Pour le gouverneur Masangu, il n’y a donc eu aucune volonté délibérée de qui que ce soit pour déposséder la Gécamines de son droit. Il y a eu, note-t-il, juste un problème des procédures pour s’assurer que les fonds étaient suffisamment sécurisés et mis à l’abri des Fonds vautours, avant leur transfert à la Gécamines.
Le dossier des fameux 50 millions de dollars américains de la Gécamines, considérés comme étant le pas-de-porte chinois versés à l’entreprise minière précitée vient de trouver un dénouement. C’est ce lundi 22 juin que la Banque centrale du Congo libère ce montant qu’il gardait encore pour des raisons de sécurité. Ciblée nommément par les agents de la Générale des carrières et des mines (Gécamines) pour ce qu’ils considèrent comme un «refus» de libérer leur quotité dans le premier acompte des pas-de-porte versés par la Chine, la Banque centrale du Congo (BCC) n’avait plus aucune raison de prolonger le suspense.
Elle a fini par sortir de son mutisme en convoquant, vendredi 19 juin à son siège social de la Gombe-Kinshasa, le comité de gestion de la Gécamines.
En effet, depuis le déclenchement, en début de la semaine, d’un vaste mouvement d’arrêt de travail dans les principales installations de la Gécamines (au Katanga, à Kinshasa et à Matadi), l’Institut d’émission avait un honneur à protéger.
A l’issue de la rencontre entre la Bcc, représentée par le gouverneur Jean-Claude Masangu Mulongo, et la Gécamines, conduite par son administrateur délégué général, Paul Fortin, un compromis a été dégagé, laissant apparaître des éclaircies entre les nuages. Assistait également à cette réunion le directeur de cabinet du ministre des Mines, Me Alexis Mikandji.
Au terme de l’entretien, qui a eu pour cadre le cabinet du gouverneur de la Bcc, Paul Fortin a été le premier à en rendre compte à la presse. «Les nouvelles sont excellentes», lance-t-il, pour désamorcer la colère des agents et cadres de l’entreprise minière. Symptomatique est le spectacle insolite que le personnel de Kinshasa a improvisé à l’entrée de l’immeuble de la Gécamines.
Paul Fortin exprime des «remerciements publics» à la Bcc pour tous les services rendus à la Gécamines. Belle évolution quand on imagine que, quelques heures plutôt, les travailleurs de la Gecamines avaient mis à prix la tête du gouverneur de la Banque centrale du Congo s’ils n’entraient pas en possession de leurs 50 millions USD représentant les pas-de-porte des contrats sino-congolais. Ragaillardi par des propos le disculpant de toute ingérence dans les procédures de paiement des fonds dus à la Gécamines, le gouverneur de la Bcc a promis de décanter la situation dès ce lundi.
Selon le gouverneur Masangu, il n’y a donc eu aucune volonté délibérée de qui que ce soit pour déposséder la Gécamines de son droit. Il y a eu, note-t-il, juste un «problème des procédures pour s’assurer que les fonds étaient suffisamment sécurisés et mis à l’abri des Fonds vautours», avant leur transfert à la Gécamines. Et de poursuivre : « Nous avons eu à sécuriser l’argent de la Gécamines. Vous savez qu’il y a des fonds vautors et la Gécamines est souvent victimes des saisies sur le plan international et local », a indiqué le patron de la Banque centrale du Congo.
(CL.PKF)
Célestin Lutete/MMC