S’étant rendue au Cprk dans le cadre de ses consultations gratuites, la délégation de l’IDH a été frappée par la surpopulation carcérale.
L’Institut des Droits de l’Homme (IDH) a effectué lundi dernier une descente à la Prison Centrale de Makala. Objectif: consulter gratuitement (Pro deo) des compatriotes indigents ou sans soutien, victimes de violations des droits de l’homme, notamment les arrestations arbitraires, les détentions illégales ou sans jugement, les jugements sommaires et biaisés...
Au total, soixante avocats des deux barreaux de la ville de Kinshasa, à savoir le barreau de Kinshasa/Gombe et celui de Kinshasa/Matete, ont porté leurs toges noires pour une consultation gratuite de leurs compatriotes qui croupissent à la Prison Centrale de Makala. La délégation de l’IDH était conduite par son Secrétaire Exécutif, le Bâtonnier Donatien Kalemba Tshimankinda, accompagné pour la circonstance du Bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba. Les porteurs des toges noires ont été encouragés par la visite surprise du ministre provincial du Bas-Congo et directeur de l’IDH, Me Nicolas Mabeka Ne Niku. Trois cents pensionnaires ont bénéficié d’une assistance gratuite de l’IDH.
Surpopulation carcérale inquiétante
Contrairement aux années antérieures, la délégation de l’IDH a été frappée cette fois par la surpopulation carcérale. Il y a plus de 5.200 pensionnaires pour une prison dont la capacité maximale était de 1.500 places. Au pavillon des malades, c’est le désarroi le plus total. La carence des médicaments et surtout la sous-alimentation nécessitent une intervention urgente du gouvernement.
L’intervention de l’IDH était salutaire, car elle permet de désengorger cette prison et de combattre certaines irrégularités et/ou excès de zèle déplorés dans le chef de nos responsables tant politiques que militaires et de sécurité.
A la fin des consultations, le Secrétaire Exécutif de l’IDH a loué l’appui des deux barreaux de la ville de Kinshasa. Il a à l’occasion Lancé un appel pressant au gouvernement tant provincial que national, pour prêter main-forte à cette organisation, en vue d’aider nos compatriotes victimes des violations des droits de l’homme a échapper à l’arbitraire, et aux avocats de mieux suivre les dossiers de leurs clients.
Le même appel s’adresse aux ambassades et chancelleries, aux organismes internationaux, aux opérateurs politiques, économiques et socio-culturels.
Un administrateur de l’IDH séquestré
Justin Mubikayi, Administrateur de l’Institut des Droits de l’Homme, a été l’objet d’une séquestration non réglementaire dimanche dernier aux environs de 8h30’ à Mbenseke-Futi. Alors qu’il faisait son footing le long de la nationale n°1, il a été heurté par une jeep Land-Cruiser de couleur blanche. Immédiatement après, il a été enlevé et conduit manu militari au n° 51 de la rue Mbenseke, accusé d’avoir endommagé le rétroviseur. Il a indiqué avoir été séquestré pendant une heure et demie avant d’être obligé de signer, sous forte pression, une décharge dans laquelle il reconnaît avoir effectivement endommagé le rétroviseur de la Land-Cruiser. Par conséquent, il devrait payer une amende de cinquante dollars américains endéans les vingt-quatre heures. Son portable a été confisqué.
(TN/Ern./GW/Yes)
M. L. Mambu/Le Phare
Last edited: 24/06/2009 17:02:41