La RDC à mi-chemin de la législature actuelle maintient fermement le cap de sa reconstruction sans être épargnée des tumultes de la maussade conjoncture internationale et il n’y a pas lieu de s’affoler tant que chef de l’Etat y veille méticuleusement, ainsi que le rassure le député Richard Muyej très optimiste
Au moment du départ en vacances parlementaires après la session ordinaire de mars clôturée à la mi-juin, le député national élu de Lubumbashi Richard Muyej Mangeze Mans confie ses édifiantes observations et remarques qu’il a pris l’habitude de partager sur la marche de la RDC. Il s’agit d’observations et remarques d’autant plus pertinentes qu’elles portent pour le pays sur des institutions parvenues à un tournant significatif, celui du mi-chemin de la première législature. L’étape est non épargnée de turbulences qui inquiètent avec raison une bonne partie de la population congolaise.
L’environnement international est des plus austères sous les secousses de la crise financière mondiale, et la RDC qui peine à sortir d’une guerre injuste lui imposée par des ennemis jaloux de son destin ne dispose que de l’alternative de la voie étroite du passage entre des écueils menaçant de perdition. C’est le temps des stratèges courageux et très avisés qui puissent sauver leurs nations et leurs peuples.
Le député Richard Muyej élu de Lubumbashi ne dénie pas la délicate passe des cruciaux problèmes actuels pour la RDC, mais il se dit optimiste avec pleine confiance dans le leadership du président Joseph Kabila qu’il considère pour le moment comme l’homme du destin du pays, bien qu’il ne soit pas encore compris dans cette dimension par les sceptiques, quand bien même que le Chef de l’Etat étale les signes de son patriotisme et de sa détermination à gagner le pari de la reconstruction du Congo démocratique. Voici les confidences de l’honorable Richard Muyej qui s’est volontiers prêté à répondre aux questions de l’interview ci-après.
Honorable, vous voici en partance en vacances parlementaires après la session ordinaire de mars clôturée le 15 juin, session qui aura été, croyons-nous, l’une des plus orageuses de cette législature. Quelle leçon en tirez-vous ?
C’aurait été une session difficile, mais après l’élection du nouveau bureau, les députés ont vite fait de faire revivre la prestigieuse dynamique qui fait de l’Assemblée nationale le cadre par excellence de débat démocratique en RDC. Et dans ce contexte nouveau, de nombreuses lois ont été votées, le contrôle parlementaire sur l’exécutif régulièrement organisé, des ministres ont été interpellés, des dirigeants d’entreprises invités à répondre aux questions de la représentation nationale, bref plus de 80 % d’éléments programmés ont été réalisés. C’est un exploit remarquable si on tient compte du climat malsain qui a marqué les premiers jours de la session de mars. Il faut donc rassurer l’opinion que l’Assemblée nationale a repris son élan. Et que l’avenir permettra à la démocratie de s’asseoir davantage
Peut-on conclure là-dessus, comme on dit, que tout est bien qui finit bien ?
Je crois qu’on peut se le permettre
Vous partez en vacances en laissant un lourd inconnu suspendu de la motion de défiance présentée contre le Premier ministre, et cela pendant qu’est attendu le remaniement annoncé du gouvernement pouvant intervenir entretemps. N’est-ce pas là un contexte qui ne rassure pas et qu’en direz-vous à votre base si elle vous en exprime sa préoccupation ?
Je dirai à ma base ce que je vais vous dire à vous maintenant. J’ai entendu parler de la motion de censure mais je ne l’ai pas vue passer sous mes yeux. J’espère qu’il y a des députés qui l’ont vue et qui l’ont signée ou qui ne l’ont pas signée. Moi personnellement je n’ai pas été intéressé. Et d’un. De deux, il y a ces bruits autour du remaniement, de changement de gouvernement. C’est dans l’opinion que je rencontre cela. Il n’y a eu aucune déclaration officielle ou un communiqué qui annonçait le changement du gouvernement. Je crois que Kinshasa, c’est une ville spéciale et une ville à spéculations. Il faut plutôt être calme et attendre que les choses se précisent.
