la proportion d’accouchements assistés par un personnel de santé qualifié est passé de  68%  à 74 %, (2) le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans  est passé de 220 à  165% et (3) la proportion d’écoliers commençant la première année d’étude dans l’enseignement primaire et achevant la cinquième année est passée de 25,3%  à 44,3%.

 Les défis à relever, dans la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD, demeurent immenses. Il nous faut davantage des ressources financières et humaines, des capacités institutionnelles, des partenariats ainsi que l’implication, tous azimuts, des organisations non gouvernementales et de la société civile en vue de faire face aux préoccupations du développement humain durable.

C’est ici pour moi,  l’occasion de saluer l’action du Chef de l’Etat qui, dans le cadre de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté et à travers les cinq chantiers de la République, manifeste la volonté et la détermination de la RDC à donner des réponses concrètes aux besoins fondamentaux exprimés par notre population notamment en ce qui concerne l’accessibilité équitable à des services sociaux de base et de qualité, la lutte sans merci contre le VIH/SIDA,  l’emploi des jeunes,  la promotion de l’équité et de l’égalité de genre...

Je saisis cette opportunité pour appeler, une fois de plus, tous nos partenaires techniques et financiers, bi et multilatéraux, la Société civile et les ONG de développement, à plus d’engagement et de mobilisation en faveur des actions encore plus soutenues dans la mise en œuvre des programmes de population permettant d’atteindre un seuil acceptable dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement ».

Pour sa part, M. Richard Dackam-Ngatchou, le Représentant Résident en RDC de l’agence UNFPA, a présenté les directives nouvelles données au  niveau continental toujours dans le cadre de l’application du programme d’action (PA) de la CIPD.

Il déclarera à ce propos que : « La revue du programme d’action de la CIPD, 15 ans après son adoption au Caire est la troisième revue organisée après celles de 1999 et de 2004. Elle est coordonnée cette année par l’Union Africaine et la Commission Economique pour l’Afrique en collaboration avec l’UNFPA.

kalala & mwagila

« Ces organisation, renchérira le Représentant Résident, ont proposé aux pays un format de rapportage permettant d’appréhender les progrès accomplis dans les différentes thématiques du PA de la CIPD articulés autour de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement ».

C’est avec le Prof. Nzita lors de sa présentation du projet de « Rapport de la RDC sur la mise en œuvre du Programme de la Conférence internationale sur la Population et le développement » que les problèmes spécifiques de la RDC en ces matières de population et de développement ont été soulevés, avec chaque fois des appréciations particulières des actions projetées et les réalités concrètes aux facettes qui ne manquaient pas d’interpeller l’assistance. Outre les experts du ministère et ceux de l’UNFPA dont le Représentant lui-même qui émettait des avis et conseils pertinents, l’échange à la cérémonie d’ouverture des travaux a fait intervenir des anciennes ministres bine branchées sur les questions, en l’occurrence  Mmes Kalala et Faïda Mwangila.

Les entraves au traitement en RDC des questions de population et de développement étaient soulevées dans leur acuité déjà à l’ouverture de l’atelier bien que les travaux proprement dits devaient les aborder plus profondément. Le Prof. Paul-Denis Nzita répondait déjà aux préoccupations que l’assistance se mit à exprimer. Il a été soulevé des délicats aspects tels des statistiques des populations congolaises qui n’avaient plus connu de recensement depuis bientôt un quart de siècle, toute la difficulté de confirmations d’estimations souvent avancées sur les catastrophes humaines vécues par le pays, notamment le chiffre, non étayé par des preuves, de 5 millions de morts de la guerre en RDC.

Ainsi est apparue toute l’importance de la maîtrise des éléments qui entrent en ligne de compte de l’élaboration des fiables programmes de développement pour le pays, ce autour de quoi l’assistance a pointé la volonté politique des dirigeants politiques comme une sorte de préalable de garantie de succès. Le ministre Olivier Kamitatu y a réagi en affirmant la détermination dont font montre les autorités actuelles du pays.

Le numéro 1 du Plan en RDC se voulant plus critique en appelant à la conscience de tous et d’un chacun en est venu à annoncer dans le cadre la responsabilité à assumer l’organisation d’une conférence nationale de tous les directeurs des projets de développement initiés pour évaluer la viabilité de ceux-ci et, le cas échéant, débouter ceux qui ne se seront pas montrés à la hauteur. Une participante à l’atelier relèvera en aparté la vanité de la procédure si l’on associe à une telle réunion que les premiers responsables des projets concernés, étant entendu que très souvent ils agissent avec les complicités des autorités qui les désignent et auxquelles les dits responsables ont toujours demeurés redevables. Il faut donc plutôt convier le gros des collaborateurs dans les projets pour en apprendre les réalités à la base de l’échec souvent encouru en RDC des programmes de développement. Dans ce contexte, l’atelier aura été une occasion précieuse de poser tous ces pertinents problèmes. Voilà à quel point le rapport final attendu des travaux suscite un vif intérêt !

(DN/GW/Yes)

Daniel Nzuzi/MMC

 



Last edited: 25/06/2009 17:25:33

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