Le premier contact que le nouveau représentant résident de l’agence onusienne UNFPA en RDC a eu en début de semaine avec les médias congolais a servi d’occasion à ce haut fonctionnaire international de présenter la mission, le programme et les défis de son organisation
Le nouveau représentant résident en RDC du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), M. Richard Dackam-Ngatchou, a eu au début de la semaine son premier contact avec les médias locaux auxquels il a été présenté par son chargé de communication et du plaidoyer, M. Assane Ba. Ce fut l’occasion pour le haut fonctionnaire onusien qui venait de prendre ses fonctions le 4 juin dernier avec la cérémonie de présentation de ses lettres de créance au ministre des affaires étrangères Alexis Thambwe Mwamba de signifier et expliquer à l’opinion la mission que son agence lui assigne et comment il entendait l’accomplir.
Arrivé dans un pays post-conflit où les problèmes de population sont naturellement cruciaux, surtout compte tenu de la vaste étendue de la RDC, un programme d’action mené sans méthode conduit à des résultats négatifs de l’objectif poursuivi de protection et de promotion des populations vulnérables congolaises.
M. Richard Dackam- Ngatchou a indiqué que non seulement son agence est soumise à cette rigueur dans la conduite de ses actions, mais aussi et surtout la RDC qui a besoin d’être accompagnée dans la solution des problèmes humanitaires auxquels le pays est cruellement confronté. Le numéro 1 de l’UNFPA en RDC a insisté sur l’importance du recours aux méthodes modernes de gestion des ces questions, en l’occurrence une bonne planification conditionnée notamment par un recensement scientifique de la population. Les premiers propos tenus par le fonctionnaire onusien en disent long.
« La chance pour le Fonds des Nations Unies pour la Population, a déclaré d’emblée M. Richard Dackam- Ngatchou, est que son mandat est un mandat naturel. Nous voulons sauver les vies des femmes qui accouchent, qui sont enceintes. Nous voulons promouvoir l’égalité et l’équité entre les hommes et les femmes qui est un processus naturel. Nous voulons promouvoir une maternité exemptée de tout risque. Quoi de plus naturel pour chacun que sa sœur, sa mère, ou sa fille accouche dans de bonnes conditions ».
Mais nous voulons également connaître combien nous sommes. Nous ne pouvons pas parler de la culture de bonne gouvernance sans savoir combien nous sommes, qui est où, avec quelles caractéristiques. Enfin nous voulons également promouvoir les jeunes contre une sexualité à hauts risques du VIH/Sida. C’est pour cela que notre action en matière de prévention du VIH/Sida est fondamentale.
Le Fonds des Nations Unies pour la population œuvre en même temps pour le droit en matière de santé pour la reproduction, pour promouvoir l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, mains également pour faire à ce que les données soient disponibles pour les programmes de développement.
Au regard de cela nous avons un grand défi dans ce pays. Le dernier recensement de la population de la RDC date de 1984. Toutes les estimations de la population de ce grand pays ne sont que des hypothèses mathématiques. Il faudrait donc faire l’effort pour connaître enfin la taille de la population de la RDC.
Qu’est-ce que nous faisons donc en RDC ? Notre programme vise la planification familiale qui n’est pas un concept nouveau en Afrique. En Afrique précoloniale, nos mamans espaçaient les naissances, ne serait-ce que pour respecter les tabous sexuels des proches parents L’environnement des sociétés actuelles oblige à adopter des méthodes modernes de planification familiale qui accompagnent cette forme de vie moderne. Donc la planification familiale est une réponse naturelle pour gérer notre vie dans cet environnement moderne.
Le deuxième objectif, c’est améliorer la qualité des accouchements. J’ai entendu le ministre du Plan à la Télé dire que la population de ce pays est de 69 millions d’habitants. Bien sûr il s’agit d’une estimation qui sera confirmée probablement lors du prochain recensement. Soixante-neuf millions d’habitants, cela signifie quoi ? Cela signifie que chaque année en RDC on peut attendre 2.762.000 accouchements.
Cela correspond exactement à 230.000 accouchements chaque mois que l’on pourrait traduire en 34.500 femmes qui risquent de mourir, si on ne prend pas garde, parce qu’elles sont exposées à des hauts risques obstétricaux.
Ainsi 34.500 cas chaque mois et parmi lesquels notre programme veut donc prendre en charge à travers un programme spécifique de secours d’urgence chaque mois au moins 34.500 femmes. C’est un grand défi que le UNFPA veut relever. Parce que dans le 34.500 femmes il y a 11.500 césariennes qu’on attend chaque mois. Voilà autant de femmes qu’on devrait sauver d’une mort certaine, s’il n’y a pas d’intervention. Voilà le programme du Fonds des Nations Unies pour la population et les défis qui nous interpellent ».
L’échange s’est poursuivi sur les considérations autour d’autres réalités des questions de population en RDC appelant un haut sens de responsabilité dans leur traitement, tel le cas des déplacés de guerre apparu un drame humain inextricable tant que la paix n’est toujours pas complètement rétablie en RDC. La presse congolaise a été invitée à bien présenter ces situations avec responsabilité, en évitant de se limiter à effleurer les problèmes ou à la présentation des animateurs des agences.
(DN/Yes)
Daniel Nzuzi/MMC