J’ai comme l’impression que tout est parti de la lettre que le cabinet du Chef de l’Etat a, au nom du Chef lui-même, adressé au Premier ministre pour mettre un peu de l’ordre dans la gestion des finances Je voudrais tout de suite préciser qu’il s’est agi d’un droit de regard constitutionnellement reconnu au Chef de l’Etat, et il n’a pas été question de la reprise du mandat d’ordonnancement des dépenses publiques.
Le Premier ministre continue à travailler comme toujours, les animateurs de la chaîne de dépense aussi, mais cette fois-ci le Chef de l’Etat voudrait s’assurer avant toute sortie des fonds que l’esprit et les consignes données sont respectés. Les consignes concernent les priorités. Et la plus grande priorité pour le Chef de l’Etat concerne sa permanente préoccupation sur l’homme et le fonctionnement des institutions. Ce sont les salaires, les prestations des fonctionnaires, la santé, les frais de fonctionnement, l’ordre public et la sécurité devant sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité du territoire.
Conscient de sa mission de crédibiliser l’Etat, le président de la République se préoccupe également de la dette extérieure pour préserver le partenariat positif avec les institutions financières internationales. Dans le même contexte la dette publique intérieure n’est pas en reste, mais il faut avouer qu’il y a un gros effort d’assainissement à faire dans ce cadre précis pour arrêter le dérapage.
En ce qui concerne les dépenses d’investissements, le programme de reconstruction nationale occupe une place de choix et invite à une meilleure attention, surtout pour des ouvrages en cours de réalisation avec l’apport des partenaires extérieurs. Il est inadmissible qu’un chantier soit bloqué par le fait d’un mauvais choix d’affectation, c’est-à-dire que la partie nationale n’arrive pas à honorer ses engagements pendant que le décideur préfère privilégier des besoins moins urgents parce que comportant des intérêts peu ouverts.
Vous comprendrez évidemment que lorsque l’échelle des priorités est inversée, le Chef de l’Etat prenne ses responsabilités pour remettre de l’ordre dans le fonctionnement de la chaîne des dépenses, sans pour autant en récupérer l’autorité. Savez-vous qu’en 2011, face à notre peuple, c’est Joseph Kabila, lui et lui seul qui devra répondre à toutes les interrogations ? Comment imaginer que devant un dérapage flagrant il reste insensible et indifférent, lui qui s’est engagé, lors de sa prestation de serment, à ne se laisser guider que par l’intérêt général et à consacrer toutes ses forces à la promotion du bien commun ?
Je suis convaincu, personne ne me l’a dit, que si le cabinet a été amené à réagir, c’est qu’il y a eu un constat négatif. Et il est tout à fait normal que le Chef de l’Etat, en tant que garant de la Constitution, en tant que garant de l’ordre public, en tant que garant de la paix sociale, puisse agiter la sonnette d’alarme chaque fois qu’il est saisi des actes pervers dans la gestion de la chose publique.
Les correspondances du cabinet présidentiel sont claires et ne prêtent à aucune équivoque là-dessus. Au mois de février déjà le cabinet, sur instigation du Chef avéré d’une indéniable clairvoyance, avait signalé au chef de l’exécutif le constat fait par le président de la République, à savoir que « depuis le 4ème trimestre 2008, le pays traversait une situation économique et financière difficile. Les recettes du Trésor public avaient tendance à baisser, tandis que les dépenses ne faisaient que croître ».
Il était signifié ensuite dans la lettre que « Comme partout dans le monde, cette situation impose aux dirigeants l’adoption d’un comportement responsable et imaginatif quant aux solutions à adopter face à la crise. Ce fut ensuite l’occasion pour le président de la République de rappeler au Premier ministre les mesures qu’avait expressément arrêtées le gouvernement.
