Depuis le mois d’avril 2009, le monde entier est en alerte avec l’appari­tion de la grippe porcine au Mexique, Etat de l’Améri­que du Nord situé au Sud des Etats-Unis. L’Organisation mondiale de la santé (Oms) et plusieurs pays de presque tous les continents ont pris une série de me­sures pour conjurer le mal. Pour ce qui est du continent africain, quelques Etats du Maghreb ont déclaré avoir décelé des cas et même un cas de décès. Il s’agit plus spécialement de l’Egypte et du Maroc.

La République démocra­tique du Congo n’est pas en dehors des menaces que cette grippe fait voir à l’humanité toute entière. Pour en savoir plus, nous venons d’avoir un entretien avec un médecin vétéri­naire, Dr Dieumerci Ikomba, Directeur du ca­binet vétérinaire Sapco (Société agro-pastorale du Congo), au quartier Chanimétal (Kintambo/Ma­gasins), dans la commune de Ngaliema.

La République : Doc­teur, le monde entier tremble à la suite de la résurgence de la grippe porcine qui vient du continent américain, plus précisément du Mexique. Comment définissez-vous cette ma­ladie ?

Dr. Dieumerci Ikomba : La grippe por­cine est une maladie infec­tieuse, contagieuse, épidé­mique et virale qui attaque généralement les volailles et les chevaux et rarement les porcs, en dépit de son nom. Elle est provoquée par un virus du type in­fluenza de type A, appelé virus H1N1 ou H3N2. Il y a, en fait, trois types de virus qui attaquent les mêmes animaux. Ces virus peuvent se combiner et de­venir alors plus virulents, comme ils peuvent aussi se présenter en ordre dispersé et rendre difficile le traitement.

La transmission aux humains et les symptômes courants

C’est une zoonose, c’est-à-dire une maladie des animaux vertébrés transmissible à l’homme et réciproquement. Des symptômes, on peut citer l’hyperternie, la fièvre, l’inappétence, une toux sèche, des difficultés res­piratoires, la tuberculose, la brucellose (avortements épisodiques ou des fausses couches chez les femmes contaminées). On cite aussi la verminose avec les vers intestinaux genre té­nias qui peuvent atteindre jusqu’à un mètre de long dans les intestins et pro­voquer des complications et la constipation. Il ne faut pas oublier les douleurs musculaires et les troubles pulmonaires.

Quel traitement peut-­on entrevoir ?

Généralement, il n’y a pas de traitement. Pour la grippe, le traitement pré­ventif consiste à recourir à la vaccination, mais dès que l’on est déjà atteint, l’équa­tion se complique. On procède par le traitement symptomatique, mais celui-­ ci n’est pas très efficace. Comme dit plus haut, la grippe porcine attaque des volailles et des chevaux comme la grippe aviaire a été décelée chez les porcs et les chevaux, il y a quel­ques années. Tout cela rend le traitement difficile.

Quelles précautions faut-il prendre ?

L’Etat doit prendre des précautions, particulière­ment au niveau des fron­tières. On doit vérifier si les animaux qui entrent dans notre pays ont été vaccinés et s’ils sont en bonne santé. On doit dis­poser de la carte sanitaire du pays d’origine. Il y a quelques années, la rage canine est entrée en Rdc et la pandémie sévit encore à ce jour. On doit renfor­cer la sécurité et mainte­nir la rigueur au niveau des frontières pour éloigner la maladie. On doit vacciner toutes les bêtes du pays pour éviter d’exporter la maladie.

L’Afrique comme la Ré­publique démocratique du Congo, nous sommes tous menacés. Le certificat mé­dical doit être exigé à tous les voyageurs et on doit prendre toutes les précau­tions nécessaires.

Quelle est la contribu­tion de la médecine vé­térinaire à notre santé ?

Depuis le début de l’année en cours, en considé­rant rien que ce petit laps de temps d’un semestre, l’Etat, par son ministère de la Santé ou avec la coopération de l’Oms, a contribué de manière si­gnificative à la mise en place des infrastructures liées avec la santé de no­tre population. C’est l’un des cinq chantiers de la République.

Ce que l’on fait pour la médecine hu­maine, on ne le fait pas malheureusement pour la médecine vétérinaire. Celle-ci est malheureuse­ment abandonnée a elle-­même. Pourtant, notre santé dépend aussi de la santé des animaux, ça, nos autorités doivent le savoir. Les médecins vétérinaires ont besoin de l’assistance de l’Etat.

(TN/Ern./GW/Yes)

Eden Nsi Bamfumu/La République