Les animateurs de la Mission de Nations Unies en Rdc se comportent comme s’ils n’étaient pas venus pour renforcer nos institutions mais pour les remplacer.
La récente lettre de l’ambassadeur congolais près la Mission permanente de la République Démocratique du Congo auprès des Nations Unies au Président du Conseil de sécurité, M.Baki Ilkin, a jeté un pavé dans la marre. Dans celle des dysfonctionnements récurrents-mais tus-dans la collaboration entre la Monuc et le gouvernement congolais plus précisément.
Dans l’opinion publique congolaise cependant, d’aucuns pensent, entre autres, que le Représentant permanent de la RDC, Christian Atoki, a touché du doigt la plaie purulente du saupoudrage et de la langue de bois diplomatique, déployée par les uns et les autres autour du manque de lisibilité et de visibilité des actions des organismes onusiens de développement dans notre pays. Dans un style épistolaire limpide, sagace et élégant, le diplomate congolais, s’inspirant des paragraphes 03,04 et 07 de la résolution 1856 du 22 décembre 2008, prie M.Ilkin d’exhorter M.Ban Ki Moon à sortir la MONUC d’un certain assoupissement observé dans sa performance quant aux dispositifs mis en place pour la coordination et l’exécution, en RDC, des programmes définis par l’Equipe des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Dans le domaine de la consolidation de l’Etat de droit, dont la dispense des conseils en vue du renforcement des instructions et des processus démocratiques aux niveaux tant national, provincial que régional et local, de la préparation des élections locales, de l’appui à la décentralisation, de la promotion de la bonne gouvernance et du respect du principe de responsabilité.
En substance,le diplomate congolais reproche leur oubli du rôle d’impulsion du gouvernement congolais aux animateurs onusiens. Ces derniers se comporteraient, de ce point de vue, comme s’ils n’étaient pas venus pour renforcer nos institutions mais pour les remplacer. Ce qui donnerait, à travers certains de leurs actes, la nette impression à penser que la Monuc fonctionnerait comme un Etat dans un autre Etat. Les articles 1 et 2 du Chapitre premier de la Charte des Nations Unies (1945), signée le 22 juin 1945 à San Francisco, énoncent, entre autres, qu’aucune disposition-faut-il le rappeler- n’autorise l’organisation onusienne à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un Etat.
L’objectif de maintien de la paix et de la sécurité internationales ne dédouane pas la Mission de l’ONU en RDC de rappeler aux Organisations non gouvernementales collaborant avec elle, mais n’ayant pas été créées par une volonté étatique, leur obligation d’opérer en étroite collaboration avec les autorités congolaises. Somme toute, elles ont tout intérêt à ne plus donner à l’opinion nationale cette impression de faire dans le télescopage ou de travailler dans la dispersion.
Au fond, ce constat de bilan nuancé des interventions de missions onusiennes pour les rétablissements de la paix à travers le monde n’est pas une exclusivité congolaise. D’évidence, en plus de manquer de moyens suffisants pour la mise en place de leurs mandats souvent mal définis, les missionnaires de l’ONU (casques bleus) ont souvent fait face à des situations de plus en plus complexes pour un bilan contrasté et controversé. Il faut ajouter à cela le manque de clarté qui caractérise d'une part les objectifs réels de leurs opérations et, d’autre part la politique suivie par les Etats bénéficiaires de leurs prestations. Il sied de relever, quand même, que les efforts de la Monuc sont d’autant plus louables dans sa collaboration avec les troupes des FARDC que la sécurisation de nos populations civiles dans des centres conjoints de coordination en dépend. Il en est ainsi, par exemple, de l’opération Kimia II contre les rebelles hutus rwandais au Nord-Kivu.
Ce, malgré les difficultés logistiques évidentes que rencontrent les uns et les autres avec leurs intendances. Toutefois, si ces efforts ne sont pas à renvoyer d’un revers de la main, en revanche, le dysfonctionnement observé dans le rendement de la Monuc devrait stimuler les officiels congolais à mieux extraire les poutres érigées en méthodes de travail par certains mauvais animateurs de notre système de défense et de sécurité. Comme en liminaire, cet écart trop prononcé de niveau de vie entre les soldats de troupes associées de la Monuc et des FARDC, loyalistes fussent-ils. Cela ressemble à l’allumage des foyers de tension inévitables entre compagnons d’armes.
(TN/Th/GW/Yes)
Jean Marie Vianney Longonya Okungu Dembe D’Ote / Acp
Last edited: 23/06/2009 17:17:21