Primo : exercer un choix judicieux de la qualité de la dépense, ce qui entraîne qu’il faille privilégier les dépenses dites non contraignantes et assurer le fonctionnement régulier de toutes les institutions.
Secundo : observer le respect du plan d’engagement qui doit s’harmoniser avec le plan de trésorerie. Encadrer ensuite les recettes tant en monnaie nationale qu’en devises étrangères, afin de garantir la stabilité du Franc congolais. Tout entreprendre, enfin, pour que le pays soit de nouveau en programme avec les partenaires extérieurs, et ce, dans le but d’atteindre le point d’achèvement.
Les meilleures dispositions de collaboration au sommet de l’Etat étaient même réaffirmées à la fin de la correspondance dans les termes ci-après, je revois le passage de la lettre du cabinet présidentiel, à savoir : « Face aux nombreux et complexes défis qu’impose le maintien du cap en cette période tumultueuse, le Chef de l’Etat vous assure de sa pleine collaboration et s’engage à vous assister dans la réalisation de vos attributions, et à assurer la surveillance nécessaire pour la reconstruction de notre beau et grand pays ». Si ma mémoire est bonne la lettre date du 9 février 2009.
En voilà pour la première correspondance autour de ce rappel de recours à la restriction qu’imposait la situation. Trois mois après, le 28 mai est intervenue la correspondance dont le public a eu vent et qui concernait l’instruction autour de l’ordonnancement des dépenses publiques par laquelle le Chef de l’Etat usait de son droit de regard sur cette matière, et cela toujours en vue de prévenir le dérapage encourue dans la gravité de la situation.
Le Premier ministre y a répondu comme on le sait, et, encore une fois dans le souci permanent de veiller scrupuleusement à éviter la débâcle dans la gestion des dépenses publiques, pas plus tard qu’il y a cinq jours, le cabinet présidentiel est bien revenu à la charge, vu la délicatesse de la situation. Cette fois il était signifié au chef de l’exécutif des mesures d’exécution de l’instruction sur l’ordonnancement des dépenses publiques.
Il s’agit de précisions plus concrètes autour de la matière visée. Et il y est stipulé que « l’ordonnancement des dépenses publiques ainsi que l’élaboration du plan mensuel de trésorerie continuent à obéir en amont aux procédures habituellement d’usage, conformément à la loi financière. Les ministères du Budget et des Finances traditionnellement compétents poursuivent leur traitement des dossiers y relatifs.
Sous réserve que, cette fois-ci, le Président de la République examine le tableau général des dépenses ordonnancées, les plans de trésorerie arrêtés, ainsi que les titres de paiement avant d’en autoriser l’exécution ou le paiement. Il est recommandé derechef au Premier ministre de se « conformer à ces mesures prises à titre conservatoire, en évitant tout retard préjudiciable au bon fonctionnement des institutions ». Encore une fois donc, il est établi que le souci du Chef est de faire respecter les priorités convenues
Doit-on avoir à redire sur ces dispositions de collaboration entre les deux principaux animateurs de l’exécutif de l’Etat ? N’est-ce pas ce genre de pratique de collaboration étroite qui manquait dans le passé au point que les responsables privés de telle et assidue intelligence consacraient la débâcle de la gestion des finances publiques ? Ceux qui y voient des matières de friction se trompent d’époque avec retard de compréhension de l’ère nouvelle qu’inaugure et restaure Joseph Kabila !
Vous êtes homme politique vivant à Kinshasa présentement, au moment de la tenue de la session parlementaire arrivé à son terme, vous avez certainement eu vent des consultations dont en a parlé en prévision du remaniement annoncé du gouvernement. Est-là encore une invention de radio trottoir ?
