La première conférence des gouverneurs de province de cette année va finalement se tenir à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale qui se prépare depuis plusieurs semaines à accueillir le Chef de l’Etat et le Premier ministre annoncés à ces assises
Le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, présidera en début de semaine prochaine, la Conférence des gouverneurs de provinces de cette année 2009, prévue à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale. La source officielle qui a livré cette information n’a pas, cependant, précisé la date du démarrage effectif des travaux.
Il convient de rappeler ici, que cette rencontre de Kisangani n’est pas un forum fortuit. Bien au contraire, il s’inscrit dans le respect de la Constitution du pays, spécialement en son article 200.
Dans cette disposition de la loi, le législateur dit : « il est institué une Conférence des gouverneurs de province. Elle a pour mission d’émettre des avis et de formuler des suggestions sur la politique à mener et sur la législation à édicter par la République.
La Conférence des gouverneurs de province est composée, outre les gouverneurs de province, du Président de la République, du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur. « Tout autre membre du gouvernement peut y être invité. Elle se réunit au moins deux fois par an sur convocation de son Président. Elle se tient à tour de rôle dans chaque province ».
C’est donc, en vertu de cette disposition de la loi que le Premier ministre Adolphe Muzito et le ministre de l’Intérieur Célestin Mbuyu, devront eux aussi, quitter Kinshasa pour la capitale de la Province Orientale.
Regret du Chef de l’Etat
Lorsque le président de la République dit qu’il n’a pas assez d’hommes pour développer la RD Congo, il sait de quoi il parle. La déficience ici, ne doit pas être comprise en terme numérique. Plutôt, de l’effectivité des personnes qui occupent une portion de pouvoir, à quelque degré de responsabilité et qui accompagnent le Raïs dans la mise en oeuvre de son projet de société du quinquennat, résumé en cinq chantiers de la République.
Ces acteurs du développement de la RD Congo ne sont pas… seulement les membres du gouvernement central. Ni encore moins, les mandataires des entreprises du Portefeuille. Il s’agit aussi des dirigeants des gouvernements provinciaux.
Aussi, pensons-nous, ce genre de rencontres ne doit pas être une occasion pour certains gouverneurs, n’ayant jamais eu la chance de circuler à travers les différents coins du pays, de les découvrir finalement, grâce à leur arrivée au pouvoir. En outre, cette Conférence des gouverneurs de province ne doit pas non plus être perçue comme une retrouvaille, un simple club d’amis qui se limiterait aux échanges d’accolades ou une occasion pour le gouverneur hôte, d’offrir à ses homologues, les spécificités de sa province. Si tel est le cas, alors c’est des moyens et du temps qu’on aura inutilement perdus !
Pour le commun des mortels congolais, la Conférence des gouverneurs de provinces doit être un lieu d’échanges sincères entre gouverneurs de provinces. Car, pensons-nous, le bon gestionnaire n’est pas celui à qui, une certaine presse bombarde un « prix d’Excellence », alors que ses actions sur le terrain restent peu visibles. Un bon plébiscite de bon gouverneur est celui que ferait la population. Elle qui a trouvé ou pas (selon les cas), des réponses favorables aux questions fondamentales de sa vie quotidienne : santé, infrastructure, éducation, sécurité...
Des bourgmestres, la queue traînante
Dans la pyramide de la gestion, les bourgmestres sont considérés comme la base de l’édifice. Malheureusement ! A Kinshasa par exemple, un bon nombre de bourgmestres ont limité leurs fonctions à officier les mariages civils. D’autres ne se font plus remarquer que lors d’une solennité organisée dans leurs juridictions. Très peu sont des bourgmestres qui descendent sur terrain, parler avec leurs populations respectives afin de recueillir leurs avis.
Le mal est bien réel. Il part de la procédure même d’accession à ce poste. Des bourgmestres nommés et non élus. Dans de pires des cas, il y en a qui sont nommés bourgmestres des communes autre que celles qu’ils habitent une telle pratique parait incompatible avec l’idéal du développement à la base. Comment, par exemple, un bourgmestre de Matete mais qui habite Mont Ngafula, peut-il arriver à prendre des dispositions sécuritaires efficaces, pendant que lui-même ignore ce qui se passe la nuit dans cette commune ?
Pour le cas d’espèce, le bourgmestre, sans être nécessairement à la tête d’une équipe de patrouille diurne ou nocturne, peut se promener dans les différents quartiers afin de palper du doigt les réalités de sa commune. Ici, l’objectif n’est pas d’intimider. Mais d’échanger avec les différentes couches sociales car, une paix négociée et non imposée, est celle qui dure le plus longtemps possible. Le bourgmestre, parce que proche de la population, passerait pour un bon père de famille. Avec des stratégies efficaces de communication, M. le bourgmestre peut venir à bout de certains actes socialement répréhensibles.
Malheureusement, les faits donnent raison à ceux qui soutiennent ou qui ont l’impression que les communes de Kinshasa ne sont pas gérées. Une autre preuve, il suffit de demander à un écolier en classe terminale, le nom de son bourgmestre, on ne serait pas étonné d’entendre une réponse du genre : « je ne sais pas » une autre preuve, et non des moindres, est l’insalubrité qui caractérise les communes de Kinshasa.
A tout prendre, les élections sont le seul moyen de rompre avec ce cycle infernal de bourgmestres nommés. En donnant sa voix à un candidat bourgmestre, la population lui aura fait payer une caution morale. Et, en cas de compromission, il appartient en la même population de retirer sa confiance en son élu d’hier.
(DN/PKF/CL/Yes)
Laurel Kankole/Forum des As