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Mission et paille de la Monuc

Kinshasa, 23/06/2009 / Politique
Les animateurs de la Mission de Nations Unies en Rdc se comportent comme s’ils n’étaient pas venus pour renforcer nos institutions mais pour les remplacer.

blindés monucLa récente lettre de l’ambassadeur congolais près la Mission permanente de la République Démocratique du Congo auprès des Nations Unies au  Président du Conseil de sécurité, M.Baki Ilkin, a  jeté  un  pavé dans  la  marre. Dans celle des dysfonctionnements récurrents-mais tus-dans  la collaboration  entre  la Monuc et  le gouvernement congolais plus  précisément.

Dans  l’opinion publique congolaise cependant, d’aucuns pensent, entre autres, que le Représentant permanent de la RDC, Christian Atoki, a touché du doigt la plaie purulente du saupoudrage et de  la langue de bois diplomatique, déployée  par les uns et  les autres autour du manque de  lisibilité et de visibilité  des actions des organismes onusiens de développement dans notre pays. Dans un style épistolaire limpide, sagace et élégant, le diplomate congolais, s’inspirant des paragraphes 03,04 et 07 de la résolution 1856 du 22 décembre 2008,  prie M.Ilkin d’exhorter M.Ban Ki Moon à sortir la MONUC d’un certain assoupissement observé dans sa performance quant aux dispositifs mis en place  pour  la coordination et l’exécution, en RDC, des programmes définis par  l’Equipe des  pays  membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Dans  le  domaine de  la consolidation de l’Etat de droit, dont la dispense des conseils  en vue du renforcement des instructions et des processus démocratiques aux niveaux tant national, provincial que régional et local, de  la  préparation des élections locales, de  l’appui  à la décentralisation, de  la  promotion de  la bonne  gouvernance et du respect du principe de responsabilité.

En substance,le diplomate congolais reproche  leur oubli du rôle d’impulsion du gouvernement congolais aux animateurs onusiens. Ces derniers se comporteraient, de ce point de vue, comme s’ils n’étaient  pas venus pour renforcer nos institutions mais pour les remplacer. Ce qui donnerait, à travers certains de leurs actes, la nette impression à penser que la Monuc fonctionnerait comme  un Etat dans  un autre Etat. Les articles 1 et 2 du Chapitre premier de  la Charte des Nations Unies (1945), signée le 22 juin 1945 à San Francisco, énoncent, entre autres, qu’aucune disposition-faut-il le rappeler- n’autorise l’organisation onusienne à intervenir dans  les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un Etat.

L’objectif de maintien de la paix et de la sécurité internationales  ne dédouane pas la Mission de l’ONU en RDC de rappeler aux Organisations non gouvernementales collaborant avec elle,  mais n’ayant pas  été créées par une volonté étatique, leur obligation d’opérer en étroite collaboration avec  les autorités congolaises. Somme toute, elles ont tout intérêt à ne  plus donner à l’opinion  nationale cette  impression de faire dans  le télescopage ou de travailler dans  la dispersion.

Au fond, ce constat de bilan  nuancé des interventions de missions onusiennes pour  les rétablissements de  la paix à travers  le monde n’est pas une exclusivité congolaise. D’évidence, en plus de manquer de moyens suffisants pour la mise en place de leurs mandats souvent  mal définis, les missionnaires de  l’ONU (casques bleus) ont souvent fait face à des situations de plus en plus complexes pour un bilan contrasté et controversé. Il faut ajouter à cela le manque de clarté qui caractérise d'une part les objectifs réels de leurs  opérations et, d’autre part la politique suivie par les Etats bénéficiaires de leurs  prestations. Il sied de relever, quand même, que les efforts de  la Monuc sont d’autant plus louables dans sa collaboration avec les troupes des FARDC que  la sécurisation de nos populations civiles dans des centres conjoints de coordination en dépend. Il en est ainsi, par exemple, de  l’opération Kimia II contre  les rebelles hutus rwandais au Nord-Kivu.

Ce, malgré les difficultés logistiques évidentes que rencontrent les uns et  les autres avec  leurs intendances. Toutefois, si ces efforts ne sont pas à renvoyer d’un revers de  la main, en revanche,  le dysfonctionnement  observé dans  le rendement de  la Monuc devrait stimuler  les  officiels congolais à mieux extraire les poutres érigées en méthodes de travail  par certains mauvais animateurs de notre système de défense et de sécurité. Comme en liminaire, cet écart trop prononcé de niveau de vie entre les soldats de troupes associées de  la Monuc et des FARDC, loyalistes fussent-ils. Cela ressemble à l’allumage des foyers de tension inévitables entre compagnons d’armes.

(TN/Th/GW/Yes)

Jean Marie Vianney Longonya Okungu Dembe D’Ote / Acp



Last edited: 23/06/2009 17:17:21

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