Vous dites bien « on a parlé ! ». Mais je ne sais pas si les consultations ont été annoncées ! Le Chef de l’Etat a l’habitude d’agir au grand jour. Le Chef de l’Etat n’est pas friand des messes noires, il n’est pas de cette culture. Quand il y a des consultations, elles sont annoncées et le programme bel et bien connu. Et à ce moment-là il ne s’agit pas de rumeurs, il s’agit bel et bien d’une information ou de l’information officielle. Je crois qu’il faut réduire les spéculations, parce qu’elles entretiennent le mensonge, les contre-vérités et risquent à la longue de démobiliser.
Mais il y a une situation qui a confirmé ce climat dans la mesure où tout récemment la crise au sein de la Gécamines mécontente du non paiement de la part lui revenant sur le premier acompte des pas-de-porte chinois. Vous ne devez pas être surpris si cela a fait croire à une bonne partie de l’opinion que le flou dans cette affaire était entretenu au niveau de la présidence !
C’est tout à fait faux ! Votre micro me permet de confirmer que le cabinet du Chef de l’Etat a écrit à la Gécamines il y a presqu’un mois pour informer la délégation syndicale de la Gécamines, la représentation des travailleurs, après une séance d’échange avec celle-ci, que, conformément aux accords, la Gécamines avait droit à 50 millions de dollars cette fois-ci et à 50 millions de dollars dans la 2ème tranche, ce qui fait 100 millions sur les 350 millions de dollars attendus de pas-de-porte chinois, et qu’il n’y avait aucune raison pour que la Banque Centrale du Congo ne puisse débloquer cet argent en faveur de la société d’Etat concernée.
Donc le Chef de l’Etat, encore une fois garant de l’ordre public, n’aime pas laisser courir ou laisser trainer la confusion. Encore une fois il a agi. Je vous demande un minimum d’effort pour accéder à cette lettre. Mais je peux vous dire qu’au niveau de la délégation syndicale à Lubumbashi au Katanga la lettre a été multipliée en des milliers de copies et chaque travailleur a cette lettre dans sa maison.
Le Chef de l’Etat, depuis l’arrivée de ce financement, s’était déjà dégagé de toute responsabilité et avait demandé au gouvernement de la République et à la Banque centrale d’agir le plus tôt. Il y a des raisons techniques que le gouverneur de la Banque a expliquées vendredi quand la situation a finalement été débloquée, raisons qui ont fait que le mouvement ait pris légèrement du temps. Donc, encore une fois, ce sont des pêcheurs en eau trouble qui ont tenté de discréditer le Chef de l’Etat et de manière fortuite.
Vous qui avez toujours déploré le déficit de communication, ne croyez-vous pas que c’est ce déficit de communication qui a encore été au rendez-vous ?
Le déficit de communication, j’ai comme l’impression que c’est lié à un virus et que tous ceux qui ont vécu la deuxième République, j’ai comme l’impression qu’ils ont tous été atteints par ce virus, la mobutite, qui provoque la maladie qu’on appelle la mobutose. C’est une maladie qui perturbe le réflexe humain et qui tend à tout ramener sur soi, à ne considérer que son intérêt, à privilégier l’égocentrisme, et à ignorer superbement l’intérêt communautaire, l’intérêt public. La tendance, c’est de croire que quand on est soi-même satisfait, le monde s’arrête.
La crise internationale, je crois que vous êtes en contact avec les médias du monde, vous avez vu comment les pays à travers le monde ont mobilisé les médias pour expliquer à la population quels en étaient les effets, de manière à préparer cette même population à supporter et à bien gérer ce temps ; mais chez nous, je vous mets au défi de me citer cinq émissions qui ont été organisées pour que la population comprenne ce qu’était la crise internationale, la récession financière, et quels étaient les effets éventuels attendus en République Démocratique du Congo. Rien !
Il y a le problème du fameux dossier sur les difficultés de paiement des fonctionnaires, les gens vont en grève, je sais que les contacts se prennent ci et là pour débloquer la situation, mais on n’explique pas assez, on ne parle pas assez des difficultés qu’éprouve la trésorerie pour le moment. Mais il faut le dire !
