Satisfecit de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme face à la décision de la CPI d’ouvrir finalement le procès de JP Bemba en souhaitant que l’actuel et le précédent présidents centrafricains soient aussi appelés à comparaître à ce procès pour éclaircir tout le fumant dossier de l’affaire
La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) salue la décision de la CPI concernant Bemba. Elle estime que celle-ci va redonner espoir aux milliers de victimes vivant en Centrafrique. Mais la satisfaction est loin d’être complète. Tant que Patassé continuera de courir et que Bozizé coulera des jours calmes à la tête de son pays, la FIDH ne pourra jamais rengainer.
Au contraire, elle invite de manière pressante le bureau de Moreno O’Campo à poursuivre ses enquêtes dans la perspective de déférer l’ancien président comme l’actuel devant la CPI.
C’est absolument essentiel, soutient-elle, pour affirmer l’impartialité de la politique pénale du procureur. En même temps cela permettra d’honorer le droit de toutes les victimes à la justice. Car, tant parmi les loyalistes que les rebelles au moment des exactions, il existe des responsabilités indéniables. Il serait par conséquent absurde de jeter la seule personne de Bemba en pâture, tranche la FIDH.
Pour celle-ci, les victimes centrafricaines ont attendu bien longtemps avant que l’un des présumés responsables des crimes les plus graves perpétrés entre 2002 et 2003, réponde devant la justice. Les choses doivent à présent prendre la vitesse de croisière.
A cet effet, la fédération internationale des droits de l’homme rappelle : il est impératif que les communautés centrafricaines concernées par l’évolution du dossier Bemba soient informées de la décision de la cour aussi vite que possible.
Elle plaide en outre pour le renforcement des activités de sensibilisation en RCA. Celles-ci sont encore très peu nombreuses depuis l’ouverture de l’enquête en 2007.

Or, la sensibilisation des populations locales est indispensable. Elle permet à ces dernières de comprendre, puis de s’approprier les mécanismes de la justice internationale.
Les populations pourront user, chaque fois que le besoin se fait sentir, de leur droit de participation au procès. C’est en définitive pour une vaste campagne de lobbying contre Patassé et Bozizé que s’investit la FIDH.
Loin de constituer un simple vœux pieux, cette détermination n’augure rien de bon pour les deux hommes d’Etat. Pour autant que cette fédération reste l’auteur principale de tous les déboires judiciaires qu’endure le patron du MLC en ce moment. C’est elle qui, la première, bien avant tout le monde, et cela depuis 2003, transmettait tous les ans des informations sur les crimes, en cours de jugement aujourd’hui à la CPI.
Au terme de chacune de ses missions en RCA, elle s’est évertuée à rassembler toutes les données relatives aux exactions, tout en mettant un accent particulier sur le manque de capacité ainsi que de volonté des juridictions centrafricaines à poursuivre les crimes. Aujourd’hui, la FIDH décide de se braquer sur les cas Patassé et Bozizé. Il leur sera difficile de lui échapper.
(DN/Yes)
Le Palmarès
Last edited: 18/06/2009 11:46:59