Mystère toujours autour des sources d’approvisionnements en armes des forces négatives qui continuent à déstabiliser l’Est de la RDC en dépit des opérations de traque des divers groupes armés non encore neutralisés dans leurs attaques des populations civiles
Plusieurs campagnes de récupération d’armes et munitions de guerre lancées à travers les provinces du Nord et Sud Kivu, et Orientale, aussi bien par l’Ong Parec et la Commission nationale de contrôle dans la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, avaient suscité bien d’espoirs quant à l’objectif de parvenir à zéro arme dans les provinces érigées longtemps en bastions des groupes rebelles étrangers et milices armées congolaises.
Force est de constater malheureusement que malgré le bilan flatteur des armes récupérées jusqu’ici, la situation sur le terrain dans ces provinces en proie aux violences et affrontements armés, ne semble pas encourageante, ni rassurante. Pourtant, on espérait plus avec les opérations militaires conjointes de traque menées par les Fardc et l’Armée patriotique rwandaise contre les éléments des FDLR d’un côté et de l’autre les Fardc et les forces armées ougandaises ainsi que celles du Sud Soudan contre les rebelles de LRA, ayant justifié Kimia I au Nord Kivu et Rudia I en Ituri.
L’espace d’un matin, après le retour dans leurs pays des corps expéditionnaires rwandais, ougandais et soudanais, les résidus de ces groupes rebelles étrangers appuyés par des milices locales ont réinvesti leurs anciens fiefs où ils continuent à semer la mort et la désolation. La comptabilité macabre, tout comme celle des populations déplacées, ainsi que des femmes et enfants victimes de viols, ne cesse d’indigner les autorités congolaises et révolter la communauté internationale. On signale même qu’une catastrophe humanitaire guette cette partie du pays.
Pour expliquer le regain de criminalité enregistré dernièrement à l’Est, l’Ong la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté a révélé la semaine passée que 7.000 armes circulent illégalement chaque mois dans cette partie du pays. Ces chiffres font frémir et la menace de nouvelles tueries des populations civiles pèse encore sur certaines localités désertées par ces populations craignant de subir des exactions.
Nécessité de diligenter une enquête sur la traçabilité de armes
Les questions que l’opinion congolaise se pose à ce jour sont celles de savoir, d’abord, qui approvisionne en armes et munitions ces groupes rebelles étrangers et les milices locales narguant encore les Fardc. Si les liens les rattachant aux réseaux implantés dans leurs pays d’origine ont été rompus avec les opérations militaires conjointes Kimia I et Rudia I, qui donc serait alors leur pourvoyeur actuel en armes et munitions en RDC ?
Une enquête à mener dans ce domaine permettrait d’identifier ces fameux trafiquants d’armes, qu’ils soient des Congolais ou étrangers. A quelles forces militaires, policières ou organismes internationaux appartiennent-ils ? Des réponses à toutes ces question permettront à coup sûr de démanteler les principaux réseaux de trafic d’armes, d’identifier les fournisseurs et leurs complices, de localiser les principales sources d’approvisionnement, pour enfin couper toutes les voies d’accès à ces armes.
Les conclusions de ces investigations réclamées par l’Ong internationale donneraient la traçabilité de ces milliers d’armes de guerre de tous calibres qui entrent sur le territoire congolais par la contrebande ou qui seraient soustraites de certaines forces militaires ou policières. C’est certainement là l’une des solutions pour éradiquer, une fois pour toutes, la prolifération continue des armes et munitions de guerre qui entretiennent une insécurité persistante à l’Est et donnent des insomnies aux populations du Nord et Sud Kivu ainsi que de la Province Orientale.
Le gouvernement ferait oeuvre utile en privilégiant cette solution en amont des opérations militaires conjointes de traque Kimia II contre les résidus FDLR et Rudia II contre les groupes rebelles de la LRA. Car, comme on peut se le rappeler, s’attaquer en priorité aux groupes armés étrangers et milices locales, a donné des résultats que l’on sait et qui ont vu ces rebelles et groupes Maï-Maï opter pour d’autres stratégies sur le terrain et continuer de narguer les Fardc.
(DN/Milor/Yes)
J.R.T./Le Phare
Last edited: 22/06/2009 18:05:49