Si nous tenons à vivre les merveilles de la gestion transparente, il nous faut accéder à une nouvelle culture, la culture de l’ouverture et la culture de l’information. C’est encore un mal et comme je vous l’ai dit, il s’agit d’un mal lié au système qui a fait faillite. Et le virus responsable de ce mal s’appelle la mobutite. Pas Mobutu comme personne, mais Mobutu comme système !
Votre acerbe critique du déficit de communication touche le communicateur que je suis en tant que journaliste, mais ne croyez-vous pas que l’initiative de cette matière de communication sociale ne doit pas seulement concerner l’agent des médias mais aussi le responsable politique ?
Ce n’est pas une circonstance atténuante. A mon avis, la presse doit être agressive. Si le politique, les hommes publics ne se donnent pas cette peine, la presse doit provoquer ce débat pour permettre à l’opinion d’être informée.
Entendu sur ce point. Venons-en maintenant à votre violon d’Ingres : la décentralisation et le découpage territorial qui représentent un intérêt évident pour le mandataire du peuple que vous êtes surtout pour votre base électorale. La décentralisation court à son tournant décisif de mise en application. Pourtant au Katanga il n’y a plus d’unanimité autour de cette innovation administrative constitutionnelle. A Kowezi, par exemple, on s’en tient à la nouvelle province de ce territoire, alors qu’ailleurs on se met à soutenir le statu quo de la province actuelle. Que peut-il arriver si les avis restent ainsi partagés et que pouvez-vous en préconiser ?
C’est encore une fois le déficit communicationnel qui est en cause. Il y a eu un projet de Constitution qui a été présenté à l’élite et à certaines personnalités dans différentes couches de la population, leaders d’opinions, chefs coutumiers, cadres de base avant même qu’on envisage le référendum. Il y a eu en second lieu la vulgarisation sous forme de textes publiés en toutes les langues nationales.
C’est exact !
Il y a eu en troisième lieu la campagne référendaire et en quatrième lieu le vote. J’estime qu’à ce moment-là notre peuple a voté en âme et conscience pour la Constitution proposée par le législateur de l’époque, et la matière concernant la décentralisation et le découpage territorial est bel et bien contenue dans cette Constitution. Nous nous battons tant bien que mal au niveau de l’Assemblée nationale pour que les dispositions sous forme de lois soient votées et que toutes ces matières prévues dans la Constitution soient appliquées.
Au niveau précisément de la décentralisation et du découpage plusieurs lois ont été votées et même promulguées par le Chef de l’Etat, mais l’application se fait. C’est un processus. Il faut comprendre que nous venons d’un système basé sur la centralisation à outrance. Il faudrait donc nous éviter la précipitation. Mais ce qui est important est que les gens comprennent où nous allons.
Mais comment admettre qu’avant même que les dispositions constitutionnelles auxquelles notre peuple a adhéré à plus de 70 % ne soient appliquées, des voix s’élèvent ci et là pour demander qu’on change. Mais qu’on change quoi ? Il y a même des gens qui demandent qu’on organise de nouveaux référendums dans certaines régions. Mais pourquoi encore faire des dépenses pour des choses, pour le compromis qu’on a trouvé au niveau de l’ensemble du pays ?
Je trouve que c’est tout simplement un problème lié à la naïveté de notre peuple qui est exploité négativement par certains clans d’intérêts pour faire échec à la maturation de la jeune démocratie. Je crois que les gens devraient être un peu indulgents et permettre à notre jeune démocratie de s’asseoir. Pourquoi avant même qu’elle ne puisse avoir des assises, on voudrait charcuter certaines dispositions de la Constitution ? Cela relève de l’escroquerie politique !
Je voudrais vous dire qu’au Katanga il ne devrait pas y avoir de problèmes, surtout pas à Kolwezi. Parce que la province du Lualaba qui semble être l’objet de polémiques a déjà été une province entre 1964 et 1966, et si quelqu’un devait conter l’histoire du découpage territorial, la province du Lualaba serait citée comme une référence.
J’étais encore jeune, j’avais entre 9 à 11 ans, et je me rappelle que j’ai été en vacances dans le Lualaba, je n’avais jamais appris qu’il y avait des oppositions entre les tribus, entre les ethnies, il y avait plutôt la cohésion, l’harmonie entre les tribus, parce que la gestion se faisait en toute transparence et toutes les composantes socioculturelles étaient représentées et associées à l’exercice du pouvoir. Donc c’est un faux problème !
C’est un problème d’aujourd’hui qui a un fondement économique, un fondement d’intérêts financiers. Il y a des clans d’intérêts qui sont fermement accrochés aux intérêts matériels et qui tiennent à avoir toujours la mainmise sur les espaces qui sont économiquement et financièrement utiles. D’où la nécessité d’avoir tel ou tel autre espace dans la province ou les provinces auxquelles appartiennent ces personnes. J’aimerais que ces personnes réalisent que tous ces actes visent à torpiller la jeune démocratie, et il n’y a personne qui pardonnerait cela.
Et puis, cela m’étonne que tous ces textes contradictoires présentés, toutes ces signatures soient récoltés aujourd’hui, avant même que toutes ces matières ne soient appliquées. Il y a des dispositions au niveau de la Constitution qui prévoient des aménagements ou des modifications, et je crois que le minimum, c’est d’attendre d’abord que les dispositions s’appliquent. Tous ces débats qui sont animés çà et là, à mon avis, sont des débats du futur.
Ce sont des débats qui interviennent déjà à mi-chemin de la législature qui est tout de même une étape déjà indicative sur l’acceptation ou le rejet des promesses de ceux qui ont sollicité les suffrages populaires. Irez-vous jusqu’à vous désintéresser de ces avis ? Comment entrevoyez-vous l’avenir dans ces conditions, puisqu’il va falloir solliciter encore pour bientôt les suffrages du même électorat !
Nous nous battrons et je crois que le problème le plus important, si les gens aiment ce pays, le problème le plus important pour le moment, c’est de nous concentrer à la résolution des questions liées à la crise économique et financière. Notre peuple souffre, il faut lui éviter de telles distractions.
J’étais surpris de voir que des chefs coutumiers du Katanga peuvent payer des billets d’avion, peuvent loger dans des grands hôtels, peuvent payer des frais des médias pour faire passer des idées qui sont tout à fait contraires à la logique constitutionnelle. C’est tout simplement de la manipulation. Je crois que les cadres qui sont à la base de telles agitations devraient se tenir tranquilles et accompagner le Chef de l’Etat dans son programme de reconstruction nationale et de lutte contre la pauvreté.
Quel peut être votre mot de la fin toujours à cette mi-chemin de la législature en tournant le regard en premier lieu sur l’étape parcourue et ensuite vers l’avenir !
Je suis optimiste. Je suis heureux que la démocratie tant attendue soit maintenant vécue par notre peuple et grâce à la volonté d’un homme, qu’on le veuille ou pas, c’est le fait de Joseph Kabila Kabange. Très jeune, personne ne croyait qu’il allait permettre une telle ouverture. Nous y sommes. Il a connu des attaques personnelles, et il a connu des campagnes de calomnie, des campagnes de dénigrement, il est resté de marbre, et aujourd’hui personne ne peut douter un seul instant que le Congo a glissé dans la phase de la démocratisation. Nous y sommes et j’ai confiance dans l’avenir.
Maintenant il faudrait que malgré nos divergences on puisse à un moment se ressaisir face à la crise économique. Il faut définir clairement différentes formules de rapprochement et de collaboration, et il faudrait qu’ensemble nous puissions regarder dans la même direction. Parce que la crise est forte, notre peuple a beaucoup souffert, il a beaucoup attendu de l’après-élection. Il faudrait que nous puissions répondre à ses défis.
(DN/Yes)
Propos recueillis par Daniel Nzuzi / MMC